I. Path, .Minutes de Lorenzo Villareal
un agent d'affaires, non un ami complaisant, s'était chargé de la faire valoir? A Valencia, chaque fois qu'apparaît un fondé de pouvoirs de quelque troupe comique, c'est toujours un nouveau venu qui se présente à nous. Il est manifeste qu'il n'y avait pas, en pareille matière, un spécialiste connu de tous les intéressés et servant la cause de tous.
Aux troupes qui n'avaient point sur place un ami ou qui ne pouvaient s'y faire recommander à personne, restait la ressource des « occasions », c'est-à-dire des parents ou des amis qu'un hasard faisait passer par Valencia. Voici, par exemple, Alonso de Morales qui entreprend un long voyage sur la côte levantine; Juan de Morales Medrano, chef d'une troupe nomade, lui envoie une procuration, datée de Yepes le 3i août 1619, et le charge de s'aboucher dans les villes de son itinéraire avec les propriétaires de théâtre. Bien lui en prit, car, le 17 décembre 1619, Alonso de Morales signe à Valencia avec le caissier de l'Hôpital un traité' qui met la Olivera à la disposition de la troupe depuis le 10 août 1620 jusqu'au Carnaval de 1621. Les comédiens se tenaient à l'afïùt de toutes les aubaines de ce genre, et si d'aventure quelque personnage d'importance consentait à prendre charge de leur intérêts, c'était une bonne fortune qu'ils ne laissaient pas échapper. Don Guillén de Castro a passé à Madrid presque continuellement les dernières années de sa vie; un accès de nostalgie le ramena à Valencia vers le milieu de l'année 1624, et il revint avec son prestige d'homme bien né et d'auteur acclamé. La faveur dont il jouit ne rejaillira-