III
gravé par de Long-ueil. En tête du /// Baiser, page 69, gravé par de Launay. Cul-de-larape, page 74, gravé par Aliamet. En tête du IV Baiser, page 75, gravé par Baquoy. Cul-de-lampe, page 77, gravé par Ch. Lingée. En tête du V Baiser, page 78, gravé par Aliamet. Cul-de-lampe, page 79, gravé par Baquoy. En tête du VI Baiser, page 80, gravé par Née. Cul-de-lampe, page 82, gravé par Ponce. En tête du VII Baiser, page 83, gravé par Ch. Lingée i. En tête du VIII Baiser, page 87, gravé par de Longueil. Cul-de-lampe, page 89, gravé par de Longueil. En tête du IX Baiser, page 90, gravé par Massard. Cul-delampe, page 93, gravé par Massard. En tête du X Baiser, page 94, gravé par Masquelier. Cul-de-lampe, page 97, gravé par de Longueil. En tête du A7 Baiser, page 97, gravé Baquoy. Cul-delampe, page 101, gravé par Baquoy. En tête du XII Baiser, page 102, gravé par de Launay. Cul-de-lampe, page 104, gravé par de Launay. En tête du XIII Baiser, page 105, gravé par de Launay. Cul-de-lampe, page 105, gravé par de Lannay. En tête du XIV Baiser, page 107, gravé par Née. En tête du XV Baisei\ page 109, gravé par Massard. Cul-de-lampe, page 112, gravé par Née. En tête du XVI Baiser, page 113, gravé par Ponce. Cul-de-lampe, page 117, gravé par Massard. Entête du XVII Baiser, page 118, gravé par Aliamet. Cul-de-lampe, page 125, gravé par de Launay. En tête du XVIII Baiser, page 126, gravé par Masquelier. Cul-de-lampe, page 127, gravé par Aliamet. En tête du XIX Baiser, page 128, gravé par de Launay. Cul-delampe, page 131, gravé par Binet. En tête du XX Baiser, page 132, gravé par Baquoy. Cul-de-lampe, page 133, gravé par Masquelier.
Les 47 dessins originaux à la mine de plomb, auxquels étaient joints 47 épreuves de graveur et un certain nombre d'eaux-fortes étaient adjugés à 321 francs à la vente Renouard. Ils sont aujourd'hui chez le baron de Rothschild.
Ces trois chefs-d'œuvre du charmant estampier, ces trois livres décrits, je vais passer une revue des principaux livres illustrés par le petit maître.
1. Le cul-de-lampe du « VII Baiser » est du dessin de Marillier, ainsi que le cul-de-lampe du « XIV Baiser. «
El s EN. r>!S
Ce sont encore des livres de poésie et toujours des livres de Dorât :
Les Lettres Portugaises dont les 13 dessins originaux à la mine de plomb sur vélin se vendaient 29 francs à la vente Renouard, et étaient acquis par M. le duc d'Aumale avec la collection Cigougne. Les Lettres d'une Chanoinesse. La Déclamation Théâtrale, avec ses cinq vignettes gravées par de Ghendt, dont je possède les premières pensées du frontispice et de la Comédie et de la Musique.
l^uis, viennent des poésies du marquis de Pezay, de Blin do Sainmore, de Durosoi, de Vadé, de Voltaire. Zélis au Bain, dont les 8 dessins originaux- vendus 161 francs à la vente Reno^ard, sont chez Madame Salomon Rothschild. La première pensée du « Bain de Zélis » est dans ma collection. Les HéiioiDES, avec ses en-tête et ses culs-de-lampe presque dignes de figurer dans les « Baisers ». Les Sens, dont je possède la première pensée de l'Ouïe. Phrosine et Mélidor, avec ses huit vignettes gravées par Baquoy. Le Tableau de la Volupté, 1771. Les Œuvres diverses de Grécourt, édition de 1761, avec les vignettes gravées par Baquoy. La Pipe cassée, dont les quatre dessins à la mine de plomb, repris à la plume, sont chez M. Rœderer. La Henriade^, édition de Duchesne 1770, dont huit premières pensées, des vignettes et de deux en tête, sont daift ma collection. Les Métamorphoses d'OviDE (traduction de l'abbé Banier). Les 57 dessins originaux d'Eisen à la mine de plomb, joints à ceux de Boucher, Moreau, Monnet, Gravelot, provenant de la vente Renouard , se vendaient 810 francs à la vente de Thibaudeau, sans les dessins de Boucher. Neuf premières pensées de ces dessins : Les Géants Foudroyés; Persée délivre Andromède, Actéon dévoré par ses chiens. Biblis en fontaine, etc., sont dans ma collection. Et n'oublions pas, dans un autre genre, la Christiade, gravée par le Mire, avec ses 23 petites illustrations du début d'Eisen.
