AVANT-PROPOS
Je dois à mes lecteurs, en commençant, une confidence. Ils y trouveront Texplication de ma double qualité de musicien et de luthier et, sans doute aussi, la raison d'être de ce livre. .
Ce n'est point par une sorte de vocation tardive que je me suis adonné à fart de la lutherie, comme poussé par la curiosité de connaître les moindres détails de la fabrication d'un instrument^de- musique à la pratique duquel j'avais consacré tous les efforts de ma vie.- Non ; et si je n'ai pas commencé, il est vrai, par la lutherie, je dois dire que celle-ci a fixé mon goût et mes premières études en même temps que la musique. Pendant que je suivais les classes du Conservatoire, notamment celle de violoncelle, sous la direction de mon regretté maîtreD* Vasiin, et celle de composition de Reber, je faisais mon apprentissage de luthier chez Victor Rambaux. Dans ma modeste chambre d'étudiant, l'établi avait sa place à côté du pupitre et souvent le pot-à-colle chantait sur le feu pendant que je travaillais un concerto de Romberg ou que je réaKsaisune basse chiffrée de Fenarolli.
Les nécessités de la vie m'ont engagé dans la carrière musicale, alors que j'aurais préfc'^ré la vie paisible du lulhier, élaborant son œuvre dans le calme de ratelier,aux. émotions du soliste sanscesse à la merci d'un moment d'absence souvent irréparable. C'est ainsi que j'ai donné quarante années de mon existence à forchestre et aux concerts. Mais je n'ai jamais abandonné le compris, le rabot et le canif pour l'archet, et c'est pour cela, sans doute, que par la persévérance de l'effort et la continuité du travail, j'ai pu, après avoir quitté la vie musicale active, consacrer les loisirs de la retraite à des travaux de lutherie qui ne faisaient que compléter ceux qui m'avaient déjà classé depuis longtemps parmi les plus fervents adeptes de cet art.
On me pardonnera de rappeler ici, moi-même, en peu de mots, quelques-uns des travaux dans lesquels les hommes qui s'intéressent aux choses de la lutherie ont bien voulu me trouver des titres à une