DD CANTIQUE
Rien au monde n’est plus indécent, plus grotesque, plus effroyable que les cantiques dépécés par tout un peuple -de fidèles. C’est l’abomination de la désolation lancée innocemment, il est vrai, mais à pleins tuyaux dans le temple du Seigneur. Imaginez-vous un chœur nombreux coupant, taillant, pilant des mots qui sont en divorce constant avec la musique, et dont les lambeaux épars, frappant à tors, à travers, n’offrent plus aucun sens , forment de grossières équivoques , et même des hérésies , un indéchiffrable argot ! A la seconde strophe, les mots seront retaillés d’une façon nouvelle; à la troisième, le couperet agira d’une autre manière; et le supplice des oreilles chrétiennes se prolongera jusqu’au moment où ces bizarres clameurs auront cessé.
Les chanteurs de théâtre et de salon peuvent quelquefois atténuer, adoucir les aspérités cruelles de la prose rimée; à l’église il faut qu’elle éclate dans toute sa splendeur acerbe et ridicule. Rien ne peut être adouci, déguisé, masqué par une troupe indisciplinée. Toutes les infirmités du texte seront étalées en plein jour, avec une franchise, un aplomb de fakir, de mendiant qui montre ses plaies, ses difformités rebutantes afin d’exciter la pitié des passants.
Le résultat sera plus vicieux encore si l’on exécute ces can-
tiques à quatre parties. Quatre groupes seront alors occupés à lacérer, estropier des paroles de quatre manières différentes. Les nombreuses strophes d’un chant religieux à quatre parties, ne sauraient être dites à la fde sans inconvénient. Il faut en choisir une, en rectifier l’air d’abord, afin de l’ajuster parfaitement sur les paroles , et la dire deux fois à quatre parties : cela suffit. Il est impossible que l’auditoire découvre, suive le sens des autres couplets, si vous les exécutez en chœur avec croisement départies. Des solos, succédantaux ensembles, pourraient varier le discours, et venir en aide à l’intelligence des auditeurs.
Esprit scindé, pourriez-vous bien me dire ce que c’est qu’un esprit scindé ? — Rien n’est plus facile; attendez un moment, le chanteur, achevant sa phrase stupidement coupée, scindée, ajoutera les syllabes , les mots qu’il est contraint de vous refuser, disant :
Esprit-Saint des cendez en nous!
Dix volumes suffiraient à peine pour vous présenter les drôleries, les cacophonies, les équivoques burlesques provenant des faux accents qui foisonnent en ces cantiques. Je dois être bref en mes citations.
Près | de môn | dï-vïn | maître (20 mètres.)
Mon | cœur a | senti | naître.
Les plus nombreux se plaisent à dire : Mon cœur en senti-
Dë | Sînâ ( cët au | tel
N’of | freu plus | leu spec | tacle.
Sinacet est sans doute un mot hébreu.
Et | mêlez- 1 voüs â | nos càn | tiques En | dt-sant | vos hym | neux di | vins.
Ici tout frappe à faux ; on entend Aimez-les vous.
Pàr les | chants lës | plüs mâgnï | fïques.
Croirez -vous que ce versicule ait pour correspondant, à l’entrée de la deuxième strophe, les mots suivants, destinés à s’accrocher sur le début musical émis précédemment?
OüYrë | ton coeur | à l’&llë | grosse.
— On frappe à la porte ; ouvre-t-on ? — Cœur à, me semble assez plaisant. »
Du | Dieu de | Sï-ôn | 1 aile | grosse.
Croirait-on que ce vcrsicule ait été fabriqué, cadencé! par un musicien élève de Listz? Ce diamant ne brillerait-il pas au milieu des lurlupinades religieuses du père Lambillotte et de ses émules infiniment burlesques?
Bon pasteur, aux. •. . . . meilleurs herbages 11 conduit ses jeunes agneaux;.
11 les mène aux plus frais ombrages,
11 les mène aux plus claires eaux.