Citons dans les ouvrages d'imagination en prose : Éloge de la Folie (traduction de Gueudeville, 1731). Les quatorze dessins originaux à l'encre de Chine, signés et datés de 1757, vendus 200 francs à la vente Blondel d'Azincourt, sont,
1. Trois dessins à la mine de plomb pour les tragédies de Voltaire se vendaient 9 1. 1 sol. à la vente du 19 novembre 1783.
aujourd'hui, chez M. le comte de Villeneuve. Le Temple de Cnide, par Montesquieu, édition de 1772. Les dessins originaux d'Eisen joints à ceux de Le Barbier, réunis dans un exemplaire de l'édition de 1794, se sont vendus 150 francs à la vente du prince d'Essling, en 1839. Ils sont, aujourd'hui, chez M. Duriez de Verninac. Angola (Histoire Indienne), édition de 1752, avec son fleuron des deux titres, ses deux en-téte, ses quatre vignettes, gravés par Maisonneuve et Tardieu. Les Epreuves du Sentiment par Baculard d'Arnaud (édition de 1775). Vingt dessins originaux à la sanguine et à la mine de plomb, chez M. le comte de Villeneuve. Des premières pensées de ces dessins, chez M. de Portalis et dans ma collection*. Les Epoux malheureux (édition de 1783), avec les grandes vignettes d'Eisen, gravées par Macret, Gutenberg. Un exemplaire avec des numéros inconnus à M. Cohen, contenant 14 pièces avant les noms des artistes et 3 pièces avec des noms, passait à la vente du 2 décembre 1878.
Dans les livres de toutes sortes : Introduction a l'Histoire MODERNE de l'Univers, par Puffendorf (édition de 1753-1759). Les 32 dessins originaux d'Eisen, contenus dans un exemplaire on grand papier, ont été vendus 400 francs, à la vente Blondel d'Azincourt. — La Theriacade. Poème héroïque comique, avec ses 9 pièces gravées par de Ghendt. — L'Oraison funèbre du Roi d'Espagne avec ses en-téte gravés par Le Mire. — Les Campagnes de Louis XV, avec les onze vignettes et médaillons gravés par Baquoy, de la Fosse, Legrand, Lempereur. — Histoire DES Ordres royaux hospitaliers militaires de Notre- Dame DE Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, par Gautier de Sibert (Imprimerie Royale, 1772). Les dessins originaux sur vélin contenus dans un exemplaire du livre se vendaient 175 francs à la vente du prince d'Esling, en 1825 ; 49 francs à la vente du comte de La Bédoyère, en 1837.
Quelques livres du temps n'ont pour illustration qu'un frontispice. Ce sont : a Voyages dans l'autre Monde ou Nouvelles littéraires de celui-cy », frontispice gravé par Sornique. — Affiches, Annonces et Avis Divers, frontispice gravé par Dela-
1. Quelques entête, dessins à la mine de plomb, qui semblaient avoir été exécutés pour les œuvres de Baculard d'Arnaud passaient à la vente du 15 avril 1863.
KISEN. 57
fosse. — Ai.MANACii Historique et Chronologique de tous les spectacles, chez Duchesne 1752. — Les Songes du Printemps, frontispice gravé par Tardieu de la Montague. — Lettres Turques, revîtes, corrigées et augyneiitées, frontispice gravé par Sornique. — Bibliothèque de M^ la Dauphine, frontispice au bas duquel il y a : Eiaen invenit sculpsit. 1770. Cette composition re})rësente Marie-Antoinette couronnée par les Grâces. La même composition gravée. Sous ce titre : Les Grâces couronnent la Protectrice des Sciences et des Beaux-Arts. Dans celle-ci les Grâces sont nues.
