‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 286 sur 343 · Membrillos · texte numérisé non relu

Membrillos

même que le ç;ardien-chef se soit réservé celle dernière fonction, mais l'un et l'autre ne réclamaient leur dû qu'aux spectateurs déjà en place et après le commencement de la représentation. Pour les chaises au moins, cette pratique est attestée par un texte formel, qui nous reporte à la mort de la reine : lorsque la nouvelle en parvint à la Olivera, le spectacle était déjà ouvert et la recelte était acquise pour le parterre, les loges et les balcons des femmes. Seuls les spectateurs des chaises n'avaient pas encore payé, et le deuil officiel, proclamé sur-le-champ, leur évita de débourser le moindre denier sur la part due à l'Hôpital'. On accordait aux spectateurs de marque, dont la solvabilité était certaine, cette faveur de ne pas les arrêter à l'entrée et de ne faire valoir qu'après coup la créance qu'on avait sur eux.

Gardien-chef et bas officiers, presque tous appartinrent pendant longtemps, au théâtre de la Olivera, à une] même famille dont le nom mérite pour bien des raisons^ d'être pieusement recueilli. En i584, lorsqu'il se trouva' propriétaire d'un théâtre, rH(')pital senlit la nécessilé] d'y placer un homme de confiance. Il fit choix d'Alonso] Maluenda, dont il avait déjà éprouvé les services pen-| dant la durée des travaux, et il lui concéda au rez-dechaussée un log-ement de deux pièces^. Maluenda ne s'y

1. « A 9 [de octubre 1611] R^ de la Comedia i3. 2. 4- ÇO es portai major 11 D i4 S — , dones y aposentos i S 8 D 4- no y hague cadires per ço que sa E.\a maua escomen(;ada la comedia que no represenlassen per la mort de la Reyna nuestra Seîïora, y nos cobraren lesj cadires. «

2. Los dit molt R"t. y molt magl»^. Administradors del Spital gênerai de la ciutat de Va. aiustats en sitiada en dit Spital, Altes e considérai que Alonso maluenda ha fet molts serueys al dit Spital mentres ha durât la fabrica y obra de la casa de. les farces, E per que tenen rela-

installa point seul. Pénétré de l'esprit de famille à un degré envahissant, il manœuvra pour que les bas offices du théâtre fussent confiés à ses prociies. Sa femme, Francisca Gomiz y de Maluenda, se spécialisa dans la perception du prix des loges. Alexos et Elisabet-.Ioan Maluenda l'assistaient scrupuleusement et allaient au besoin relancer jusque chez eux les locataires des loges ou des chaises qui tardaient trop à s'acquitter. Mais ce fut surtout le fils aîné, Jacinlo-Alonso Maluenda, qui partagea et sut même accroître le prestige paternel. Jacinto obtint la survivance de la charge. Encore qualifié d'éludiaul en 1619 (Alonso était déjà mort en i6i5), il porte officiellement en 1627 le titre de gardien-chef du théâtre, que son activité fructueuse aulanl que les services rendus par son père lui avaient mérité. Enfant de la balle, élevé dans tous les secrets du métier, comment Jacinto Maluenda n'aurait-il pas commis quelques essais dramatiques? il composa au moins quatre comédies, dont les titres seuls nous sont parvenus, une pièce historique, El sitio de Tortosa, une pièce religieuse, La Madalena, et deux pièces d'hagiographie locale, Sa/i Luis Beltrân, Santo Tomàs de Villamieva. Hélas! le succès bouda Jacinto-Alonso, et il s'en prit... à ses interprètes. Dans une de ses œuvres', il a imaginé une conversation entre honnêtes gens sur ce thème

cio que menlres y ha hat^ut farces en la présent ciutat lo dit alonso maluenda ha procurât lo benefici del dit Spital y per la intelligencia que te en dites coses et als per altres bons ajustes respectes tols concordes proucheixen estatçe e habitacio al dit Alonso maluenda présent y acce])lant en la dita casa que nouament se ha obrat pera les farces situada al vall-cubert per tôt lo temps de la vida de aquell en dos apartamenls baxos que y ha en dita casa de les farces... I. Biireo de las musas, vers la fin.

