Dans El Prado de Valencia, p. 17.5 de mon édition
2. Par exemple, la situation finale à l'acte II de La fe pagada se rapproclie de celle imaginée par Castro dans Cuanio se estima el honor.
3. Voici (juehjues métaphores que nous avons déjà relevées chez Aguilar :
« que sea aquesta belleza
el cucliillo de mis dias. » [La fe parjada, I.)
« Aun te hahrias, fiey, forjado el curhillo de lu muerle,
si délia te lias agradado. » [Ibid., III.)
«... (, que he de hazerV y mi Teodora
ha de ser dulce yedra de olTo muro. » (La Je pagada, I.) LvLTARO (brandissaiil sa lance el se repentanl d'avoir trahi sa patrie) : « Esta lança abrirâ caniino luego por el infâme pecho que me Iruxo a ser hoy desta tierra ardienlc luego,
con ser lierno piinpoUo que produjo. » (La ieligera Espanola, \.)
comedias, et de l'autre V Apolocjético de las comedias espanolas, il faut convenir, après enquête, que ce choix s imposait à eux par l'impossibilité d'en faire un autre; Târrega et Beneyto étaient morts depuis quinze ans, Castro faisait bande à jDart en Castille ou en Andalousie, Aguilar n'entrait pas en compte à cause de sa roture et de la semi-domesticité où il vivait. Boyl et Turia demeuraient seuls, et n'est-ce pas le devoir des recrues de suppléer du mieux possible les vétérans qui ont déserté?
Le malheur, c est qu'à ces suppléants l'initiative, le talent et l'originalité faisaient cruellement défaut. De déchéance en déchéance, le théâtre valencien tomba très bas, et par une contradiction fréquente les auteurs se multipliaient à mesure que les œuvres viables devenaient plus rares. Faiit- il énumérer Vicente Adriân, qui se consacra principalement au genre de Yaiito sacramenlal, — Bernardo Bonanad, spécialiste du théâtre universitaire, plus connu au Stiidl gênerai quk la 01ive>*a, — Marco Antonio Ortî, fonctionnaire et auteur, infatigable barbouilleur de papier, — Vicente Esquerdo, qui s'inspirait tour à tour de la mythologie, de l'histoire et de l'actualité, — Pedro Jacinto Morlâ, qui emprisonné dans les fameuses tours de Serranos se consola vite en rimant une interminable description de sa geôle, — Jacinto Alonso Maluenda, qui exerçait, sous le contrôle de l'hôpital, la direction du théâtre de la Olivera, — Alonso del Castillo Solorzano, qui à ses romans valenciens ou publiés à Valencia, Haertade Valencia, 1629, Fieslas del Jardin, i634, mêla d'alertes comedias.^ La liste pourrait être allongée. Si riche qu'on la suppose, elle ne serait encore quun témoignage de pauvreté. Le théâtre n'est pas mort à Valencia, mais il a cessé d'être un art pour devenir une industrie,'et c'est pour cela qu'il convient d'en arrêter l'histoire.
L influence que A alencia a pu exercer sur la formation et les progrès de la littérature dramatique en Espagne est désormais terminée. L'heure est venue d en reconnaître la naluic et l'importance. Les dramaturges valenciens ont-ils constitué au seizième siècle, c'est-à-dire à l'époque où le théâtre espagnol
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se formait, un groupe assez cohérent et vigoureux pour (urun mot d'ordre, parti des rives du ïuria, se soit imposé au loin!* Comme on distingue vers le même terups dans la poésie Ivrique une école andalousc avec Herrera et une école castillane avec Fr. Luis de Léon, y a-t-il eu autour de Timoneda, autour de Guillén de Castro, une école dramatique de Valencia P
Un guide qui se fasse suivre unanimement, un créateur qui combine et impose un type nouveau dart dramatique, c'est peut-être ce qui a le plus manqué à \alencia. Aussi bien le seizième siècle à son déclin a-t-il vu surgir dans la pé'ninsule avec Lope de Vega un initiateur d'un génie si envahissant qu'aucun partage d'influence n'était possible, qu'aucune royauté n'aurait subsisté à côté de la sienne. A l'école de Valencia, pour mériter ce titre d'école, il a d'abord manqué un chef. L'indiscipline qui en résultait a permis aux tempéraments les plus divers de s'épanouir librement. Il serait trop facile de prouver que de Timoneda à Castro il n'y a aucune commune mesure : il ne fallait pas plus que les trente années qui les séparent pour annuler l influence parallèle du climat et du milieu. Mais entre dramaturges qui sont contemporains en même temps que compatriotes, la même opposition éclate : Aguilar, bien qu'il s'habille à la même mode, diffère de Castro autant que celui-ci différait de Timoneda.