Voici quelques versicules empruntés au cantique où la passion de N. S. Jésus-Christ est racontée dans un style parfaitement convenable au sujet; mais que les accrocs, les ressauts des mots, séparés ou brisés par de fausses cadences, frappent de ridicule. On attribue ce cantique à Fénelon ; il est chanté sur l’air d’une chanson décemment lubrique de Riboutté, musique d’Albanèse; air qui n’en est pas moins touchant, noble et dévotieux quand on a perdu le souvenir de ses paroles infiniment profanes.
Quë në | suis- | jè 1& foü | gêrë ?
Ajustez, s’il vous plaît, la prose rimée suivante sur ce rhythme choisi, noté dans le Recueil de Salnl-Snlplce.
Au sang qu’un Dieu va répandre...
Chrétiens qui venez entendre...
Vivez et mourez pour lui...
Dans un jar din solitaire.
Il sent de u rudes combats;
11 prie, il craint, il espère...
Tantôt la crainte est plus forte,
Tantôt l'a mour est plus fort.
Que dites-vous de ces tantola, ne croirait-on pas que l’auteur veut nous donner de l’italien? En voici de plus ridicules où l’on verra des bis drôlement placés, (cbemin «i« ia croix).
Venez et dé. ... . ployez vos ailes.
Ce qui nous dit : Venez aider, ployez vos ailes.
Voilez ces Mes. . . . sures cruelles.
Les blés étaient en mauvais état cette année.
Et ce corps na-, et ce corps na- vré de douleur.
Le soleil à ce crime horrible...
S’émeut à, s'émeut à ce spectacle affreux.
Et sa créa '. . . ture insensible...
Moi seul digne ob jet de vengeance... 4
Jésus, puisse ain si votre image...
Après ce que j’ai dit des saletés , des infamies prosodiques dont nos opéras, nos chansons, nos romances, une seule exceptée! sont outrageusement dégradés, il semble qu’il soit impossible de trouver un prétendu lyrisme plus mauvais, une prose rimaillée plus discordante et plus vile. Oui, nos cantiques sont encore plus mal bâtis que nos romances, nos chansons, nos opéras, et cela devait être ainsi. L’ignorance des paroliers, comptant avec les doigts au lieu de compter avec l’oreille, cette seule raison a corrompu les trois genres de composition que je viens de nommer. Et nos cantiques ont trois raisons à nous opposer pour justifier leur discordance inouïe, phénoménale.
I. Ils sont calqués sur des airs d’opéras , de chansons , de romances, modèles vicieux dont on a reproduit les fautes prosodiques avec une désespérante fidélité.
IL Le rimeur de cantiques, en reproduisant les fautes qu’il n’a point remarquées, ajoute ses propres fautes, et double au moins le total de ces aberrations. Encore est-il nécessaire qu’il ne soit pas plus ignorant que son prédécesseur.
III. Plusieurs de ces cantiques sont parodiés sur des airs de violon, où les notes se présentent sans paroles. Les vers musicaux de ces airs seraient prêts à tracer, marquer le dessin, la mesure des vers prosodiques; mais ces vers musicaux, il faut les apercevoir, et c’est ce que notre parodiste ne peut faire. Plongé dans une mare d’incertitudes, il va compter les notes par ses
L’ART DES VERS LYRIQUES, doigts, afin de nous donner juste un nombre de syllabes égal à celui des notes. Le pauvre homme ne se doute pas que la voix a ses coups d’archet comme le violon, coups d’archet qui lui servent à lier deux, trois ou quatre notes sous un coulé. Voyez quelle abondance de syllabes parasites lui donneront toutes ces notes détachées de leur commune ligature. Dès son début, l’air est pris à contre-temps, ce qui le met aussitôt à contre sens: le vers, privé de sa rime féminine, est trop court, qu’importe si l’ouvrier maladroit prend sur le vers suivant la syllabe supplémentaire que la musique réclame.
Aucune mélodie au monde n’est rhythmée plus énergiquement, avec plus de franchise, de clarté que l’air au Drapeau, les tambours le jouent et tous le comprennent. Son rhythme dénué de mélodie suffit pour le signaler à des milliers d’écoutants. Oui sans doute, mais ces écoulants ont des oreilles et le parodiste est privé du sens auditif; il compte par ses doigts. Voici comment il arrange des mots sur cet air afin d’en briser le rhythme d’un bout à l’autre. Je vais écrire le cantique de la manière dont il est noté dans les recueils de Saint-Sulpice, version que l’on chante dans nos églises. Effroyable charivari qui met en fuite les chats de tout un quartier; aussi les rats se promènent-ils en paix dans les temples chrétiens.
