EXEMPLES
Ah! bëllë | blonde,
Aü côrps sï | gënt ,
Përlë dû | monde,
Quë j’aïmë | tant!
D’une chose ai bien grand désir.
C’est un doux baiser vous tollir.
Blonde jolie Que tant j'aimai.
Toute la vie Vous servirai.
D’une chose ai bien grand désir,
C’est un doux baiser vous tollir.
Si, par fortune.
Courrouceriez,
Cent fois pour une Vous le rendrais.
D’une chose ai bien grand désir.
C’est un doux baiser vous tollir.
Thibaut IV, comte de Champagne et roi de Navarre, xi* siècle.
| A üne | ajoftr | nôe Chevauchai l'autr’ ier En une valée Près de mon sentier,
Pastore ai trouvée Qui fait à proisier Por esbauoier;
Bele ert et senée.
Je l’ai eaktce.
Plus est colorée . '
Que flor de rosier, etc.
Jban Mohiot de Paris , trentième poète cité par Fauchet.
| Afl maïn (matin) | par ün | âjoür | nânt Chevauchai lez un buisson.
Lez l'orière (bord) d’un pendant Bestes gardait Robeçon;
Quand le vi mis l’à reson :
— Bergier, se Des bien te dont ,
É-us onc en ton vivant Por amor ton cuer joiantî Car je n’en ai se mal non, etc.
Messire Thiébaot de Blazon, vingt-unième poète cité par Fauclier.
Pâ | rënz sâns à j mis , Amis sans pouvoir.
Pouvoir sans vouloir, Vouloir sans effect, Effect sans proffict, Proffict sans vertu ,
Ne vaut un festu.
Dû | temps dû feü | roi (Charles Vil) N’estois en esmpy,
Que me grevast guère ;
J’allois à part moy Donner le beau moy (mai).
L’ART DES VERS LYRIQUES. 3it
A quelque bergiere ;
Douces chansonnettes,
Plaisans bergei-ettes ,
Toutes nouvelkttes Pas ne s’y celoient ;
Bouquets de violettes ,
A brins d’amourettes,
Et fleurs joliettes ,
Ça et la voloient :
Oyseaux gazouilloient ,
Qui nous reveilloient Et rossignolloien*..
Ainsi qu’allouettes;
Baisers se bailloient.
Cœurs s'amollioient ,
Et puis s’aceolloient En ces entrefaites.
Martial db Paris, dit d’Auvergne , 1450.
Büvôns | fort Jusqu’au bord!
Buvons bien !
Nos cousines,
Nos voisines,
Vôs ma j ris n’ën | inxrônt | rien.
L’autre jour trois femmelettes Au marché vendirent lin ,
Pour mieux faire les goguettes Allèrent boire du vin.
Pot à pot,
Lot à lot, »
Chacune manda le sien ;
Là sifflaient,
Là buvaient
Ah curé comme au doyen. 1
* Olivier Ba»s«mw, 1450.
Mâ | sœür Mâdë | laine.
De foi désir plaine,
En liesse Taine S’esbat et pourmaine,
Chantant ses chansons ;
Mon frère Lazare,
Portant haulte care (visage).
Ses chiens hue et hare.
Et souvent s'esgare Parmy les buissons.
Ils n’ont soin en eulx Fors d’estre joyeulx.
Et sont curieux D’esbats et de jeulx,
A leurs volentés.
On les y soustient.
Rien ne les retient;
De Dieu ne souvient;
Fol désir les tient En leurs voluptés.
Mystère de 1a Passion , |48J.
| Hàultë | Trlnï | tô,
Pai'faite unité,
Singulière essence;
A ta majesté Qu’il soit protesté Los et préférence.
Car par ta clémence.
En notre, présence Nous as envoyé L’esprit de science Qui notre crédence A fortifié.
