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FONDAMENTAUX SERVANT A CRÉER TOUTES LES COMBINAISONS

Jetons un coup d'œil sur le premier tableau. C'est Xalphahet de la notation neumatiqiie. Il contient le principe et le modèle de tous les r3'thmes, de toutes les nuances. Nous y voyons * sous la rubrique :

Ry. 1°

le point et la virga simple (trait vertical simple) éléments fondamentaux de toute la notation.

Ils indiquent, lorsqu'ils se suivent immédiatement, 2 notes à des degrés d'élévation différente : le point représente toujours une note plus basse d'intonation que celle qui correspond à la virga. Il en est de même lorsque ces signes succèdent à un groupe.

La virga indique une note plus élevée ou au moins à Vunisson de la dernière note du groupe; le point, une note plus basse ou au moins à Vunissoji de la même dernière note du groupe qui le précède.

^ Ce qui est dit ici de chaque élément fondamental, rythme par rythme, doit s'entendre de tous les groupes classés sous le même rythme dans les dix tableaux, « lignes horizontales ».

l'art dit GRKGORIEN l3

Écrits sous cette forme graphique, la nuance d'émission est généralement quelconque, c'est-à-dire moyenne ; ce n'est ni le piano ni le for/e expressifs.

par punctum par virga

unisson inférieure unisson supérieur

Je donne à dessein ici, chaque groupe représenté par ses éléments fondamentaux séparés.

Ry. IP

Le trait horizontal, substitué au point simple, la virga à tête (c'est ainsi que nous la distinguerons de la virga simple du ry. i''), substituée à la virga simple, indiquent tous deux une émission plus accentuée, plus posée.

D'après le sens mélodique des phrases, dans lesquelles on la rencontre, on peut dire que la virga à tête indique, en outre, une nuance plus forte, un peu pontifiante, déclamatoire.

D'autre part, on ne peut absolument donner ce sens « fort » au trait, parce que certains manuscrits n'usent que du point, d'autres du trait, lorsqu'il y a note isolée. Le manuscrit de Saint-Gall, base de notre étude présente, employant toujours le trait, et jamais le point, quand il y a nofe isolée, rentre dans ces derniers ; mais, comme, par contre, dans les groupes composés, il use du trait et du point combinés, il est juste d'attribuer à l'emploi du trait isolé exprimant une S3dlabe du texte, sinon une nuance pontifiante, du moins une nuance accentuée, respectueuse, si on peut ainsi parler, et parfaitement en rapport avec le caractère religieux du chant lui-même. Le trait ainsi employé indique donc clairement le « sans presser, posément, de notre musique moderne.

Ry. IIP

\J apostrophe simple est un élément fondamental à double fin, mais sous-entendant toujours une note émise «piano».

Distinguons nettement ses deux emplois : Le premier sous le ry. 3%le deuxième sous le ry. 5°. Écartons momentanément celui-ci.

14 1- AKT dit GRIÎGOKIEN

Sous le rythme lll", nous classons tous les signes indiquant une liquescence finale. Cette liquescence est représentée graphiquement par l'apostrophe, qui dans certains signes conserve sa forme simple et se trouve adjointe telle quelle au groupe qu'elle termine, dans d'autres s'incorpore au signe graphique qu'elle termine ainsi par une petite boucle. On peut voir les deux cas d'écriture, ry. IIP du tableau IV, les deux premiers signes sont terminés par une boucle, le troisième par l'apostrophe simplement adjointe. Il en est de même partout ailleurs.

Cette forme graphique indique la liquescence descendante ou unissonnante dans certains groupes ^

L'ascendante est représentée par un petit croissant; c'est, si l'on veut, la forme cursive d'une apostrophe à l'envers. Tous les ry. 111° du tableau III^ sont terminés de cette façon ^. -^ Qu'est-ce au juste que la liquescence ? C'est proprement, le rendu graphique du coup de langue naturel à l'émission des syllabes sonores, nasales, telles que an, en^ em, in, etc.. prononcées à l'italienne comme dans «aiidi-ê-enn'-fes»; la note qui correspond à ce coup de langue est liquéfiée, disaient les anciens; l'expression est assez juste, nous devons la compléter en fixant que la note ainsi émise est comme étouffée^ c'est-à-dire chantée « piano» et, comme telle^ conserve au signe sa valeur-nuance propre.

Nous retrouverons plus loin au ry. V° le deuxième emploi de l'apostrophe.

