‹ L'art du photographeChapitre 2 sur 46 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

vert, et qui produit de belles et bonnes épreuves sans manipulations difficiles.

Il nous eût été facile de parler de nos essais dans la série des épreuves positives inaltérables, soit au charbon, soit autrement; mais nous devons avouer que les résultats obtenus sont encore si informes et si incomplets, que nous ne croyons pas que ces procédés puissent être de quelque utilité dans la pratique. Ils ont encore besoin de nombreux perfectionnements : notre conviction est que le temps les amènera ; ce sera le moment de faire entrer ces méthodes alors complètes dans un corps de doctrines.

Nous n’avons pas cru devoir omettre les épreuves positives nouvellement obtenues par M. Niepce de Saint-Victor ; il nous semble que cette voie peut conduire à de nombreuses applications industrielles; et d’ailleurs les résultats faciles à obtenir ne laissent rien à désirer, tant qu’on n’aborde que la reproduction et les dessins. À l’avenir le dernier mot !

Enfin, passim, nous avons ajouté, retranché, remanié, et fait de notre mieux pour que nos lecteurs soient sûrs de nous comprendre et persuadés que nous avons fait tous nos efforts pour cela : en somme, il faut que notre livre soit pour eux un guide sûr et fidèle, et qu’après son étude on puisse dire de chacun d’eux :

D’abord il s’y prit mal, puis mieux, puis bien,

Puis enfin, il n’y manqua rien.

Laf.

AVANT-PROPOS

L’ouvrage que nous offrons ici au public n’est point un traité élémentaire de photographie. Assez d’auteurs éminents ont écrit d’excellents ouvrages dans ce sens, et ont rassemblé tout ce qui, dans la chimie, l’optique et la physique, pouvait être utile aux commençants et les guider dans leurs premiers pas.

Nous avons envisagé la photographie d’un autre point de vue, nous préoccupant plus de développer la partie artistique et intellectuelle que la méthode proprement manuelle. Le lecteur auquel nous nous adressons est déjà rompu aux manipulations ordinaires, il sait assez de chimie pour ne pas agir en aveugle, et il aime assez la photographie pour la considérer

AVANT-PROPOS

résolûment sous toutes ses faces. Qu’il soit cependant bien assuré, en commençant l’étude d’un chapitre quelconque de ces recherches, que nous ne quitterons jamais une méthode sans y développer tout ce qui peut être utile pour réussir, et sans y donner, sans arrière-pensée et sans réticence, les formules vraies et exactes dont nous nous servons chaque jour. Nous sommes sûr ici de n’être contredit par aucun de nos nombreux élèves, devenus pour la plupart nos amis, et qui, reconnaissant les formules du cours quotidien , savent ce qu’elles peuvent et doivent produire.

Le lecteur qui voudra bien parcourir les chapitres qui suivent, doit se pénétrer que tout ce qui doit être fait y est décrit, mais que si par inadvertance il en omet une partie même minime, il ne doit pas alors taxer l’auteur de fausseté ou de réticence, reproche que j’entends faire tous les jours en parlant de traités aussi recommandables par le fond que par la forme. Il est plus difficile qu’on ne pense de s’identifier par l’étude assez bien avec l’auteur qu’on suit, pour ne pas omettre la plus simple des dispositions qu’il indique. Nous avons nous-même étudié de la sorte la majeure partie des auteurs qui ont écrit avant nous sur la photographie, et nous avons tant de fois réussi, que quand le contraire nous est arrivé, nous sommes convaincu que nous l’avons dû à une omission ou à une inadvertance.

Nous demandons donc au lecteur pour notre travail la même étude consciencieuse que nous avons appliquée à celui de nos devanciers. Sans aucune prétention à l’invention absolue des méthodes opératoires que nous décrivons, nous ne pouvons cependant nous empêcher de constater qu’en passant par nos mains, elles ont revêtu un cachet particulier, une

AVANT-PROPOS

manière d’être spéciale qui fournit en définitive à l’œuvre de chaque artiste sa valeur particulière. Nul ne peut plaire à tous. C’est une vieille et vraie maxime; mais elle doit consoler quand on cherche le bien, quand on aspire au beau, et surtout elle doit soutenir dans les recherches ardues qui mènent au meilleur.

Nous abordons ainsi notre travail avec confiance, bien convaincu du désir d’être utile, et trop heureux si nous y réussissons.

La photographie devient par ses progrès continuels une science tellement vaste, qu’elle se divise déjà en spécialités, et forcément ces branches diverses s’écarteront de plus en plus du tronc primitif et principal. Le lecteur ne cherchera donc pas ici une encyclopédie de ces recherches diverses. Nous avons parlé des principales à nos yeux, de celles qui font l’objet de nos travaux de chaque instant. Nous croyons même pouvoir dire que les études les plus élevées que contient ce livre embrassent la photographie dans toutes ses applications et sous toutes ses formes, parce que beaucoup tiennent à l’art proprement dit, et comme telles s’appliquent à toutes les manifestations possibles du beau.

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