Cavaline finale du Mystère de la Pamion, chantée par la sainte Vierg ;.
| Tëndrës fil | lëttes Fraîches doucettes ,
Et de valeurs ,
Chargez houlettes De violettes.
Feuilles et fleurs;
Délaissez pleurs , • • ;
Cris et douleurs.
Et në crâi | gnëz | ëti ë sëu | lottes ;
Reprenez habits de couleurs.
Puisqu' ainsi s’en vont nos malheurs ;
Si jë suis | biën | ainsi vous | l’êtes.
Guillaume Crétin, 1190.
Aü | tant qu’&u | ciel 6n | voit dë | flammes Dorer la nuit de leurs clartés ,
Autant on voit ici des dames Orner ce soir de leurs clartés.
Ronsard , 1550.
Aüx plâi | sirs , aüx dë | lïcës, bër | gérés ,
Il faut être du temps ménagères,
| Car il s’ë I coüle ët së | përd d’hëure ën | bëurë Et le regret seulement en demeure.
A Tamour, aux plaisirs, au bocage,
Employez les beaux jours de votre âge.
Les ruisseaux vont aux plaines fleuries.
Cajolant et baisant les prairies.
Le doux Zéphir parle d’amour à Flore,
Et les oiseaux en parlent à l’Aurore.
A l’amour, aux plaisirs , au bocage,
Employez les beaux jours de votre âge.
Ce qui vit, qui se meut, qui respire, D’amour parle, ou murmure ou soupire; Aussi le cœur qui n'en sent la peinture,
S’il est vivant, il est contre nature.
A l’amour, au plaisir, au bocage.
Employez les beaux jours de votre âge.
1610, d’un auteur inconnu, musiqué gracieusement par Guédron.
Rhythme singulier, tout en rimes féminines, formé de deux vers dactyliques, précédés et suivis par deux vers anapestiques. Le premier et le troisième couplet sont excellents , trois accents faux rompent l’harmonie du deuxième.
Brü | lë d’ûnë | flamme Qui fait mon malheur,
Il faut dans mon ame Cacher ma douleur.
11 faut que j’expire.
Victime du sort ,
Sans même osa - dire • - .
Qui cause ma mort.
Parmi l’allégresse D’un peuple assemblé,
Confus et troublé.
De quelle tristesse Je suis accablé !
Brulé d’une flamme, etc.
Ma«wontei., air ajouté dans Atys, de Quinautt, 1780.
Un | noir vë | nïn dë môn | âmë s’ëm | parc,
O trouble affreux! c’en est fait, je m’égare;
Il faut mourir de la main d’un barbare ; Serais-je, hélas! au dernier de mes jours?
Les Folies amoureuses, 1823.
Môn fïls | vient, quë 14 [ table s’âp | prête.
Près de toi, près de moi, quelle fête!
En buvant il va nous tenir tête,
11 nous va raconter ses exploits.
La Pie voleuse.
| Quftnd dès ë | toiles Le feu pâlit,
Et dans ses voiles La nuit s'enfuit,
L'oiseau murmure Son chant d’amour.
Et la nature Attend le jour.
La fleur nouvelle Brille à mes joui ;
Amant fidèle.
Viens en ces lieux.
Sèche mes larmes ;
Ce beau séjour N’aura de charmes Qu’à ton retour.
OSM-BUZE , Euriante.
FRAGMENTS D’OBÉHON.
endroit .
| Avàn | çôns & | vêc mys | terë, |
Et rendons , pour les servir.
Notre course plus légère Que le souffle du séphir.
Le murmure de l’abeille Troublerait son doux repos.
Obéron enfin sommeille.
Un dieu vient calmer ses maux.
Dë | n&s châ | grins puïs | sânt côn | sôlS | tcflr, Sôm | méil, | rends lâ | paix | â sftii | coeür.
'Récitatif.
Preux chevalier, accours, délivre-moi 1 Entends les vœux d'une captive,
Je meurs si je ne suis à toi.