Ry. IV°

La ligne brisée appelée « Qnilisma » ne s'emploie jamais seule. C'est un élément fondamental d'adjonction qui sous-entend une note brève, toujours initiale ou médiane d'un groupe, jamais finale, et généralement à distance de demi-ton diatonique de la note supérieure suivante immédiate.

Ry. IV«b'-^

Les groupes classés sous cette rubrique sont composés d'éléments de ry. IIL à liquescence finale et ry. IV" à note brève initiale ou médiane. Leur traduction est aisée.

1 Voyez tableaux IV ry. VI°, VIII ry. IIIo, i^r gr,

2 Plus quelques-uns des ry. IIIo et IV^bis du tableau V».

L ART dit (IKÉGORIEN ID

Ry. V°

L'apostrophe, (deuxième emploi), simple, double, triple, quadruple ' " '" "" est un des plus curieux procédés de l'Art neumatique. La nuance de ces groupes est toujours «piano soslenu^o»; \e l'ai dit au ry. IIϰ.

L'apostrophe est ici clément fondamental «rytliniiquo^ pimio, comme nous verrons, au r}'. VHP, la virga, même élément «rythmique forte >>.

Dans cette classification, l'apostrophe simple i'^tsolée» n'a pas d'emploi. Toujours elle est adjointe à un groupe, pour le transformer de rythme binaire en ternaire, ou de ternaire en quaternaire c'est-à-dire en binaire double (4 doubles croches modernes, par exemple). Nous la trouverons ainsi emplo3'ée ry. VI° et VIP.

L'apostrophe double, triple, quadruple (cette dernière assez rare) est la représentation graphique des ondes sonores de la voix, quand il y a émission expressive d'une note tenue. Il y a, de ce fait, indication rythmique précise du membre de phrase, soit binaire, soit ternaire. En effet, ces diou /r^'-stropha indiquant une seule noLe tenue, égalant la durée d'un temps rythmique entier, pourquoi le simple trait ou la virga, qui indiquent la même note et la même durée, ne sont-ils pas écrits aux lieu et place de ces apostrophes répétées?

D'abord^ parce que le trait et la virga n'indiquent pas de rythme précis, ensuite parce que ces apostrophes répétées sont tin des points de repère, en tant que note, de la mélodie. Nous y reviendrons à la fin de cette étude, en parlant de la note sous-entendue dans les neumes. Le principe rythmique de la répercussion étant fixé, nous en trouvons l'emploi dans les deux paragraphes suivants.

Ry. VP

Les groupes classés sous cette rubrique sont ceux dans lesquels la répercussion par apostrophe est post-adjointe au groupe traité. ^ Il y a, par ce procédé, double création de rythme et de nuance.

l6 i/aKI dit CiRÉGORiKN

Prenons le prcinitM" i^roup:.' du ry. VI", tableau II"; c'est un podatus avec apostroi)he unissonnante de la dcnixiènie note. Supposons les notes /n (/(), celles du podatus fondaincMital, rapostroplic répercute la deuxième note « la do-o » ; de binaire, le groupe devient ternaire, Vs moderne; voilà pour le rythme transformé. Pour la nuance, elle est claire, le podatus a la même forme graphique ([ue celui porté au même tableau au ry. I", indique la nuance moyenne, «/;//» moflerne, l'apostrophe signifiant toujours nuance «piano», si nous inscrivons le groupe iiif av\ début et '</»» ensuite, nous créons la nuance « diniinucndo ».

Tous les groupes de ry. VI" de tous les tableaux suivent ce principe, parce que leur forme graphique l'indique et que jamais le sens mélodique ne vient le contredire.

Qu'une, deux ou trois apostrophes soient adjointes à la fin d'un groupe, le rythme du groupe se décompose en autant de fractions qu'il y a de notes indiquées par les signes ainsi juxtaposés. Jamais les concordances rythmiques ne viennent à F encontre de ce sens rythmique des groupes à répercussions.

Ry. VIP

La répercussion dans les groupes classés ry. VIP est inverse de la précédente^ c'est dire que le rythme s'augmentant en se décomposant de la même façon, la nuance est « crescendo ».

Les apostrophes du début indiquent la nuance «piano », le groupe fondamental qui les suit garde sa nuance fondamentale mf. ou /. Le crescendo est, de ce fait, aussi visible ici, que le diminuendo dans les groupes de la classification VI°, qui précède.

Inutile, ce semble, de s'étendre plus longuement sur cette classification.