La différence, si marquée d'un dramaturge à l'autre, n'est pas moins grande entre les genres qu'ils ont cultivés. A aucun moment, ni avec Jean Fernândez de Heredia et Louis Milan, ni avec Timoneda et Ferruz, ni avec Virués et Castro, les tentatives dramatiques ne se sont produites à Valencia dans une direction unique. L'unité, qui n'existe pas dans le talent des auteurs, ne se retrouve pas davantage dans la nature de leurs œuvres. x\utour de Castro, tous, depuis Târrega jusqu'à Ricardo de Turia, cultivent passionnément la comedia, mais ils ne montrent de prédilection pour aucune des catégories qui introduisent en elle, malgré la rigidité du cadre, une diversité nécessaire, Comedias de cape et d épée, comedias de raido ou à grand spectacle, comedias de santos ou religieuses, comedias
bucoliques, ils se sont essayés aux unes et aux autres, sans opter, avec cette impartialité qui se rapproche parfois de rindilTérence. Avant 1 époque oii la comedia a imposé sa tyrannie, le panorama éblouit par sa richesse. On y aperçoit dans une aimable confusion des bluettes de salon, des féeries et des ballets, des farces et des interinèdes, des tiagédies espagnoles et des comédies latines, des saynètes rimées et des parades foraines. A ces étiquettes, lors même qu'elles semblent identiques, correspondent souvent des œuvres différentes. Dans cette multiplicité désordonnée, tout juste ose-t-on lemarquer une lacune. Malgré les Ternarios sacramentelles de Timoneda, dont il a lui-même confessé qu'il n'était pas l'auteur, le théâtre vraiment religieux, celui qui cherche ses inspirations dans la religion elle-même plutôt que dans riiagiographie locale, manque presque complètement à ^ alencio. Peut-être les mystères qu'on y représentait traditionnellement pour la Fête-Dieu, et qui relevaient de la liturgie autant que de 1 art dramatique, ont-ils contribué à empêcher sur place l'éclosion d'autos sacramentales. Mais il faut reconnaître aussi que le génie valencien s est toujours tenu aux antipodes du mysticisme. Les prêtres, les moines valenciens du seizième siècle que l'Eglise a canonisés ou pour le moins béatifiés, se distinguent par le tour pratique de leurs entrcpiiscs dévotes : ils ont agi plus encore qu ils n'ont prié. Le théâtre, tout en leur payant à l'occasion un tribut d'admiration, a suivi leur exemple à sa manière : les actions des hommes l'ont intéressé en elles-mêmes sans qu'il éprouvât le besoin d'en scruter, comme Tirso, comme Lope, comme Calderon, la signification dernière. Mais une aversion commune ne suffit pas à grouper
des dramaturges en a école » : et de ce côté encore nous abou-
tissons à constater la dispersion des forces plutôt que leur cohésion.
Au total, à 1 intérieur de Valencia, ni les hommes, ni les œuvjes n exercèrent d'attraction les uns sur les autres. Ils se compté tèi'ent, ils ne se commandèrent pas. Si on veut comparer un auteur avec un auteur, une pièce avec une pièce, c'est
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hors de \alcncia que 1 on est amené à elierclier le terme de comparaison : Timoneda appelle Lope de llueda. Artleda et \irués appellent Cueva et Argensola. Gnillén de Castro appelle Lope de ^ ega. C'est la preuve que le théâtre à \ alencia ne s'est pas suffi à lui-même. Si les limites du royaume valencien en ont protégé lindépendance, si elles lui ont gardé une apparence d autonomie, elles ne constituaient pas cependant un obstacle infranchissable. Par-dessus elles, des communications se sont établies, plus faciles à mesure que les progrès de la centralisation nivelaient les barrières, plus fréquentes à mesure que les pérégrinations des « troupes de campagne )) jetaient d une cité à 1 autre un réseau de voies comiques par oii la vie dramatique cu'culait dans la péninsule. Ainsi se ré\éla promptement cette vérité que le théâtre valencien était solidaire des autres centres d'activité dramatique, quil ne vivait pas à l'orient de la péninsule comme un empire dans un empire, mais comme une partie dans un tout.