1 Tout n’ëst que vânï | té, Mën- | songe fragili | té, Dans tous ces objets di | vers Qu’offre à nos re |
1 gards l’uni | vers.
| Tous ces brillants de | hors, Cette pom |
| peu, Ces biens, ces tré | sors. Tout nous trom |
| peu, Tout nous éblou | it.
Mais tout nous é | chappe et s’en | fuit.
Je rends cet air à sa destination primitive, à son Drapeau; je vous en fais connaître le dessin mélodique, la mesure, en lui donnant place dans mon orpnéon militaire.
| Vive il jâmâis )& | Frâncë, |
| Terre de la vail | lance ! |
| C’est à sa confi | auce
Qiic nofts dë | vôns cê drâ | peau.
| Gage de la vie | toire, |
| Tous , dignes de nié | moire, |
| Vont soutenir sa | gloire,
• Est-il un des | tin aussi | beau?
Dans le cantique, il s’agit seulement de quatre syllabes de trop dans un air de seize mesures, et cela suffit pour désorganiser de fond en comble sa mélodie. Il n’en faudrait pas tant pour atteindre ce but et frapper toujours à faux. Je remets cet air sur ses pieds en liant trois notes sur victoi... re et sur mémoi... re; la position des accents musicaux indiquait celte forme gracieuse qui doit amener si bien leur chute énergique et même un peu brutale.
Deux syllabes répétées à dessein par le niais, dans un couplet de la suite au comte Albert, de Sedaine et Grétry, produisaient un effet analogue à celui que nous offre le cantique précité.
De vous aimer comme une tourterelle,
Qui toujours fidèle,
devenait
De vous, de vous aimer comme une tourterelle, qui toujours fi...
L’Opéra-Comique en goguettes se moquait ainsi de lui-même. Il aurait aujourd’hui plus beau jeu, s'il lui prenait cette fantaisie.
Vous souvient-il d’une traduction du Freysctuuz où les chasseurs entonnaient leur chant de triomphe par cette ligne trop longue de deux syllabes :
Est-il un sort préférable?
Mais le chef-d’œuvre le plus réjouissant de ce genre, c’est une parodie de m Romane*™, dont chaque note porte une syllabe, sans que son auteur ait eu le moindre égard aux notes que le violon coule de deux en deux, ta Romane»™ devient ainsi guillerette et bouffonne de mélancolique et gracieuse qu’elle était, en bredouillant :
Aux échos des bois.
Aux soupirs du feuillage.
Mêlez , charmants hautbois ,
Un doux ramage ;
Et par vos accords ,
Sur la verte fougère
Attirez la bergère •
Qu’appellent mes transports.
Il est certain que si ramage est bien placé pour la cadence du premier quatrain, celle du second ne saurait tomber d’aplomb sur transports. Tous ces mots jetés au hasard sur une mélodie charmante, la défigurent au point de la rendre méconnaissable, et d’un ridicule inouï. Voici le mètre, la coupe des vers musicaux de la Romanesca :
D’un amour tendre et fidèle Pour Isabelle Je brûlerai.
Voilà bien 17 syllabes en trois vers, qu’un parodisle remplace naïvement par quatre versicules formant ensemble 23 syllabes; elle second quatrain, qui devrait être rigoureusement semblable au premier, en offre 25. 23 et 25 font 48; 17 et 17 ne nous donnent que 34, qui de 48 ôte 34, obtient un reste de 11. Quatorze syllabes de trop dans la première phrase d’une romancel quelle fécondité malencontreuse! il faut pourtant qu’un chanteur emballe toute cette bourre, ce tas d’inepties sur une des cantilènes les plus gracieusement limpides que l’on puisse trouver. El les Parisiens ne se révoltent pas, leurs journalistes ne fulminent point l’anathème, lorsqu’on les traite comme des brutes en leur offrant une pâture que les marcassins domestiques refuseraient. Ne faut-il pas être à Paris, dans cette métropole de la civilisation pour avoir à signaler de pareilles énormités!
