‹ L'art dramatique à ValenciaChapitre 323 sur 343 · Hosp. Jusep, 2 octobre · texte numérisé non relu

Hosp. Jusep, 2 octobre

clercs du notaire Chorrulta, qui inventoriaient, en 1619, le vestiaire du comédien Riquelme, reconnurent sans hésiter des « chausses de démon » {calsas de demonio^), de même que la tunique de taffetras, vendue en i6o5 à ' Juan Granados par Baltasar Pinedo, était évidemment, sans autre attribution possible, une tunique pour la Renommée^.

Copiés sur la réalité ou créés par l'imagination, les déguisements des acteurs avaient ce trait commun qu'ils affectaient la somptuosité. L'or et l'argent y miroitaient, la nacre y lançait ses reflets laiteux. Une bordure dorée serpentait presque obligatoirement autour des capes et des chausses, et on ne craignait pas, à l'occasion, d'y employer de l'or fin; un justaucorps nacré devenait du dernier galant, pour peu qu'on en précisât les formes par une soutache d'argent; des soieries à ramages relevaient de leur vif éclat les teintes mates des métaux précieux^; le regard était ébloui en même temps que réjoui. Peut-être y avait-il beaucoup de mensonge dans cet étalage de richesses; pour une parure sincère, il y en avait vingt de frelatées. Les toreros, à ce qu'on murmure, ont maintenu dans la péninsule la tradition du costume en trompe-l'œil. Qu'importait, du reste, aux spectateurs, à nos acteurs eux-mêmes? L'illusion était sauve, et l'illusion n'est-elle pas, au théâtre, le divertissement des spectateurs et le seul bénéfice certain des acteurs?

Page 1