Ry. VIII°

Dans les groupes de cette catégorie la nuance est toute contraire à celle des groupes du r}^ V", c'est dire qu'ils sont «/» accentués maëstoso. Jamais on ne les trouve entre deux groupes «piano » ^ La répercussion se fait par virga à tête (ry. IP), signe de tenue pontifiante, ai-je dit.

1 A moins de faute grossière de la part du copiste.

l'art dit GRÉGORIEN I7

Quelquefois, cependant, on trouve le trait et non la virga î Y a-t-il atténuation de nuance? Non, à mon avis. D'autant plus que cette substitution, si c'en est une, ne se rencontre que dans l'écriture du podatus à redoublement initial (vo3\ tableau II'', ry. VIII, 4° gr.l et qu'en ce cas, le trait ou la virga n'est écrite que pour maintenir le principe de rélévafton du son à émettre plus haut ou plus bas que la dernière note du groupe précédent, généralement du moins. Le principe de répercussion nuance et r3^thme est encore sauf, et il n'en peut être autrement dans un S3'stème de notation aussi parfait que le S3'stème neumatique.

Ry. IX*^

Cette catégorie n'a d'application qu'avec les groupes compliqués. Les Eléments fondamentaux n'indiquant qu'une note, ne peuvent pas à 3' rentrer.

Les groupes, ainsi classés, comprennent tous des scissions r3'thmiques internes, et la nuance est variable selon les éléments fondamentaux emplo3'és. Un simple coup d'œil sur les tableaux IIP à X° fera saisir mieux qu'une longue explication ce qu'il faut entendre par scission rythmique interne et nuance variable.

Pour en donner néanmoins un exemple facile à comprendre, prenons le premier groupe du r3\ I'', tableau 111'^ Le groupe de 3 notes est formé de trois éléments bien nets superposés. Vo3"ons, même tableau, sa scission r3"thmique r3\ IX°; les deux premières notes inférieures se présentent sous forme de podatus et la note supérieure sous forme de virga à têteî

Explication: ledit groupe commence «;;//» et monte <^ crescendo -^ sur la virga pontifiante, les deux premières notes liées crescendo, la culminante infléchie plus spécialement. S'il 3' avait succession de trois notes également infléchies «sans clan», ce serait le premier groupe du r3\ IP qui serait écrit, et non celui-ci.

avec élan sans élan Kl.:

é^^ëI

Jamais le sens mélodique ne contredit cette interprétation-

l8 l'a UT dit GRÉGORIEN

lùlfîll le

Ry. X'

comprend tous les groupes à syncope médiane, syncopes indiquées clairement par les notes répercutées ou redoublées — virgas généralement — au centre des groupes.

Ceux dans lequels ce redoublement est le plus visible sont les torculus sh)ipleSy tableau IV°. Ces syncopes introduisent naturellement une scission r3'thmique^ dont le centre est la syncope elle-même.

Certains groupes des ry. V° contiennent une syncope médiane, mais tout le groupe est piano, tandis que ceux-ci sont sostertutOj plus ou moins.

La variété des rythmes ayant obligé à ne pas s'en tenir rigoureusement à l'explication des éléments fondamentaux, résumons brièvement tout ce qui précède en prenant comme sujet d'étude ime note seule.

Le tableau 1°. Eléments fondamentaux^ nous révèle tout simplement ceci :

On exprime neumatiquement une note isolée émise, «piano » par 2 apostrophes en rythme binaire I

— par 3 — — — ternaire \

« mp ou mf» par i point ou i virga, selon l'élévation du son à

émettre (ry. L) ; «crescendo p à mf par 3 apostrophes suivies d'une virga en ry. binaire;

par 2 apostrophes suivies d'une virga en ry. ternaire (ry. VII°) ; « sostenuto mf ou /» par un trait, une virga ou 2 virgas en ry. binaire et

selon la nature des concordances rythmiques de la phrase, par trois virgas en rythme ternaire, selon la nature des concordances à équilibrer (ry. VHP); «diminuendo mfkp^^ par une virga et 3 apostrophes en ry. binaire;

par une virga et 2 apostrophes en ry. ternaire (ry. VP)

«brève» par une ligne brisée, dite quiltsiua (ry. 1V°)

« longue rallentendo » par le pressus (ry. X").

Nous avons ainsi parcouru pour une seule note, tout le cycle des modifications graphiques qui peuvent la représenter, comme rythme et comme nuance.

Telles nous les constatons pour une seule note, telles nous les verrons scrupuleusement observées, pour toutes les combinaisons imaginables.

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