Plus d'un idiot doit avoir essayé de bredouiller cette Roman*»ea si burlesquement travestie. C’est à ne pas y croire môme en la voyant gravée, imprimée, publiée et signée! Achetez-la, vous la mettrez sous verre, c’est une pièce curieuse et digne d’être conservée.
L’Égérie mystique de Fénelon, la muse du quiétisme, la belle
L'ART DES VERS LYRIQUES, et rêveuse Guyon, enfermée à Vincennes comme si elle eût été dangereuse pour l'État, y composa des cantiques parodiés
sur des airs d’opéras. Elle chantait souvent :
"* * L’amour pur et parfait va plus loin qu’on ne pense :
On ne sait pas, lorsqu'il commence.
Tout ce qu'il doit coûter un jour.
Mon cœur n’aurait connu Vincennc et la souffrance.
S’il n’eût connu le pur amour.
M“ e Gillot de Sainctonge , auteur des livrets de Didon , de üircé, tragédies lyriques, 1693, 94, composait des hymnes à Bacchus, c’est elle qui, la première, ajusta les paroles d’une chanson à boire sur le prélude exécuté par les violons avant le chœur des Trembleurs d’isis, opéra de Lulli.
Non , il ne m'importe guère, etc.
Comme la parodiste débute par un accent faux, j’abandonnerai scs couplets pour vous en donner d’autres écrits sous la dictée d’une oreille plus délicate, plus exercée, et cependant sujette à se tromper.
Ces trois grands coquins de frères ,
Perfides dépositaires Du diné de leurs confrères S’en mirenf jusqu'au menton.
Puis, ronds comme des futailles,
Du corps éditant les murailles,
Escortés de cent canailles ,
Ils regagnent la maison. *
Le portier, qui les voit ivres,
Leur demande où sont les vivres;
— Bon, dit l’autre, avec ses livres ,
Nous prend- il pour des savants?
Je m’en passe bien de lire.
Mais, pour chauler, boire et rire.
Et tricher la tire-lire,
Oh ! pour cela je m’entends. »
Voyez-vous un air de violon fait par Lulli depuis deux siècles,
L'ART DES VERS LYRIQUES, révélant, prescrivant la cadence et la triple rime féminine à M m " de Sainctonge, à Collé, comme à tous nos vaudevillistes. Douterez-vous encore du pouvoir des vers musicaux réglant la marche des vers poétiques? Il serait bien facile de mettre au point les vers de Collé, de leur donner ce rhythme parfait dont nos poètes ont toujours ignoré la nécessité. Rhythme dont nos airs de ballet offrent seuls des exemples.
Si le roi Louis XV chantait avec la voix la plus fausse de son royaume, Jéliotte et J.-J. Rousseau nous l’ont affirmé. Sa Majesté ne devait pas toucher juste en mesurant ses vers. Le couplet suivant est pris dans une chanson spirituelle et joyeuse qu’elle rima sur nos premiers parents.
Il buvait de l’eau tristement Auprès de sa compagne.
Nous autres nous chantons gaiincut En sablant le champagne.
11 n’eut qu’une femme avec lui ,
Encor c’était la sienne;
Ici je vois celles d’autrui Et ne vois pas la mienne.
L’air étant celui du pas redoublé, les 2% 3* et 6" vers sont parfaits. Trois sur huit, c’est bien assez pour un roi, ses rivaux en poésie ne faisaient pas toujours aussi bien.
Revenons à la raison n° IL
Comment voulez-vous qu’un rimeur de pieux cantiques écrive des strophes régulière» , quand il choisit des patrons viciés, ridicules, et c’est d’autant plus aisé qu’ils le sont tous, sans la moindre exception ; comment arriver à faire des vers lorsqu’on les calque sur une prose dissonante, inerte, sourde, telle que celle-ci?
O ma ten ] dreu mu | sette!
La Harpe.
Que ne | suis- ] jeu la fou | gère?
Riboutté.
Dans le | sein d'u | neu cru- | elle.
Despostaines, l’Amant statue.