Et il y a dans l'Œuvre d'Eisen, du cabinet des Estampes, un frontispice minuscule sans nom d'auteur et sans indication du titre, où se voient une Amérique et une Asie dans la rocaille, un frontispice pour quelque almanach in-32. Quelques livres ont deux frontispices ainsi que des Lettres péruviennes de l'édition de 1752, et le Joujou des Demoiselles, contenant les deux grandes vignettes de Vénus jouant avec l'Amour, gravées par Le Mire.
Parmi les illustrations non gravées : 56 dessins à la plume et lavés pour les Contes de La Fontaine et dont le catalogue dit : « Ils ne sont pas gravés », passaient sous le n» 148, à la vente du peintre Aved, en 1766.
Motifs de dessin industriel. Ex libris. Adresses.
Premiepv Livre (Vune Œuvre suivie contenant différents sujets de Décorations et d'Ornements comme Vases, Tombeaux, Niches, Fontaines, Gt^oiipes, Figures, Statues à l'usage des Architectes, Sculpteurs, Ciseleurs, etc., par Charles Eisen, Peintre et Dessinateur..., chez François, au Triangle d'or. Cahier de onze pièces, y compris le frontispice. — Second Livre de fragments à l'usage de différents artistes. A Paris, chez l'Auteur, quai de la Tournelle à côté de la Manufacture de Faïence. Ce cahier de six feuilles porte : C. Eisen inv. et del. — Troisième Livre de Fragments à l'usage des Artistes. Ce cahier de six feuilles porte : , Longueville sculp. — Quatrième Livre de Fragments à l'usage des Artistes. Ce cahier de six feuilles porte : Longueville sculp. — Divers sujets de chasse pour les tabatières, utils (sic) à différents artistes, dessinés par Vigilex et Eisen. Paris, Demarteau l'aîné, avec privilège du Roy. Cahier de six planches. —
L'Ivoire, portant le n» 217 du catalogue de M. de Menars, gravé par M. de Menars. Le dessin d'Eisen a passé dans une vente de ces dernières années. — Concert Mechaniql'e, inventé par R. Richard. Exposé à la BUAiothéque du Roi, 1769. Gravé par de Longueil. Dans un second état le lustre est effacé. — Un écusson armorié au milieu de deux cygnes, avec au-dessous : De la bibliothèque de M. de Mailly Châteaurenaud. Gravé par de Ghendt. — Armoiries entourées de casques, d'attributs de peinture parmi lesquels se trouve un buste de femme. Gravé par Aliamet. — Armoiries surmontées d'une banderole au-dessous de laquelle sont assis des amours ayant à leurs pieds un miroir et un caducée. Gravé par Aliamet. — Armoiries soutenues par deux lions au-dessous desquels est un casque empanaché. Gravé par Le Mire. — Encadrement de l'ÎNDULGENCE plénière dowîée à perpétuité, par le pape Clément XI, aux fidèles qui visiteront l'église de Saiîit-Luc en la Cité (Planche faite avec les deniers de ladite confrérie, en 1760). ~ Le Sr Magny, Ingénieur pour l'Horlogerie, les Instruments de Mathématiques et de Physique, ainsi qu'en Mécanique. A l'abbaye S' Germain, Cour des Religieux, vis-à-vis la grande Grille, au Roy Childebert. Gravé à l'eau-forte par Eisen et terminé au burin par Ingram. — Deux adresses différentes de Daumont, marchand d'estampes, rue Saint-Martin (Pièces citées dans le catalogue de Paignon Dijonval). Et je serais tout disposé à croire qu'un Avis pour les perso7ines qui portent
perruque du S^ Bouchot Avis surmonté de deux amours,
dont l'un tient une trompette de Renommée, dont l'autre prend, avec un compas, la mesure d'une tête sur un buste, doit être attribué à Eisen.
Maintenant quelques dessins non gravés de cette série.
Dans la vente du 28 février 1877: Attributs artistiques et guerriers, surmontés des armes de la maison de Montbarrey, formant les encadrements des États de troupes et des états-majors de places, années 1759, 1760, 1761, 1764, 1765, 1766, 1768, 1769. Huit aquarelles sur traitde plume, signées et datées 1777 etl778 (H. 12 c, L. 8 c).
