APERÇU GÉNÉRAL SUR LE SYSTÈME DE NOTATION
DITE NEUMATIQUE
Qu'est-ce que la notation neumatique? Nul aujourd'hui n'ignore que c'est un ensemble de signes conventionnels, composés de points, fraies verticaux et horizontaux y apostrophes, lignes brisées, séparés ou adjoints et formant certaines figures représentant les ondulations vocales à exécuter.
Sur ceci, tout le monde est d'accord.
Ces signes n'indiquent-ils autre chose qu'une élévation ou un abaissement de la voix, selon la figure qui résulte de leurs divers groupements ?
Rien autre, répondent sans explication les théoriciens actuels !
Ont-ils, au contraire, un sens intrinsèque certain, au point de vue du rythme, de la nuance, des sons à émettre?
A mon avis, ils indiquent tout cela^ rythme, nuance, toujours; lîote, souvent, affirmé-je «ex professo », mais... je le prouve.
A l'appui de ma thèse, je pourrais faire intervenir les théoriciens du moyen âge ; écartons-les comme souvent sujets à caution en ce qui
i/aRT dit GRÉGORIEN
regarde la théorie neumatique, parce qu'ils sont postérieurs d'au moins deux siècles à l'époque du complet épanouissement de l'Art qui nous occupe ^ De plus, chacun les a^^ant pris à témoin de ses affirmations et fantaisies d'interprétation, il est préférable de nous appuyer simplement sur les neumes. Déchiflfrons-les, c'est encore le plus sûr, nous aurons chance de reconstituer l'enseignement pur de la grande époque (Vil'-" et VHP siècles, probablement).
Prenons, le premier volume de la Paléographie musicale, éditée par les R. P. Bénédictins de Solesmes, publication précieuse archéologiquement sans laquelle toute tentative de reconstitution du chant antique serait mort-née.
Nous trouverons dans ce volume, la reproduction phototypique du manuscrit n° 339 ^^ ^^ célèbre abbaye de Saint-Gall.
Ce manuscrit contient dans ses 142 pages environ 78,000 signes.
Pointés et étudiés un à un, en les classant rigoureusement selon leurs formes graphiques ; cette classification donne en chiffres ronds 600 signes différents, — 200 sont d'un emploi plutôt rare, 400 sont usuels ^.
Ils se répartissent entre deux grandes familles dont le signeracine est :
A) Le « podatus » représentant un mouvement mélodique
ascendant de deux notes conjointes ou disjointes ;
B) La « clivis » représentant un mouvement mélodique descen-
dant de deux notes conjointes ou disjointes.
Ces signes-racines sont bases fondamentales de trois combinaisons, comprenant :
1° Les groupes dérivés directs du signe-racine 2° » dérivés indirects »
3*^ » sous- dérives »
A leur tour, les signes-racines et leurs trois combinaisons dérivées respectives, se modifiant suivant le rythme ou la nuance voulus par
^ Ils n'ont fait que fixer les règles de l'Art de leur époque. Quelques-unes de ces règles viennent naturellement de l'enseignement précédent, mais non la totalité. 2 Les 10 tableaux qui suivent en contiennent exactement 390.
lO L ART dit GRKGORIKN
le compositeur, sont susceptibles d'être classés sous lo rubriques nettement tranchées. Les tableaux qui suivent, feront mieux saisir à première vue tout cet exposé, un i)eu abstrait.
On voit combien le sens des signes neumatiques, est plus complexe que ne laisse supposer l'affirmation des théoriciens en vue: «Les signes ucu))iaii()itcs iiidiquait iiiie simple ondulation vocale et rien antre, >>