Ne | savons- | nous | pas que Ti | ton
Ra | jeunit | au | près de l’Au | rorc?
Dcval, le Prisonnier.
Rien n'est plus clair : le bonhomme allait paître au pré de l’Aurore.
Rien, | ten dre a | mour, ne ré | sistc à tes | armes.
MarsOLIER, Oulnare.
Tous ces cantiques français que vous voyez imprimés, annoncés, affichés, en feuilles, en recueils surtout, en recueils ! sont également défectueux, mauvais, détestables. Un des fabricants de cette marchandise pousse la naïveté, la bonhomie, jusqu'à faire l’aveu de son ignorance complète, en nommant le professeur qui lui fait ses accompagnements! comme s’il était possible de produire autre chose que des banalités, des misères, des platitudes, quand on s’avise de créer une mélodie et de la conduire sans inventer et pressentir en môme temps l’harmonie qui doit la colorer et la soutenir!
11 existe chez nous une infinité de barbouilleurs, de profanateurs du service divin, de blasphémateurs rimants ou croquenotes, dont le zèle stupide ou l’esprit mercantile empoisonne sans cesse les fidèles en leur donnant des cantiques d’une platitude phénoménale, et qu’il est impossible de chanter juste et d’aplomb, parce qu’ils sont notés faux, et qu’ils sont boiteux. Le dirai-je? Le croira-t-on? La plupart de ces profanateurs sont des ecclésiastiques, et l’on en voit qui font acte d’humilité chrétienne jusqu’au point de publier et de signer de semblables inepties, qu’ils enrichissent de leur portrait ridiculement buriné. Ce n’est pas tout, ils vont user du crédit immense qu’ils ont sur leurs ouailles, pour leur prescrire de chanter et par conséquent d’acheter ces caricatures poétiques, musicales et religieuses.
La majesté, la décence de notre culte ne permettent plus que l’on appende aux murs des temples chrétiens de pieuses images grotesquement figurées, lesquelles, bien loin d’être un objet d’édification, prêtaient à rire aux fidèles eux-mêmes. Des can-
L’ART DES VERS LYRIQUES, tiques pitoyablement écrits, disloqués de telle sorte en leur prose barbare que les exécutants sont forcés de les massacrer en les chantant, ne sont-ils pas des caricatures aussi burlesques? Ne devrait-on pas les cacher, les enfouir dans les sombres demeures où l’on a relégué les ex-voto ?
Mais non.
La fièvre de plain-chant qui brûle, qui dévore tant de selanti furibonds, suant à froid, se battant les flancs en attendant de s’escrimera coups de missels, dont l’avidité mercantile fabrique de trop nombreuses éditions. Cette fièvre de psalmodie sera bientôt calmée par l’homœopathie. Une bonne et plantureuse ventrée de plain-chant guérira subità de la plainchanornanie, et les cantiques ne seront pas démonétisés, bien au contraire I l’ennui causé par la psalmodie va les ragaillardir. Si je vois des Ilots de bouillon , brodo lungo , à boire 'dans ces éditions de chant grégorien établies à grands frais, j'aperçois les avantages prompts, lucratifs et presque sans dépense d'une édition de cantiques choisis et mis en vers bien ajustés à la musique. Tous nos ecclésiastiques ont fait des vers latins; je leur donne la gamme du travail qu’ils pourraient exécuter sans peine. En les avertissant néanmoins de n’entreprendre la correction des paroles qu’après avoir rectifié l’air, trop souvent dégradé sur plusieurs points, afin de le faire cadrer avec le texte littéraire primitif et profane. Comme j’ai fait pour les romances d'aeiéiia, de Gulnare, et les airs de Zémlrè et V/.or, d’Anaerlon chez Poljrrate, cités parmi les exemples donnés à la fin de ce livre.
Je n’ai pu découvrir qu’une seule romance dans tout le fatras spirituel, mais anti prosodique, inchantable de nos paroliers. Cette unité précieuse, que je n’ai pu trouver pour la chanson, va me faire défaut pour le cantique. Procès-verbal de carence qui doit me servir d’excuse; veuillez bien me pardonner l’exhibition de quelques exemples de ma façon.