Dans la même vente, un billet de bal pour le mariage du Dauphin, père de Louis XVI, en 1745. « Les fiancés sont représentés soutenus par des Amours ; au-dessus, le roi Louis XV, dans un médaillon entouré de feuilles de chêne, se détachant
sur uu soleil. A droite et à gauche, des palmiers que de petits amours eutoureut de guirlaudss de fleurs. » Dessin à l'encre de Chine (H. 18 c, L. 25 c).
Le baron Portalis indique chez M. Destailleur 7 cartouches d'armoiries, 7 dessins lavés à l'encre de Chine, signés et datés
Dans ma collection : Amours attachant au milieu des plis de deux drapeaux croisés un écusson représentant un coq la tête levée vers ime étoile et que surmonte une banderole oîi est écrit : Vigct Aiidax. Projet de décoration pour lambris, dans la marge duquel on lit de la main d'Eisen : Charles Eisen, pour les panaux (sic) de derrière. En mon livre des « Pensées » d'Eisen se trouvent aussi 5 ou 6 croquetons minuscules à la forme ronde ou ovale, représentant d'imperceptibles mythologies qui me semblent avoir été destinées à faire des dessus de bonbonnières.
Principes de dessin. Académies. Têtes d'expression. Cours de paysage.
Un lion, un tigre, deux panthères, une hyène, un rhinocéros, un cerf, une autruche, un ours; gravés par Le Mire,' Aliamet, etc. Huit petites planches de commerce qui me semblent de la jeunesse d'Eisen.
Amour du dessein ou Cours du dessein dans le yoût du crayon, à Paris, chez Finançais, graveur, à l'Hôtel des Ursins, au Triangle d'or^ 1757.
Feuille d'avertissement avec le titre dans une banderole soutenue par un amour volant, en imitation de sanguine, signé Ch. Eisen. 1. Académie d'homme assis, la tête retournée, le corps vu de profil. — 2. Vieillard drapé tenant un grand livre.
— 3. Une planche contenant un berger couché à terre, avec une étude de pied et de main. — 4. Tête de vieux Turc. — 5. Tête de femme coiffée d'un turban. — 5. Tête de femme de trois quarts enveloppée dans une fanchon. — 6. Tête de femme au corsage décolleté en carré, au collier de ruban. — 7. Tête d'enfant, les épaules nues. — 8. Tête d'enfant, les yeux baissés.
— 9. Tête de vieillard à la grande barbe blanche. Ces neuf feuilles, indépendamment du frontispice, portent gravé chacune : Ch, Eisen.
Trois enfants, dont lun prie et l'autre pleure, gravés par Bonnet, en imitation de crayon. — Une figure académique d'homme, gravée par Bonnet, en imitation de crayon. Estampe en largeur.
Tète de jeune femme penchée à droite. — Tète de jeune fille ;i[)puyée sur sa main droite. Ces deux têtes sont gravées par Bonnet en imitation de dessin, au crayon noir rehaussé de blanc sur papier bleu'. — Tète de jeune fille, par Demarteau, en fac-similé de crayon noir. — Tête de vieillard, par Demarteau, en imitation de crayon.
Principes de paisage, pour oppre7idre à dessiner à la plume, dédiés à Mademoiselle de Malezieux, et gravés d'après les dessins de M. Eisen, par M. C.-P.-D.-G.
Paysage au bord de l'eau. Gravé par de Mechel. Petite pièce rare.
Parmi les dessins de cette série non gravés :
Dans le catalogue Paignon Dijonval, une figure académique d'homme assis, dessin à la pierre noire sur papier blanc, daté de 1763 (H. 10 p., L. 16 p.).
Dans le catalogue du prince de Ligne, 1794. Deux têtes de vieillards vues de profil, joliment esquissées à la plume, légèrement lavées d'encre de Chine.
L Le catalogue Paignon Dijonval signale sous le no 9045, au nom de Bonnet, neuf estampes de différentes formes et grandeurs représentant des têtes d'hommes et de femmes qui auraient l'air d'être un cahier de principes, dessins autres que celui de P'rançois.
in.
