L'art devant le christianisme, (conferences de Notre-Dame, 1867);
Parmi les aspects déjà multiples sous lesquels nous avons envisagé le Progrès par le christianisme, il en est un qui, depuis longtemps, avait mes prédilections marquées, et que j'ai tenu jusqu'ici en réserve, malgré la fascination qu'il exerçait sur ma pensée. Ce sujet, qui a pour les esprits une séduction particulière, parce qu il nous laisse voir l'une des plus brillantes faces de notre humanité, m'attirait et m'effrayait tout ensemble : il m'attirait par son charmC;» il m'effrayait par sa difficulté; et, justement préoccupé de la faiblesse de mes
ressources^ j'ajournais indéfiniment^ attendant Theure de Dieu et le signe de sa Providence. Les circonstances semblent pour moi sonner cette heure et me donner ce signe^ et j'ose espérer que le grand spectacle que vous vous préparez à donner au monde ajoutera à ce sujet un charme et un intérêt de plus ^ ^ C'est assez vous dire que je me propose de considérer, cette année, le Progrès par le christianisme au point de vue artistique. Après FUtile, le Beau; après l'Économie, l'Art. Ces deux choses, qui semblent marquer les deux pôles extrêmes de la vie, se rencontrent à un point qui leur est commun, le légitime développement de l'homme total, et Tune et l'autre trouvent au grand centre chrétien le plus puissant ressort de leur progrès.
Le progrès artistique par le christianisme, c'est-àdire l'art purifié, agrandi, transfiguré par le christianisme, mais surtout par le catholicisme, est pour nous, chrétiens catholiques, une gloire dont nous ne sommes pas assez fiers. Selon la pensée d'un de nos écrivains les plus versés et les plus compétents dans les choses de l'art notre supériorité dans cette brillante sphère