Titre exact : La crislianisima Lis y azote de la herejîa
5. Le texte place Tirso, qu'il écrit Tirzo, parmi les titres de comedias. En le détachant en marge comme les autres noms d'auteurs, sans m'arréter à la graphie Tirzo qui est un valencianisme, je crois faire une correction évidente, et je ne suis pas sur que Monco, qui vient après Tirso dans l'énumêration, ne représente pas, sous une forme très altérée, un nom d'auteur. II est manifeste que cet inventaire a été établi par deux clercs de notaire, l'un dictant, l'autre écrivant sous la dictée ; les erreurs et les omissions qu'il comporte s'expliquent par un défaut d'audition du scribe, sans compter que celui qui dictait déchiffrait parfois de façon inexacte le titre des manuscrits qui lui passaient par les mains.
6. Il faut lire probablement El hijo de la cierva. M. Restori me
El Rey Angel^ Antonio de Moxica"?
El Albis^- Villegas.
Claramonte : No soys vos, mi vida,
para labrador
El difunto vengador
La esclava del cielo'^
La infelice Dorotea ; Claramonte.
La libertad restaurada
Don Jairne el conquistador
Transformacio'iies [de arnor^ Villayzàn.
Mas vais volando
El mejor consejo
La Gallega [Mari-Hernândez] .... Tirso de Molina. La vida y muerte de S. Onofre . . . Claramonte.
La semejanza enganosa
La vengansa de Tamar * Tirso de Molina.
La serrana de Aravalle. ^
communique à ce propos un extrait d'une loa ancienne, qu"il a retrouvée dans une édition saelta de El mercader amante, d'Aguilar. Un enfant naît dans une montagne déserte, et sa mère meurt en lui donnant le jour. Un ermite le recueille, et non loin de son ermitage
vio dos ciervaticos liernos
entre breiïas retozando
que. en una pequeûa cueva
se entraron ; donde él Uegado
con la Cierva que los cria
à la hermita vuelta ha dado...
Ella diô la teta al niiïo
y le ha después criado.
1. El rey Angel de Sicilia, Principe demonio y Diablo de Palermo. comedia manuscrite de Antonio de Moxica (deux parties). Catùlogo de las piecas... de la B. -V., nû 2901. Représentée à la cour dans l'hiver de 1622-1023 sous le titre de El Rey Angel. Restori, op. cit., p. 194, n- -J.
2. La batalla del Albis, y mayor hecho de Carlos V, attribuée tantôt à « très ingenios », tantôt à N'illegas, sans qu'on sache au juste de quel Villegas il s'agit. {('Â. Catàlogo de las piezas... de la B. X.. no 347, et Restori, op. cit., p. 90, no 4.)
3. La esclava del cielo, santa Engracia , comedia manuscrite avec autorisation datée de 1619. (Cf. Catàlogo de las piezas... de la B. X, n» ii5i.;
4. Sur les sept comedias de Tirso de Molina qui sont citées dans
Étrang-e confusion! Avec quelle désinvolture on attribuait en ce temps la paternité d'une comédie aux auteurs qui en étaient le plus innocents! La notion do propriété littéraire, médiocrement respectée par les imprimeurs, n'existait même plus quaud il s'agissait de théâtre. C'était une mince bagatelle qu'une comédie au jug'ement des contemporains de Lope et de Tirso. Le comédien la payait chichement à l'auteur, et au comédien lui-même on la reprenait, quand il avait des dettes, pour une somme dérisoire. Afin de g"ager un prêt de loo livres, Roque de Fig-ueroa, en 1624, se dessaisit de dix-huit manuscrits de comédies, et eu 1627 Acacio n'en fournit pas moins de trente pour une dette de i5o livres. Cela mettait à 5 livres la valeur marchande de la comédie. 5 livres, c'est à cette misère qu'aboutissait le g-énie d'un Lope de Veg-a, la verve d'un Tirso deMolina, l'effort d'un Guillén de Castro.
Ces listes de comédies représentées à quelques années d'intervalle par des troupes importantes, si elles trahissent la parcimonie des contemporains en matière de théâtre, nous font aussi connaître leurs préférences. Les pièces historiques ou légendaires, autant qu'on en peut jug-er par les titres, y tiennent moins de place que les comédies de mœurs ou d'intrig-ue. — Malg^ré la persistance des traditions nationales en Espagne, malgré le
cette liste, il y ea a quatre, A/norosas sutilezas, — Tanto es lo demùs como lo de menos, El celoso prudente, La gallega Mari-Hernandez, qui étaient déjà imprimées au moment où Amella les a apportées à Valencia. Il y en a une autre, Siempre ayuda la uerdad, qui n'avait pas encore été imprimée, mais que l'on jouait dès i6a3. Deux enfin, La me/or espigadera et La venganza de Tamar, n'ont été publiées que quelques années plus tard, et jusqu'à présent rien ne permettait d'affirmer qu'elles fussent antérieures à 1628.
