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LA PRÉPARATION DES PIÈCES

Après avoir choisi son modèle et son moule, on débile, on met d'épaisseur, de longueur et de largeur ses tasseaux, ses coins et ses contreéclisses. Ces parties fondamentales forment l'ossature de l'instrument et se font généralement en tilleul, bois compact et liant qui convient bien à ses fonctions de pièces de soutien et de renforcement ; son seul défaut serait d'être un peu lourd. Le sapin, qui était employé autrefois par quelques luthiers, a le défaut d'être fendant, de se prêter difficilement à l'enclavement du manche dans le tasseau. Employé en contre-éclisses, il se délite au détablage en suivant son fil et rend cette opération malaisée. Aussi est-il généralement abandonné.

Quelques luthiers emploient le peuplier. Ce bois peut jusqu'à un certain point remplacer le tilleul ; mais il est peut-être plus sujet à se piquer des vers. Stradivarius utilisait l'aulne, bois rose compact et se ployant bien, mais rarement employé de nos jours. D'autres luthiers

italiens se servaient du hêtre, du cèdre, du bouleau et d'autres bois encore. Mais ce détail n'a qu'un intérêt secondaire ; l'important c'est que le bois dont on fera choix, parmi les essences que je viens de citer, soit bien sec, dépourvu de nœuds et surtout bien de fil.

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