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IV. Réductions moirées

Ces taches toutes superficielles, mais très-adhérentes, proviennent de deux causes. Quand le bain d’argent n’est pas filtré ou a séjourné longtemps dans la cuvette soumise à une influence réductrice, la pellicule d’argent

Fig. 22.

métallique qui se forme à sa surface est déchirée et emportée par lambeaux par la glace en sortant, et lors de l’apparition de l’image , on a une réduction moirée noire.

La seconde forme de ces taches provient de la réduction qui se fait lors du développement : les moiruressont alors versées sur la couche; elles y sont à l’état métallique et tout aussi pernicieuses à cause de leur opacité.

On enlève quelquefois les unes et les autres pendant que le collodion est humide, en le couvrant d’une

couche d’eau de 1 à 2 millimètres, et passant légèrement sur la moirure un pinceau très-doux. En agissant avec patience, on réussit souvent.

Y. Piquetage blanc.

Ce sont des à-jours complets, ou de petites places transparentes qui criblent l’épreuve à certains endroits, souvent aux angles et en haut de l’image, quelquefois sur toute la glace. Il est assez difficile d’en découvrir la cause exacte. Ils paraissent naître sous des influences multiples. Lorsque la couche humide attend longtemps avant le développement de l’image, l’azotate d’argent se rassemble vers les angles et au bas de la glace, l’évaporation de l’eau le concentre, il dissout alors l’iodure d’argent formant la couche sensible et forme un sel double non réductible ou plutôt soluble qui, enlevé par la projection du développement, laisse une petite place nue et par suite donne naissance à ces petites taches blanches translucides. Quant aux à-jours complets, on ne peut les attribuer qu’à la présence dans le collodion d’un corps (eau? sel quelconque?) qui, soluble dans l’eau, demeure dans le bain d’argent après que le collodion a fait prise et y forme un à-jour dans sa texture.

Ces deux accidents trouvent un remède facile, mais quelquefois long, dans une légère retouche qui consiste

à boucher ces petites places sur le négatif avec un pinceau fin trempé d’encre de Chine épaisse. On se sert de l’instrument décrit au § 14, du papier ciré.

Dans certains cas, quand la liqueur sensibilisatrice n’est pas bien filtrée, et que le collodion qu’elle a servi à faire n’est pas assez reposé, et surtout n’a pas été convenablement secoué et mélangé , on obtient une épreuve complètement couverte de piquetages blancs transparents; le remède s’indique de lui-même. Dans ce cas, ce sont des cristaux de -bromures peu solubles dans l’éther et l’alcool, mais très-solubles dans l’eau. Entraînés dans la couche de collodion et répandus sur la glace, ils sont dissous immédiatement par l’eau du bain, et forment des à-jours.

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