Cf. acte I de Enganarse engaïïntido
« Princesa. Di que es
bigotera? . ,
GoNZALO. Es obra nuena
en Espana : es como vn freno
coa que a los braquillos quiebran
el ozico; solo ay
d avenlure il regardait vers la terre, y attachait ses yeux aux plus minuscules détails, aux plus insignifiantes bagatelles. Lui qui proposait à nos efforts l'honneur intangible et lointain ne trouvait rien de mieux à signaler, dans le détail de la vie quotidienne, que les succès d'une actrice ou les nouveautés des coiffeurs.
Il semble après cela que son théâtre doive présenter aux lecteurs un assemblage d'aspirations élevées et d'observations vulgaires. Et, en effet, ses pièces enthousiasment tour à tour le lecteur par la puissance des effets et le déconcertent par la puérilité des inventions. Il n'est point d'impression plus mêlée, d'arrière-goùt plus incertain cjue celui qui subsiste en nous après la lecture d'une comedia de D. Guillén. Le voyageur n'est-il pas oppressé lorsqu'il respire successivement la brise des cimes et l'air des bas-fonds? Le style allait fondre ces éléments divers et inégaux; il allait répandre une couleur uniforme, il allait amalgamer enfin ce que le caprice du poète avait réuni. Non que les comedias de Castro soient redevables d'un surcroît de beauté à la jîarure dont il les revêt. Si les idées et les sentiments, chez lui, ne valent pas toujours par euxmêmes, ils valent moins encore par la manière de les exprimer. Tous les critiques, même les moins sévères, ont été unanimement choqués par l'horreur de la simplicité qui se marque si fortement d'un bout à l'autre de son théâtre. Il n'y a point à dire qu'en fermant les yeux de temps à autre, nous nous épargnerons le scandale de cette emphase qui s'étale avec impudeur. L examen le plus complaisant ne découvrirait pas une tnade, une seule tirade qui ait échappé aux recherches de
en los hombres dlferencia, que debaxo las narizes sobre los labios le lleuan; y en el tal bigoterado, quien nunca lo ha visto, piensa que es alguna cuchillada que loma de oreja a oreja. »
Cf. un développement analogue dans El aijo de su hijo, I, v. i3og sq.
G28 LAUT DRAMATIQUE A VALEXCIA.
style. La préciosité, chez D. Guillén, règne en maîtresse impérieuse et si ce trait lui est commun avec la plupart des écrivains espagnols du dix-septième siècle*, si à Aalencia, en particulier, linfluence des académiciens, la fréquence des concours de poésies aidaient à la contagion de cette maladie, il est incontestable que les ravages n'eu ont jamais été plus teirihles ni plus constants que dans telle comedia qui, comme les Mocedades , pourrait être sans cela un des chefs-d œuvre de la scène. Castro ne s'est pas plus soucié de copier le langage que les ma?urs de la vie réelle. Les conventions théàtiales ne se bornaient pas pour lui ni pour ses confrères à représenter sur un tréteau, dans des limites étroites, une action réduite à ses phases principales, elles comportaient encore l'usage d'un style spécial dont les auditeurs avaient évidemment la clef, mais dont les arcanes restent trop souvent impénétrables aux eiforts de la postéiité.
Que ce style fût traditionnel au théâtre, la preuve en est dans la répétition indéfinie de certaines images ou de quelques métaphores privilégiées dont Castro, comme les autres, a saupoudré ses tirades. Dans une même comedia, Inyrafitad por amor, il a employé à trois reprises au moins le mot azogue, a mercure », dans un sens figuré, pour marquer l'agitation, l'inquiétude, le trouble d une àme empoisonnée par le chagiin. Deux fois, il a opposé au mol (cogue le moi plomo, « le plomb », de façon à obtenir symétriquement deux comparaisons tirées des métaux et appliquées aux préoccupations de l'âme"-. Les images banales abondent chez lui, elles viennent bosseler la
1. Sur la conception de la poésie chez Castro, cf. Ingrat itiicl por amor,^ V. 1 i65 sq.