‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 307 sur 343 · Hosp,, Francisco Lâzaro Jusep · texte numérisé non relu

Hosp,, Francisco Lâzaro Jusep

Peut-être avail-il profité des loisirs de Carême pour renouveler en tout ou en partie son personnel; il était d'une prudente administration de s'assurer qu'il n'avait point visé à l'économie au détriment de la qualité'. Le souci du bien public absolvait la curiosité coupable de ces bons administrateurs.

L'institution des journées de bénéfice, bientôt remplacées par l'octroi d'une subvention, marque de la part de l'Hôpital en faveur des comédiens une concession d'importance. Parallèlement à celle-là, il leur en accorda une autre, non moins onéreuse : il leur consentit des prêts. Les avances d'argent étaient ce qui manquait le plus aux comédiens. Il fallait cependant qu'ils disposassent d'une somme relativement considérable pour leurs frais de route, et ils n'auraient point réussi le plus souvent à rallier Valencia si l'Hôpital, dont aussi bien c'était manifestement l'intérêt, ne s'était transformé en prêteur, un prêteur qui prenait ses précautions et se constituait avec les gages reçus un vrai fonds de boutique d'usurier. Lorsque par l'intermédiaire d'un sergent recruteur ou par celui du voiturier chargé du transport, il faisait remettre la somme convenue aux comédiens

I. Patr., Luis Celina, 8 mars 1626. « Ittem ha sido concertado que el dicho olmedo haya de dar y de muestra a los dichos senores administradores de su compania en la cassa de la comedia o en lugar donde a los dichos senores administradores pareciere. — Ittem ha sido tralado y concertado que si dada la muestra de su compaiïia por el dicho olmedo a los senores administradores y dando g'usto en ella lengan ohlig'aciôn de darle al dicho olmedo dos mil reaies graciosamente desta manera : mil reaies el dia que diere muestra de su compania y los otros mil dentro de diez dias. — Ittem ha sido tratado que los dichos senores administradores y clauario no esten obligados a dar al dicho olmedo ningun dia para el solo, pues ya le dan los dichos mil reaies. »

sur le point d'entreprendre le voyage de Valencia, il exig-eait que des garanties lui fussent données, lesquelles étaient soit la caution d'une personne honorable, soit le matériel, vestiaire et répertoire de la troupe. Combien y a-t-il dans les minutes des notaires valenciens de ces pitoyables inventaires, où se montre dans toute sa misère l'humble avoir de ces comédiens, divinités ou princes sur la scène, gueux et goussepains dans la réalité quotidienne! Que leur dette ail été contractée avant ou après leur arrivée à Valencia, il suffit que leur insolvabilité soit constatée ou seulement soupçonnée : c'est aussitôt la mainmise sur ces bardes, sur ces manuscrits graisseux qui sont les instruments de leur travail. La saisie conservera son effet aussi longtemps qu'il sera nécessaire; Roque de Figueroa* reprit possession, le ii décembre i63o.. de vêlements qu'il avait engagés le 28 février 1624 pour couvrir un prêt de 200 livres. Les magasins et annexes de la Olivera devaient ressembler en quelques endroits à un mont-de-piété.

Dans les premiers temps où il exploitait le théâtre, l'Hôpital semble n'être pas intervenu dans les affaires financières des comédiens. Ceux-ci font des dettes, en vertu d'une tradition qui semble ancienne dans la corporation, mais leurs créanciers sont, par exemple, un traitant, Baltasar Sànchez, auquel Abagaro Francisco Baldi reconnaît devoir 800 réaux castillans^, ou le discret Ramôn Florença, pharmacien, qui a remis 46o réaux castillans à Alfonso de Cisneros\ Il y a même des raisons de soupçonner que des emprunts étaient contractés

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