TRI3I0LET
P I G A L. — Danseur.
de chapeau : gibus sur uuc tête féminine, bonnet à fleurs et rubans sur le chef du cavalier. Revue maintenant, cette toile peut nous faire deviner le sort réservé à certains tableaux de genre qui décrochent au Salon les suffrages du public amateur de gaudrioles.
Mais la décadence qu'il faut prédire dès aujourd'hui, si tant est que son heure ne soit pas déjà venue, c'est celle des célèbres Mayeux de Traviès.
Ce caricaturiste suisse (1804-1859), s'il n'avait pas inventé le vilain bossu, s'il l'avait trouvé dans quelque carrefour, lui avait du moins refait une virginité. Ah ! ce père Duchêne sans passion, cet amoureux sans excuse, ce fanfaron ignoble, que pouvait-il bien représenter ? De qui pouvait-il être la caricature ? Comment nos pères ont-ils pu rire de tant de difformité jointe à tant de bêtise ? Champfleury s'est donné la peine de rechercher les origines de Mayeux, et il a vu en lui un descendant du dieu Priape. Cela est possible; mais cela prouverait simplement qu'il est des religions __ bien déchues.
Les Mayeux de Traviès sont peutêtre un peu mieux dessinés que ceux de ses nombreux concurrents anonymes ou obscurs, que ceux, par exemple, qu'estampille la signature de Robillard (?). Ils ne sont pas plus attrayants. Les bonnes fortunes de ce coureur bombé ne nous intéressent plus, ses vantardises ne sauraient nous dérider. C'est que nous sommes devenus peut-être plus exigeants, et qu'il nous ftiut dans la gaieté, ou beaucoup d'art, ou beaucoup de profondeur. Mayeux n'est ni assez fantaisiste, ni assez vraisemblable.
A de rares intervalles, on rencontre certaines scènes un peu plus philosophiques : celle, par exemple, où le petit monstre, coiffé du tricorne légendaire, prend une pose historique, se campe devant
P I G A L. — Académicien.
une statuette de Napoléon I" et s'écrie : ce Tonnerre de Dieu '. comme je lui ressemble ! » Cela est presque observé.
Malheureusement, Traviès était plus rêveur qu'observateur, mauvaise disposition