‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 276 sur 343 · B. N. P., ms. esp. 147, p · texte numérisé non relu

B. N. P., ms. esp. 147, p

tacle était .donné. Le poète Rey de Artieda nous a renseignés là-dessus dans une épître qu'il a imprimée, en ï58i, en tête de sa tragédie de Los Amantes\ et qui date probablement de iSyS. Il y oppose le majeslueux appareil d'un théâtre antique, tel qu'il le devinait en contemplant les ruines de la prochaine Sag-onle, à la simplicité misérable des représentations contemporaines. (( Dix planches, deux tapisseries et un tapis », il n'en fallait pas davantag-e, d'après lui, pour dresser une scène. Avec les planches, on construisait une estrade, exiguë et chancelante. Les tapisseries, tendues à droite et à gauche du tréteau, formaient deux abris, qui servaient à la fois de coulisses et de vestiaire. Le tapis, enfin, cachait aux yeux des spectateurs la misère de cet échafaud.

Cette installation de fortune devait durer d'autantmoins que le passage des troupes nomades devenait plus fréquent. On peut dire sans exagération qu'elles^ pullulèrent à Valencia à partir de i58o. En septem-* bre i58i, c'est un saltimbanque de Ferrare, Joan Jacome, qui, non content de traverser Valencia, s'y attarde J et sous sa direction constitue une troupe pour « repré-! senter et jouer des farces », representar y fer farsesX Eu octobre i58i, c'est un Sévillan, Pedro de Saldana; en décembre de la même année, c'est Francisco de Oso-

I. Rey de Artieda, .1/ illustre senor don Tliomas de Vilanoiial (En tête de : Los Amantes, Valencia, i58i.)

« Pero, como lo antig^uo al fin se acaba, Diez tablas, dos tapices y vna alhombra Hinchen aquella fabrica tan braua. »

En marg'e du vers a Diez tablas », Artieda a imprimé l'indication Theatriim odiernum.

rio et son épouse Beatriz Hernandez y de Osorio ; en janvier 1682, ce sont Melchor de Léon et Mateo de Salcedo; en février 1692, ce sont le musicien Joan de Biedura et l'acteur Nicolas de los Bios', qui tour à tour, dans une collaboration dont les termes étaient quelquefois renversés, le directeur empruntant à sa troupe et celle-ci lui dictant ses conditions, résident plus ou moins long'uement à Valencia, déployant leur talent mimique et récitant leur répertoire pour le divertissement de tous et leur profit particulier. Les comédiens étaient gens pauvres et défiants; par économie et par jirudence, ils recouraient le moins possible aux offices des basochiens. Si pourtant dans les minutes notariales de ces années i58i et 1682 un si grand nombre d'entre eux règlent leurs différends ou confessent leurs misères, combien d'autres y en avait-il qui coulaient dans la même cité une existence sinon dorée du moins exempte de tracas judiciaires ? Pareille affluence frappa les contemporains. Dans la multiplication des troupes comiques, dans la curiosité du public à leur égard, une force nouvelle se manifestait. Il s'agissait maintenant de l'organiser et de l'exploiter. Ce fut l'Hôpital qui s'en chargea.

Les fondations charitables avaient été à Valencia nombreuses et précoces. Mais leur abondance même entraîna des inconvénients; elles se nuisaient les unes aux autres et dilapidaient leurs ressources à ne les point mettre en commun. On entreprit donc, vers i485, en ce qui concerne les hôpitaux, la même tâche que l'on devait accomplir quinze années plus lard en ce qui concerne les établissements d'enseignement. On substitua

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