Jean-Michel Moreau, plus connu sous le nom de Moreau le jeune, naquit à Paris, le 26 mars 1741. Son père était un perruquier de la rue de Bussy, qui prit plus tard une manufacture de faïence. L'enfant, qui devait être le dessinateur des dernières fêtes de la cour et des suprêmes élégances du xvni^ siècle, eut pour parrain un camarade de son père, perruquier comme lui, et pour marraine la femme d'un marchand de vin K
Dans la notice manuscrite, mise en tête de l'œuvre de l'artiste à la Bibliothèque Nationale par la piété
1. Nous devons à l'obligeance de M. Mahérault les actes de Tétat civil de J.-M. Moreau. Voici son acte de naissance, extrait des registres de baptême de la paroisse Saint-Sulpice, 1741 :
« Le 27 mars 1741 a été baptisé Jean-Michel, né hier, fils de Gabriel Moreau, perruquier, et de Marie-Catherine Villeminot, son épouse, demeurant rue de Bussy; le parrain Jean-Batiste Yvernault, maître perruquier, la marraine Michelle Villeminot, femme de Remy Darlot, marchand de vin. >>
de sa fille \ M"'' Vernet dit en parlant de son père : « Il serait difficile de dire à quel âge il entra dans la carrière des arts. Sa mémoire, quelque bonne qu'elle fût, ne le lui rappelait pas, et, pour lui, avoir commencé de vivre et avoir dessiné était exactement une seule et même chose. » L'amour instinctif du dessin, l'occupation du crayon, ont pu être, chez Moreau, aussi précoces; mais, chose bizarre, des témoignages amicaux attestent que le développement de son goût, la formation de son talent, furent pénibles et longs. L'artiste sarracha laborieusement à lui-même. Il fut obligé de disputer le succès à une sorte de premier sommeil de ses facultés, à un engourdissement qui donnait à son travail un effort ressemblant à un ruminement lourd. Lui-même racontait et confessait à Lemonnier la dureté de ses efforts longtemps infructueux, les déboires du commencement de sa carrière, et l'injurieux baptême que lui avait valu de ses camarades le malheureux labeur de sa patience : on l'appelait le Bœuf-. Sa première jeunesse se passa ainsi dans la lutte, mais dans une lutte où il fut soutenu^ encouragé, entr'aidé, poussé et porté en avant par l'émulation fraternelle avec un frère de deux ans plus âgé que lui, qui sera plus tard le gouacheur, l'aquarelliste, le
\. Cette notice, publiée par les Archioes de l'Art français, ne diffère guère que par quelques phrases insignifiantes de la notice de Feuillet, insérée au Moniteur de 1813, n» 355.
2. Notes biographiques sur Charles Norry et sur Moreau le jeune, par Lemonnier (écrites à la sollicitation de la Société philotechnique dont Moreau faisait partie).
MORKAU. 05
peintre méconnu, un des inspirateurs de la couleur future du paysage anglais sur la toile et le papier : Moreau l'aîné.
Il avait dix-sept ans quand son maître, le peintre Le Lorrain', était nommé directeur de l'Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg. Il le suivit en Russie, allant chercher la fortune dans le pays, où son petit-fils devait un jour être reçu avec tant de gloire. Moreau était nommé là professeur de dessin à l'Académie impériale de peinture et de sculpture. Mais en 1759, après dix-huit mois de séjour, son maître était venu à mourir. Moreau, se trouvant isolé et dépaysé, renonçait à sa place, à l'avenir qu'assuraient en ce temps-là les pays de glace aux Français de talent; et il revint à Paris. Le voyage, du reste, lui avait profité : le long trajet à travers la variété des peuples, la nouveauté de ces pays lointains, le caractère de ce bout du monde de l'Europe,
1. Les renseignements sont assez maigres sur ce peintre fort peu connu. Un catalogue de vente, sans date, donne la description des tableaux, dessins, estampes, bronzes, marbres, stucs, bras de cheminée et feux dorés d'or moulu, dont il est obligé de se défaire, ayant eu l'honneur d'être choisi par l'Impératrice de Russie pour être son peintre. La Blancherie dit qu'à son retour de Russie il fit plusieurs plafonds en cire colorée pour le comte de Caylus et des dessins de meubles dans le goût antique pour M. de Lalive de Jully, qu'on préférait aux ouvrages de Boule. Il a peint pour Saint-Roch une sainte Irène. Et à la vente du marquis de Menars passent sous son nom quarante dessins d'études et compositions faites pendant son voyage de Russie, les uns lavés à la sanguine, les autres à la pierre noire, avec un portrait de l'impératrice de Russie, fait en 1758.