Quelle place a-t-il tenu dans cet ensemble;^ a-t-il été le moteur qui provoque le mouvement;* a-t-il conduit et réglé révolution? L'art dramatique en Espagne a passé au seizième siècle par trois étapes principales. Au début, avec Encina et Torres Naharro, le théâtre s'est émancipé et sécularisé, c'està-dire, d une part, qu'il a échappé à la tutelle de 1 Eglise et, d'autre part, qu'il s'est constitué, en tant que genre indépendant, à égale distance des jeux brutaux de la foule et des exercices subtils de la littérature courtoise. \ers le milieu du seizième siècle, avec Lope de Rueda, le théâtre, déjà affranchi du patronage de 1 Eglise, s'affranchit encore de celui des grands. Il devient populaire, et du même coup, malgré tant d'imitations de 1 Italie, il devient national. Ce n est pas sans raison que Cervantes et Lope de Yega ont salué dans Lope de Rueda le fondateur du théâtre espagnol. Enfin, par une dernière et définitive transformation, ayant pris conscience de sa nature propre, il trouve, avec Lope de ^ ega, la forme qui lui permet de la réaliser pleinement : la comedia est le type original où toutes les aspirations du génie espagnol s'exprimeront.
6/i6 l'art dramatique a valencia.
Il est manifeste que le théâtre valencien a pris sa part de ces transformations successives ; mais les a-t-il subies ou les a-t-il déterminées? Lui sont-elles venues d ailleurs, ou les a-t-il répandues du dedans au dehors?
En ce qui concerne les origines, un théâtre vraiment valencien n'aurait pu s'exprimer à pareille date qu'en langue valencienne ; or, malgré la tentative incertaine et polyglotte de Jean Fernândez de Heredia, malgré quelques locutions du terroir qui apparaissent de-ci de-là dans les œuvres de la même époque comme des tares plutôt que comme des parures, la langue généralement adoptée est manifestement la castillane; c'est dire que les dramaturges indigènes s'avancent à la remorque d'auteurs étrangers dont ils acceptent les leçons, les modèles et même le parler. Aux étapes suivantes, à celles que l on désigne du nom de Rueda et de Lope de Vega, l'originalité valencienne se laisse moins aisément frapper de suspicion. L'usage du castillan s'était sufllsamment répandu dans la région pour qu'il cessât d'y paraître une importation suspecte, et les pièces, d'autre part, celles de ïimoneda, celles de Castro et de ses pairs, imposent assez par leur abondance, par leurs mérites, par leur nouveauté pour que la tentation soit forte de les tenir pour des œuvres d'avant-garde. Si toutefois on y regarde de plus près, on découvre bientôt qu'à ces deux tournants décisifs, celui de i56o et celui de iSSg, des dramaturges castillans sont venus résider à Valencia. Lope de Rueda et Alonso de la Vega, plus tard Lope de A ega ont apparu opportunément pour donner un emploi à des vocations dramatiques qui languissaient incertaines. C'est à l appel de ces deux élrangei's, c'est après leur passage et par leurs soins, que la poussée di'amatique s'est produite à ^alencia. Voilà un fait contre lequel aucun raisonnement ne prévaudra jamais. Il atteste que loin de régler l'allure, les \alenciens ont emboîté le pas à des guides venus de Castille. La seule tentative qui ait eu peut-être son point de départ à Valencia, ce fut celle de créer une tragédie pseudo-classique, et encore faut-il tenir compte, bien que Los Amantes soient antérieurs aux pièces de
CONCLUSION. G/l7
Cueva, qu à Séville depuis de longues années on travaillait, dans l'entourage de Mal-Lara, à restaurer les formes d'art abolies dejjuis l'antiquité. Aussi bien, à supposer que cette initiative doive être portée décidément à l'actif de \ alencia, l'échec qui lui était réservé en diminue singulièrement la portée, et en fin de compte elle n a d'autre mérite que d'avoir préparé les voies à la comedia. Rey de Artieda et Virués aident à comprendre que Lope de Yega ait trouvé sur les rives du Turia un accueil si enthousiaste, et qu'il y ait fait accepter si facilement la formule nouvelle de l'art dramatique ; mais ils ne représentent par eux-mêmes qu'une tentative mort-née. La sève féconde, le renouveau de vie dont le théâtre valencien avait besoin, lui fut infusée bien moins par eux que par le Phénix des Esprits. A aucun moment Valencia n'a trouvé en elle la force de créer un art dramatique vivace et original.
