‹ L'art du comédienChapitre 9 sur 11 · I. \KT DC i. o M LDI EN · texte numérisé non relu

I. \KT DC i. o M LDI EN

min, fringants, abondant-, rapides, tantôt

chevauchant, tantôt pirouettant, toujours à fleur de terre et sans autre souci que d'amuser le monde et de se donner carrière! L'un fait du roman, même dans ses pièces, et se sert pour cela de L'histoire; l'autre, des théories et se sert pour cela de la réalité. Que d'esprit tous les deux! Mais quelle différence de la verve universelle de l'un à l'ironie concentrée de l'an lie. et de cette légèreté gasconne à cette àpreté parisienne! Les mots du père sont des fusées, les mots du lils font balle.

A L'acteur de s'en rendre compte s'il ne veut jouer Mlk de Belle -Isle comme le Demi- Monde et Richelieu comme Olivier de Jalin.

Ce sont personnages fort divers, qui se sentent des cerveaux où ils sont nés, tout comme ceux, plus modestes, de Labiche ou de Scribe. De ce cerveau natal, ils ont gardé Vaccent, — l'accent, cette chose inexprimable qui fait que, quels que soient L'âge, le sexe et le caractère, la Canebière se retrouve, harmonieuse, sur les lèvres de tous les Marseillais!

Cet accent, l'accent de l'auteur, le comédien

doit l'avoir. A lui do pénétrer son homme assez pour le trouver. C'est une autre collaboration, plus intime et plus profonde encore que celle à laquelle il se livre en cherchant le personnage et en lui insufflant sa vie.

Ne parlons pas des tragiques; non que je n'aie rien à en dire : je demanderais volontiers, au contraire, qu'un les jouât en hommes de leur temps. Si vous donnez du Corneille, ne vous préoccupez ni de l'humaniser, ni même de le romaniser; jouez-le bravement, comme il concevait, en Espaguol du \ viPsiècle, en Normand, c'est-à-dire presque en Gascon, aussi chevalier qu'avocat, en Français du commencement de ce (jrui<<! siècle, qui n'est grand, peut-être, qu'à cause de ce commencement : fière époque, où l'on conspirait comme Cinna, avec Montmorencj ou deThou; nu l'on faisait de la politique comme Flaminius mi Sévère, avec Retz ou Richelieu, el 'le la galanterie, c'est-à-dire île la politique encore, avec les Émilies de la Fronde : donnez à Corneille, en un mot, l'accent cornélien. C'est un lyrique : ouvrez les ail.-. Pour Racine, à qui je trouve un génie égal (vous voyez que je n'y vais pas par quatre chemins), repliez-

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