que les comédiens sont d'étrançes animaux, proprement des geais parés des plumes du paon; tout leur mérite est usurpé à l'auteur dont ils déclament les vers; le plus neutre des objets, le miroir, leur est supérieur en ce que, tandis qu'il reflète les originaux, il ne les déforme pas. Tant de sévérité chez un familier des comédiens dissimule à coup sûr une rancune d'auteur sifflé. Les lauiiers du romancier consolèrent le dramaturge. La Cozqiiilla del giisto\ le Bureo de las Musas', le Tropezon de la risa^ témoignent d'une verve facile et allègre, dont l'amertume, quand d'aventure elle transparaît, ne s'attarde pas en doléances oiseuses. L'humble préposé au service du théâtre était devenu auteur; mais je ne sais ce qui contribua le plus à sa notoriété, de ses livres ou de la direction qu'il exerçait à la Olivera.

Les divertissements dramatiques réunissaient un public à la fois nombreux et choisi. L'élément officiel n'y manquait pas; les Jurais ou échevins, occupaient fréquemment une log"e, et le 20 janvier 161 5, ils ordon-

1. La Cozquilla del gusto, Valencia, por Sylvestre Esparza, 1629 (cité par les traducteurs espagnols de Ticknor, t. III, p. 53o).

2. Bureo de las Afiisas del Tiiria en prosa y en verso... Afio i63i, en Valencia, por Miguel Sorolla nienor (B. N. M. R4622). Dans ce roman, la Muse de Lisdauro récite une Sàtira di:iendo quantos modos de mujeres pedigiienas encierra la corte. L'assistance adresse à la Muse des compliments, et l'auteur remarque que, si la Muse avait récité ces vers dans son pays natal, ils auraient été moins appréciés, car nul n'est prophète en sa cité. Décidément, Maluenda n'oubliait pas le mauvais accueil réservé à ses pièces par ses compatriotes.

3. Tropecon de la risa. Compuesto por Jacinto Alonso de Maluenda natural de la ciudad de Valencia. Valencia, por Sylvestre Esparza. s. d. [Salvâ, Catàlogo, I, p. 182, no 436].

liaient qu'on payât au comptable de l'Hôpital une noie de 2 livres qui était en retard de plusieurs jours. La noblesse la plus titrée se disputait les meilleures « fenêtres ». Le marquis de Fromita en 1612, la comtesse de Anna en 161 4 en possédaient une jalousement, et à toutes, derrière le grillag^e, se laissaient entrevoir de pompeux atours, de gracieuses silhouettes, dont le visage, obstinément anonyme, se dissimulait, le treillis une fois abaissé, derrière un masque de velours'. Les hommes ou bien accompagnaient dans une loge la dame de leurs pensées, ou bien se réunissaient entre eux dans Tenceinle des chaises. Un heureux hasard a conservé la liste des abonnés aux chaises, ou cadires, pour l'année 1628 1629. Rien ne nous renseignera plus exactement sur la qualité des spectateurs que la lecture de cette liste :

Procehit de les cadires de la comedia donades a parficulars a i. S 4 -D — casciina'.

Po a D. Franco Garros, vehedor Aurelio Nauarro.

D. Gaspar Mathias Juan.

D. Sébastian de Monténégro.

D. Gaspar de Borja.

D. Balthazar Ladron.

D. Vicent Masco.

D. Joachim de Aguirre.

D. Estacio Mardi.

D. Franco Ferriol.

Monserrat Cruilles.

D. Gaspar de Romani.

D. Jaume Mila.

D. Galceran de Castellui.

D. Diego Sans.

de la Costa.

Don Fran"^" Sapana.

D. Juan Pardo de la Casta.

D. Luys Sorell.

Vitorino Bonilla.

D. Jacinto Aguilar.

D. Balthasar Mercader.

Juan Batte Marti de Ventimilla.

Don Pedro de Rojas.

D. Carlos Juan de Torres.

Franco Bayarri.

Mr Robles.

D. Manuel Viues.

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