Peut-être, à défaut d'une originalité qui ait sa source en elle-même, \alencia a-t-elle réverbéré à travers la péninsule des rayons qui venaient d'ailleurs .►^ Peut-être a-t-elle répandu l'influence de l'Italie ? Assise sur le rivage qui regarde vers l'Orient, elle semblait prédestinée à cette mission, et on se plait à imaginer que par ce port largement ouvert les idées, 1 art de la nation qui fut à la Renaissance la grande initiatrice, ont trouvé accès en Espagne. Les faits, par malheur, ne confirment pas cette hypothèse. Dana la librairie si bien achalandée de Timoneda on ne vendait pas, en i5(S3, un seul livre italien. De i58o à 1600, à une époque oi"i les troupes comiques affluent à la Olivera, il y en a trois, pas davantage, formées d acteurs italiens, et l'accueil qu'elles y trouvèrent se distingua par sa froideur. Si des Génois résident à Valencia, ils ne s'occupent que de négoce, et les Français s'y établissent en aussi grand nombre, moins actifs peut-être, mais plus remarqués, parce qu'on les soupçonne d'hérésie. Sans doute, le théâtre de Timoneda semble souvent transcrit de l'italien, mais d abord Timoneda en fut l'éditeur plutôt que l'auteur, puis Lope de Rueda, si résolument castillan, n'est-il pas en inême temps plus italien que Timoneda;' Quant aux sectateurs de la
fi/jS l'art dramatique a valencia.
comedia. nul doiile (jn ils ne doivent à 1 Italie le sujet de plus d une pièce, mais Lope de A ega ne leur avait-il pas, sur ce point comme sui' les autres, enseigné la route à suivre? et les premici'ês comedias qu il écrivit, si ingénument ilaliennes. non seulement par leur sujet, mais jusque dans leur facture, ne soiil-elles pas antérieures à son premier séjour à \alencia? De telle sorte qu il ne reste même pas la ressource de supposer qu il a contracté à A alencia l'iiabitude de regarder vers l'Italie. L influence italienne sur le théâtre valcncien ne s'est exercée qu à un seul moment en dehors de toute intervention castillane : le duc de Calabre, eu introduisant dans la société aristocratique de son entourage la mode des ballets et des fêtes de Mai, importait directement les usages de sa patrie d'origine. Mais ici encore, pour une fois que ^ alcncia semblait ouvrir une voie nouvelle, un dieu malin a voulu que l'élan à peine donné s'arrêtât et ne trouvât personne pour en recevoir, pour -I en continuer l'impulsion. Ce théâtre de féerie fat, comme la tragédie classique, plus encore que la tragédie classique, un essai sans lendemain. L'Italie n'a jamais trouvé sur les rives du Turia un miroir oh elle pût refléter son image.
Faut-il conclure à l'inutilité du long efl'ort qui s'est poursuivi à \ alencia et dont ce livre a retracé 1 histoire? Il faut seulement affirmer que cet elTort a ignoré les hardiesses fécondes. Le mérite des dramaturges valencicns n'est pas d'avoir épargné à l'art dramatique les tâtonnements du début, ni d'en avoii" renouvelé les forces épuisées, elle est dans la manière dont ils lont exploité. Chez eux nul souci de la théorie : toute leur œuvre dogmatique se réduit au mince Romance de Boyl, à la paisible Apologie de Ricardo de Turia. Chez eux, nulle préoccupation d ordre littéraire : cette idée, si répandue en Espagne au seizième et au dix-septième siècle, que le théâtre est en dehors de l'art, n'a jamais trouvé d'adeptes plus fervents. Aussi ont-ils donné à leur entreprise, aussi bien au début qu'à la fin du seizième siècle, un caractère tout pi-atique. En eux se manifeste, jusque dans les oîuvres de l esprit, le génie industrieux et réaliste de la race levantine. A peine
quel([ue iiomcaiilc dramatique a-t-ellc vu le jour en Espagne ou en llallc, à Séville ou à Madrid, aussitôt, pour peu qu'elle leur paraisse viable, ils l'adoptent, ils l'acclimatent chez eux, et souvent ils lui donnent une forme de meilleur aloi que le créateur n'avait su faire. Souvenons-nous que c'est Timoneda, ce récidiviste du plagiat, qui a pourtant assuré par d'habiles lelouches, par le travail de la dernière heuie, la survivance du théâtre entier de Lope de Piueda et d'Alonso de la Vega. Souvenons-nous que si la comedia n'est pas née à Valencia c'est là pourtant qu'elle a donné sa floraison la plus précoce ; antérieurement à l'année 1600, on ne trouverait pas en Espagne une seule cité, pas même Madrid, où elle ait été cultivée avec plus de ferveur. Par là, par cet art de mettie au point des nouveautés à peine inventées, par cette habileté à prendre le \cnt, par ce travad de seconde main qu'ils savaient faire de main d ouvrier, les ^ alenciens ont été des collaborateurs nécessaires dans l'entreprise nationale qui a abouti à 1 apothéose de la comedia. Si leur théâtre n'a pas eu ses lois, son esthétique, ses procédés propres, qui, en face des types jusque-là connus, lui constituassent comme une personnalité, s ils n ont pas réussi, s'ils n'ont même pas cherché à former une école, ils ont du moins allumé et entretenu un foyer d art dramatique, dont la flamme a biillé comme un repère.
