Cf. Prado de Valencia, cdit. citée, xlvii
3. B. N. P., ms. esp. 147, G79, à la date du 21 février 1577.
382 l'art dramatique a valexcia.
et des piisonniers' », qui est en Espagne le premier monument de la science pénitentiaire, que le régime imposé aux reclus était plus inhumain dans les cachots de ^ alencia que dans les bagnes d'Alger. Que devait penser ce cœur sensible des supplices dont les exécutions capitales s'accompagnaient? Pour avoir tué une fdle publique, qui était sa maîtresse, et une personne qui avait voulu s'interposer, un \alencien, en i58i, dut en premier lieu subir l'amputation de la main droite; il fut ensuite pendu, puis écartelé ; enfin sa tète fut exposée à l'extérieur dé la prison et sa main clouée à l'intérieur-. Ce spectacle horrifique n'allait-il pas ramener au bien ceux qui se sentaient près de faillir?
Mais on n'avait cure de ces menaces. La seule défense efficace était la riposte immédiate aux attaques des malfaiteurs. Aussi les Yalenciens s'armaient pour le cas de besoin : arquebuses, fusils à pierre ou à silex, rien ne manquait à leur arsenal. Le roi interdit ces armements par une pragmatique au début de i584 et il renouvela la prohibition le i/j mars i6i3^. Ce fut un beau tapage. L'Inquisition prétendit que parmi les privilèges dont ses familiers jouissaient de temps immémorial, figurait celui de posséder et de garder des armes à feu sans contestation possible. Les fonctionnaires royaux résistèrent à la prétention. Pour avoir voulu rétablir un peu d ordre, il se trouva que l'on augmenta le désordre.
Les violents débordements dont on vient de voir quelques exemples, c'est la façon dont s'est manifestée à ^ alencia cette plénitude d'existence et celte joie de vivre que l'on observe un peu partout en Europe au cours du seizième siècle. Mais, en jetant sa gourme, le génie valencien ne devait pas, pour cela,
1. VisHa de la carcfl y de los presos, Valencia, Pedro de Huete, i568, 4**; 26 édit. augmentée, Valencia, Juan Crisostomo Garriz, i6o4, 4°-