PAR LA GRAVURE
Blanc .
Bleu ciel.
Bleu.
Indigo .
Violet.
Rouge .
Orangé .
Jaune .
Vert . . .
Noir .
de l’action photographique.
Et maintenant, comment voulez-vous, avec deux palettes qui ne s’accordent que dans les teintes extrêmes, rendre les effets de la même manière? Comme, en définitive, ce n’est pas une abstraction que nous jugeons, mais une œuvre de nos yeux et de nos mains, et dont le principal mérite doit être de rendre la nature comme nous la voyons, sans contredit, le crayon et la gravure sont plus près de notre sentiment et la photographie plus loin de nos conventions.
Mais si elle perd du terrain sous le rapport de la couleur, combien elle reprend d’empire par le charme de sa naïveté, par la force de sa vérité et l’inépuisable abondance de ses impressions. Son dessin si correct, sa perspective linéaire si exacte l’emportent et l’emporteront toujours. Je ne parle point ici des mille jeux d’ombre et de lumièrequ’il est donné au photographe de saisir, et qui, déroutant l’imitation, montrent combien le vrai est difficile à rendre, et quelle voie ardue est celle de la perfection.
Comment choisir le premier plan d'un paysage.
On a écrit dans plusieurs Traités de photographie, à propos du paysage, qu’il était bon de laisser le premier plan un peu flou , pour concentrer toute l’attention sur l’objet principal à reproduire. Nous ne sommes pas de cet avis, pas plus au reste que ceux qui l’ont écrit et
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qui se gardent bien de le suivre. Sans doute, même en se servant d’un objectif simple à long foyer, cette circonstance arrivera si l’on met au point ainsi ; mais nous, nous évitons ce contre-sens au moyen d’un artifice bien simple et que la portée des objectifs permet toujours. Nous prenons pour premier plan celui de l’objet principal à reproduire, qui en réalité, est souvent le second dans la nature, d’après l’endroit où nous nous plaçons. De cette manière, les flous sont rejetés en arrière, sur les derniers plans, où l’œil nous les montre naturellement, et nous avons, comme le bon sens et l’habitude le veulent, un premier plan net dans son ensemble et aussi près de nous, que si nous n’avions pas supprimé celui qui existe réellement.
De tout ce qui précède, nous concluons que le grand art du photographe actuel procède d’une extrême sobriété de détails dans le choix des sujets, car de cette unité dépend le maximum d’effet. Cet art demande en plus une immense habitude des jeux de couleur photographique.
Sobriété de détails. — Loi des contrastes particulière au photographe. — Lignes magistrales à rechercher. — Composition sobre et large du tableau photographique.
Que cet artiste soit toujours sur le qui-vive des disparates choquants; la loi des contrastes est pour lui
toute autre que pour le peintre; où ce dernier ne voit que des tons homogènes, l’autre saura découvrir assez d’opposition pour faire un tableau parfait. Nous le savons, la grâce dans les détails a un charme extrême, abandonnons-nous à elle seulement dans de délicates petites pages où nous serons inimitables, et quand nous chercherons à composer un tableau comprenant un fragment complet de la nature extérieure (car nous ne pouvons agir autrement), faisons-le sobrement et surtout largement.
Que nos lignes magistrales s’enfuient et s’enfoncent derrière des horizons à leur valeur, et que nos premiers plans, nets et accusés, étincellent de lumière et des détails que nos yeux y voient d’habitude. Nous ne pouvons mieux faire que de rappeler le dicton de La Fontaine : « Ne forçons point notre talent... » Persuadés que nous sommes qu’il doit être toujours présent à la mémoire du photographe ami de l’art, et vraiment désireux de créer en ce genre quelque chose de sérieux, et qui le distingue de la multitude des œuvres hâtées et mercantiles des producteurs les plus nombreux.