G. de Castro. Los mal casados de Valencia, acte II
2. Libre major de conte // raho del espilal gênerai del anij 1628 en 162g. Fol. 80.
D. Carlos Cruyiles.
D. Joan de Brizuela.
Sebastia Goscolla.
Feliciano Soler.
Vicent Assor.
Juan Roure.
DoQ Luis de Monsorlu.
Don Juceph Monsoriu.
Pedro de Caspe.
D. Galceran Mercader.
Mr Enrriques de Montaluo.
Doctor Lopez preu.
Minuarte.
D. Cristofor Villaza.
Mr Matheu Rejaule.
Vicent (lazuU.
Dor Malheu.
D. Pablo Sisternes.
D. Diego Vieil.
Frances Mallent.
D. Laudomio Mercader.
D. Remigio Sorell.
D. Ramon Sans major
D. Alonso de Polan.
Battiste Ricart.
D. Geroni Viues.
D. Pedro Sans.
Bruno Muiïos.
Geroni Audinet.
Toutes les catégories sont représeulces dans cette énumération. La noblesse de robe y voisine avec la noblesse d'épée : voici, d'une part, Micer Malheu Rejaule, qui était un magistrat de la Royale Audience, puis ces laborieux tabellions de Sebasliâ Goscolla et de Vicente GazuU, puis le probe Francisco Rayarri, qui a présidé si longtemps à la comptabilité de l'Hôpital. Voici, d'autre pari, D. Francisco Garros, affilié à la milice qui assurait la sécurité du littoral contre les incursions des pirates, et la famille largement représentée des Mercader, D. Raltasar, D. Galceran, D. Laudomio, frères ceux-là et fils celui-ci du comte de Buiïol, qui se préparait, loin des agitations profanes, à une mort édifiante. Voici enfin — et ce n'est point le moins remarquable de nos abonnés— un prêtre, docteur en droit canon, dont le caractère sacerdotal s'affirme hardiment sur la liste, aussitôt après son nom de Lopez, comme pour en relever l'insignifiance. Bel auditoire, en vérité, que celui où, parmi cinquante-six habitués, il n'y en avait pas moins de trente-cinq qui eussent droit à se parer du Don nobi-
liaire, qu'une tlagornerie maladroite n'avait point galvaudé en ce lenips-là comme au nôtre.
Le troupeau anonyme du pai'terre et du balcon des femmes ne nous intéresse point par la qualité de ses individus : pauvres gens venus des quatre coins de la cité, voire des faubourgs de Ruzafa ou de la Zaidia, désœuvrés d'un jour ou flâneurs invétérés, pour lesquels le spectacle était riionnêle récompense d'un travail consciencieux, ou, au c()nlraire, le prétexte toujours prêt d'une paresse incurable.
A peine entrés, les gens du parterre entamaient de bruyantes conversations. Ils commentaient l'aspect de la salle, défendaient leur actrice favorite, et lorsque enfin l'impatience les gagnait, ils criaient à plein poumon dans la direction de la scène : « Commencez ! Commencez ! ; Salgan ! Salgan ! » D'autres spectateurs montraient plus de délicatesse et savouraient en connaisseurs le plaisir de la comédie. Vêlez de Guevara a tracé une plaisante silhouette de deux d'entre eux qu'il avait pu observer à la Olivera. 11 s'agit d'un respectable vieillard à demi aveugle et d'une bonne vieille aux trois quarts paralysée. Chaque matin, le vieillard se rendait aux abords du théâtre. Incapable par sa courte vue de déchiffrer l'affiche, il s'exposait aux lazzis de l'afficheur auprès duquel il prétendait se renseigner. L'heure venue, il allait attendre sa compagne à la sortie du sermon. Avec mille prévenances, il la conduisait à la Olivera et l'installait au balcon des femmes; lui-même se plaçait au parterre jusqu'au moment où la dame, ayant pris sa part de la fêle, le hélait à travers le théâtre d'une voix encore vigoureuse : « Hôla ! Oiîez, venez me reconduire à la maison. — J'y vais, j'y vais, madame. » La fable
de V Aveugle et du Paralytique élail une réalilé parmi les clients de la Olivera'.
Quel que fût le pittoresque de ces associations, où deux misères se procuraient réciproquement la consolalion du spectacle, c'est plutôt la quantité des spectateurs que nous voudrions connaître, et, il faut l'avouer, nous ne sommes pas armés pour l'apprécier rigoureusement. Feuilletons cependant les livres de comptes de l'Hôpital : nous y trouvons d'année en année le total des sommes que les représentations théâtrales faisaient entrer dans ses caisses. Les versements d'importance faits pour l'achat d'une loge ou d'une chaise n'y figurent pas, non plus que le prélèvement opéré par les acteurs. Les chiffres de ces registres n'expriment donc qu'incomplètement le mouvement de fonds que le goût croissant des spectacles avait provoqué à Valencia, mais par leur comparaison on peut prendre une idée de l'affluence que les salles de lu Olivera ou des Santets recevaient chaque année :