‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 283 sur 343 · Loa de La Nuera liumilde · texte numérisé non relu

Loa de La Nuera liumilde

« Salimos aqui nosotros a recitar nueve 6 diez, por un interes muy poco dos horas y média 6 très. »

feu es tiois longs actes d'une comedia, c'est-à-dire environ trois mille vers; on les égayait, en outre, par un intermède {entreines) et par des danses : il est manifeste, après cela, que la mode des longs entr'acles ne sévissait pas encore!

En Espagne, les représentations dramatiques avaient J lieu d'aj)rès un usage constant au milieu de l'aprèsmidi; elles commençaient vers deux ou trois heures, selon la saison, de manière à être terminées avant la tombée de la nuit. Il en fut aiusi à N'alencia Le matin, d'aussi bonne heure que possible, un domestique, porteur d'un pot à colle et armé d'un pinceau plat, fixait à la porte du théâtre une affiche qui annonçait le spectacle de la journée. Le libellé en était aussi simple que possible : « Ici Heredia représente aujourd'hui la graude comédie de Saladin à trois heures'. » L'acteur seul était nommé, l'auteur était omis impitoyablement.

L'habitude, généralement adoptée, de jouer l'aprèsmidi, souffrit à Valencia quelques exceptions. Il arriva au moins une fois, le 12 septembre 16^3, que le spectacle fut avancé au malin^. On redoutait probablement pour l'après-midi la concurrence d'une course de taureaux; on en avait donné une la veille, 11 septembr.', et fréquemment on en donnait deux ou trois jours à la

1 . Ce spécimen d'une affiche, telle qu'on en plaçait à la Olivera, nous a été conservé clans La gran comedia de la Baltusara, sur laquelle on trouvera des détails au chapitre vi :

ft Aqui représenta Heredia oy Martes la gran Comedia del Saladino, à las très. » (F. i verso.)

2. Livre de Trésorerie. « A ii de dit [Sette it)23] no y ague C» per ser dia de bous. — -A 12 de dit represeutaren de mati y R^ de la Ca lo.iô.G.

suite; plutôt que de faire relâche, les acteurs se décidèrent le second jour à se produire à la première heure; leur audace fut récompensée par une recette honorable.

Ce qu'il y a de plus extraordinaire, c'est que pendant un certain temps les comédiens de la Olivera, devançant l'usag-e moderne, donnèrent leur spectacle dans la soirée. Il faut en croire là-dessus le lémoig^nag"e d'un Valencien, D. Die,iço de Vich, très au courant de ce qui concernait l'art dramatique dans sa petite patrie : « J'ai connu, écrivait-il en i65o, quelques personnes qui entendirent ces comédies au temps où on les jouait de nuit dans l'édifice de la Olivera '. w 11 ressort de là qu'on joua aux chandelles sur la scène de la Olivera à une époque qu'il est difficile de j)réciser, mais qui est certainement antérieure à i63o, et il en ressort aussi qu'en 1649 celte pratique nocturne était abandonnée. Ce fut une tentative sans lendemain : l'insuffisance de Téclairag-e ou toute autre cause en provoqua l'échec. A Séville, le régime des représentations nocturnes semble avoir existé vers le milieu du seizième siècle. Cependant, malgré l'affluence du public, si g-rande qu'on fermait les portes au nez des retardataires avant l'heure fixée, il n'y eut point là autre chose qu'un essai de courte durée'.

La pluie, tant que le théâtre ne fut pas couvert, suffisait à provoquer le chômag-e. On s'accommodait tant

1. D. Diepfo de Vich, Brève discurso... : « Tengo por cierto que la coinedia de que se trala, no es la que condenan los santos antiguos, y de su autoridad algunos aufores moderuos; porque esta aun no tiene cien anos; y yo he alcançado algunos que las oyeron quando las representauan de noche en la casa de la Olivera. » In Cotarelo, Bibliofjrafin de las controversias sobre la licitiid del teatro en Espnna, Madrid, 1904, p. SSq.

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