Bull, hisp., IX
3. Cf. les citations déjà faites et, en outre, celle-ci (inventaire du 25 juillet 1627) : « Item vns saragiiells, g-ipo y coleto de seli ab flors de colors y or ab passama de or y soguilla naquerada y capa del maleix. »
Le vestiaire ne comprenait pas seulement des vêtemenls : bien des accessoires, nécessaires pour la représentation de certaines comédies, étaient conservés dans les mêmes coffres. En premier lieu, il y avait les armes, qui peut-être n'étaient point toujours des armes véritables, mais de g-rossières imitations, à en jug'er par le bas prix auquel on les vendait d'acteur à acteur'. Pour l'armement comme pour le costume, on tenait compte de la différence des nationalités : on réservait aux personnag'es d'orig-ine orientale les sabres long^s et recourbés dont le tranchant, simple à la poignée, devenait double vers le pointe : ces alfanjes {alfang ou alfanyg) étaient souvent importés de très loin, et c'était le cas pour cet alfranja {sic) de la India de Portugal ab sa bayna, que Amella, en 1628, s'enorgueillissait de posséder. Les objets de sainteté, à cause des comédies à lo diuino, se mêlaient au mag"asin avec les parures profanes. Amella transportait dans ses bagag-es « un tableau de Notre-Dame avec garniture d'ébène, une plaque avec la face de saint François garnie de la même façon, une autre plaque représentant la Madeleine avec garniture analogue^ ». D'autres bibelots, mille colifichets s'entassaient selon les occasions dans les bagages des nomades : de tout ils tiraient parti avec l'ingéniosité des pauvres gens. Leurs coffres à bagages devaient être un déconcertant mélange de richesse prétentieuse et de trop réelle misère, un capharnaûm tour à tour éblouissant et navrant.
1. Cf. Bull. Iiisp., IX, 871. Juan Granados achète un lot. d'armes pour 60 réaux, le doui)le environ de ce qu'il paye pour un lot de perruques et fausses barbes!!!