La bibliographie des œuvres dramatiques écrites ou publiées à Valencia est d'autant plus malaisée à établir que presque tous les livres dont elle s'occupe sont d'une extraordinaire rareté. Je me suis donc attaché avec un soin particulier, d'une part, à préciser jusqu'à la minutie mes références et mes descrijotions; d'autre part, à indiquer, chaque fois que je l'ai pu, la bibliothèque et même le rayon oi!i les érudits retrouveront les ouvrages étudiés dans notre essai.
Valencia, Madrid, Paris et Londres ont été les centres principaux où j'ai conduit mes recherches. A Valencia, en outre de précieux dépôts d'archives sur lesquels j'ai fourni quelques détails dans la Préface de Spectacles et comédiens à Valencia (i58o-i63o), Paris, iQiS, il y a deux bibliothèques, oii les curiosités bibliographiques abondent. L'une , qui est la (( Bibliothèque Universitaire », a été créée le 7 juillet 1786 par une donation de Francisco Pérez Bayer, qui s'est dessaisi, au profit de l'Université, des 20.000 volumes choisis de sa bibliothèque privée ^ Par malheur, lors du siège de Valencia par les Français, en 181 2, une bombe éclata le 7 janvier sur l'édifice, l'incendia et avec lui la collection des livres, à l'exception d un seul, que 1 on conserve aujourd'hui encore comme une relique'^. La Bibliothèque ne fut reconstituée qu'aux envi-
r. Cf. Memoria que dedica la miiij Noble y Leal Ciiidad de Valencia à su palricio y bienhcchor el Iliistrîsiino Sr. D. Francisco Pérez Bayer... par 1(1 donurion de su libreria. En Valencia. En la Imprenta de Benifo Mon- Inrt... A no MDCCLXXXV. 40, /jo pp.
2. Le livre par lui-même n'a aucune valeur. C'est un livre français : Histoire naturelle de la Caroline, de la Floride et des îles de Baharna, par Marc Catesby.
652 BIBLIOGRVPHIE.
ions de iSS", soit par les dons de riches particuliers, soit par les reprises qu'elle exerça sur les couvents ^ Elle compte aujourd hui près de 5o.ooo volumes, sans parler des admirables manuscrits provenant du monastère de San Miguel ^ de los Reyes auquel ils avaient été donnés par le duc de Calabre. Les incunables y sont nombieux et de première importance. Par malheur, les œuvres dramatiques y manquent presque complètement-. Il y a bien, dans l'enceinte de l'Université, quoiqu'indépendante de la « Bibliothèq.ue universitaire )). une autre bibliothèque formée exclusivement de pièces de théâtre, mais celles-ci sont toutes du chx-huitième siècle ou du dix-neuvième, postérieures, par conséquent, à la période étudiée dans ce travail. Cette Bibliothèque annexe est désignée sous le nom de « Bibliothèque Moles », en mémoire de son fondateur; toutes les richesses en tiennent sans peine sur les quelques planches d'une petite armoire^.
L autre grande bibliothèque de ^alencia, c'est la a Bibliothèque Serrano Morales » . qui se trouve aujourd'hui à la Mairie de Valencia. Elle a été constituée par José Enrique Serrano Morales, mort à Valencia le 17 février 1908, à l'âge de cinquante-six ans '. Nul ne saurait dire tous les services rendus par ce bibliophile, doublé d un érudit, aux études relatives à Valencia, et il y a mis le sceau par le legs princier qu'il a fait à sa cité d'adoption. L'auteur du présent livre, qu'il avait admis dans son intimité, lui est redevable de ce qu'il peut y avoir de neuf et d'important au cours des dix chapitres qu'on
1. Le 7 janvier 1887, le « chef politique », ou préfet, de Valencia prit un arrêté ordonnant (jue la bibliolhètjue du monastère de San Miguel de los Heycs passerait à l'Université.
2. Cf. Anuario del Ciierpo facultativo de Archiveras, Bihliolecarios ij Anlicuarios, 1881.
3. Par testament du 20 avril 1884, D. José Maria Moles a lésfué à la municipalité de Valencia sa collection d'œuvres dramatiques, formée de 1.222 volumes, à la condition qu'elle fût déposée à la Bibliothèque universitaire. Le 27 octobre i885, les exécuteurs testamentaires de D. José Maria Moles ont fait remise de la collection aux représentants de l'Université et de la Municipalité.