reoi'aiii Je vhalité qu'elles devaient à Lope de A'^ega et aux ressources de son imag-inalion épique, il semble qu'un arl moins tendu, moins lointain, moins cliargé de réminiscences et d'évocations ait plu davantag-e à la moyenne des spectateurs. Cette prédilection pour tout ce qui reste à la mesure de notre humanité explique aussi la part si large réservée dans le répertoire aux dramaturges de second plan : comme si les colosses de la scène, un Lope ou un Galderon, étaient plus loin de leurs auditeurs, — plus inaccessibles et moins familiers que la foide de leurs Epigones. Nous sommes trop portés à croire que les maîtres de chœur, par le prestige de leur génie, par la surabondance de leurs œuvres, encombraient toutes les scènes et n'en permettaient l'accès aux autres que par une tolérance rarement consentie : nous avons tort de le croire. On idolâtrait Lope de Vega, on le portait aux nues, mais Alarcôn, proportionnellement au nombre de ses œuvres, était plus largement représenté dans le répertoire de Acacio. On s'inclinait devant Tirso de Molina, on saluait l'aurore éclatante du talent de Galderon, mais on accueillait avec prédilection les sages écrits du docteur Mira de Amescua. Le classement que la postérité a établi, en assignant à chacun des rangs rigoureux, n'était pas encore fait. Il y avait du pêle-mêle dans l'admiration du public, comme il y en avait dans l'attribution des comédies aux différents auteurs.
On distinguait à peine le nom des auteurs, on ne distinguait plus du tout la patrie de chacun d'eux. Par les progrès de la centralisation, toutes les résistances du particularisme local ont été vaincues sans même que les intéressés en aient eu conscience, et ce paradoxe s'impose à nous qu'à Valencia, vers 1025, on ne jouait près-
que pas les œuvres des dramaturg^es valenciens. Leur g^loire dalait de la veille, et déjà elle était flétrie. Un seul a survécu au temps de leur splendeur coinmune, D. Guillén de Castro, qui fait encore entendre sur la scène de la Olivera un écho, un trop faible écho des accents familiers aux muses du Turin. La troupe de Roque de Fig-ueroa, en 162/i, avait à son répertoire El nieto de su padre, et celle de Amella, en 1628, gardait dans ses hag-ag-es trois pièces au moins de D. Guillén : El ayo de su hijo, La Tragedia por los celos et Ingratitud por amor ; voilà tout ce qui représentait encore, dans l'océan insondable du théâtre espagnol, l'apport du g-énie valencien. Tàrreg-a, Aguilar, Bojl avaient sombré dans un profond oubli. Encore doit-on noter que si Castro n'est pas mis de c(Mé comme ses compatriotes, il le doit à la continuité de son labeur. Les autres dramaturges sont entrés à celle date dans le grand silence de la mort; lui, malgré la vieillesse et la misère, il garde une voix encore vigoureuse, il la fait entendre à Madrid., où il s'est transporté, et ce sont ses productions de la dernière heure qui le sauvent de l'abandon. Aucune des quatre pièces que nous trous ons, vers 1626, aux mains des comédiens ne figure dans les deux volumes de son Théâtre complet, qu'il a lui-même publiés en 16 18 et eu 1626. Enfants d'une vieillesse laborieuse, sachonsleur gré d'avoir empêché que sur la propre scène de la Olivera n'éclatât prématurément la ruine des dramaturges valenciens.
Lorsque le directeur de la troupe avait choisi la pièce à jouer, lorsque les acteurs en avaient appris les rôles, il restait à la mettre en scène. Travestissements, décors
et machines étaient à la charge des comédiens ; leur besog^ne et leurs bagages en étaient singulièrement alourdis.
On a souvent décrit le vestiaire d'une troupe comique au début du dix-septième siècle. On a insisté sur l'abondance et la fantaisie des costumes de théâtre, auxquelles nul souci d'exactitude historique n'imposait de limites'. Le cas particulier de Valencia confirme, sans y rien changer, les constatations faites ailleurs. Les comédiens y arrivaient pourvus des hardes qui leur étaient nécessaires et ne sollicitaient des tailleurs de l'endroit aucune collaboration. Cela n'empêchait pas qu'ils ne repartissent quelquefois plus démunis qu'ils n'étaient arrivés. L'Hôpital considérait leur garde-robe comme une prise de choix, il savait que nombre de pièces très ornées et enjolivées dépassaient, même défraîchies, le prix considérable de loo réaux^, et à la moindre dette il faisait main basse sur les brillants atours, habitués à des mains plus délicates que celles des gens de loi. Des inventaires de la saisie étaient scrupuleusement dressés; plusieurs peuvent, aujourd'hui encore, être consultés tout du long^j et s'ils ne nous apprennent rien de tiès nouveau, ils suggèrent du moins deux ou trois remarques.
On ne se piquait pas, avons-nous dit, d'habiller les