‹ L'art du comédienChapitre 4 sur 11 · I. \UT !>i COM BDIEN · texte numérisé non relu

I. \UT !>i COM BDIEN

el attirer les cœurs, — et ae pas l'être abso Lument. Je suis certain de o.e pas blesser mon camarade Delaunay en Lui disant qu'il n'a pas le inv puremenl grec. Et cependant quia paru plus job' en scène? Il avait le charme : un je ne sais quoi de jeune, de tendre, de Léger, qui, je n'hésite pas à le dire, s'en est allé avec lui!

Le charme, oui, c'est cela que doit avoir le jeune premier. Maintenant, pourquoi ccrtaines figures le respirent-elles, qui sont fort Loin de La beauté classique? Pourquoi sédui sent-elles, pourquoi font-elles raffoler le public .' Je ne me charge pas de L'expliquer.

Les jeunes premières suivent La même règle. Elles ae sont pas tenues absolument d'être belles : mais ilfaul qu'elles aient le charme. - G'esl ici le cas de rappeler le mot si juste de Victor Hugo à MmeDorTal : • Vous n'êtes pas belle, vou- êtes pirel

Ainsi les amoureux doivent être beaux, comme Laferrière, ou le paraître, comme Delaunay.

Il faul qu'ils soient de ceux que le public admet qu'en aime d'emblée el pour toujours, qui -"ni venus au monde imés .

L'ART l'i COMÉDIEN

Cela ne vmi pas 'lire qu'eux seuls puissent l'être ! On voit, au contraire, tous les jours, dans nos pièces modernes, des personnages beaucoup bien moins doués physiquemenl leur ravir à la fin le myrte et le Laurier. Mais à la fin ! Jamais tout de suite ! On aime ceuxlà pour leur esprit, leur courage ou leur dévouement : cet amour de raison met du temps à venir, et le public en veut pour s'y accoutumer.

C'est ainsi que j'ai pu jouer Jean Daçier. où je finissais aimé d'une fille des preux. Le public n'aurait pas souffert que je lusse si tendrement aimé dès mon entrée en scène; mais je ne recevais la déclaration qu'au dernier acte, et encore, parce que j'allais mourir; cet amour employait toute la pièce à venir; et le public l'acceptait, et suivait avec intérêt la progression, parce que, garçon de charrue au premier acte, pui- soldat, puis officier, je m'élevais, de dévouement en dévouement, jusqu'à mériter cet bonneur suprême d'être aimé de ma femme, — car la dame était ma femme !

Certains critique- m mit amèrement reproché de vouloir aborder les rôles sérieux. Làdessus, ma conscience d'artiste est tranquille.

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