DE L INVKNTIOX DE WATTEAU
Feste bachique, La Balanceuse, Partie de chasse, Le May,
par Moyreau, Le Bas, Pcoila, Aveline. — Diverses figurer CHINOISES peintes au château de la Muette; 1, Geng; 2, Femme de Matsmey; Z, Kouane Tsaï; 4, Poî Nou; 5. Con Fovi; 6, Thc.v Kiene; 1, Lao Gine; 8, Chao-Niène; 9, Koui Nou; 10, Nikou; 11, Tao Kou; 12, Femme du royaume de Nec pal, par Boucher. — — Diverses figures chinoises et tartares, peintes au château de la Muette. 1, Bonze des Tartares Mongous; 2, Femme du pays de Lassa; 3, Mandarin d'armes du Leatung; 4, Fille du royaume dAva; 5, Chef des Samar de Tlevang Raptan ; 6, Talegrapat ; 1, Officier tartare des Kuskas; S, Femme du pais de Laos; 9, Talegrepo; 10, Huo-Nu; 11, Mov-Thon; 12. Hia-Theo ou Esclave chinoise, par Jeaurat. — Viosseu ou Musicien chinois, Femyne danoise de Kouei-Tchëou, Habillemens de Soutchevene, Habillemens de Hou-Kouan, La déesse Thvo Chvu, Idole de la déesse Ki Mao Sao, par Aubert, d'après six autres peintures du château de la Muette. — Le Vendangeur, Bac- CHUS, Le Frileux, L'Enjôleur, par Moyreau et Aveline. — Le Faune, Le Buveur, Momus, La Folie, par Aveline et Moyreau. — Le Bouffon, La Chasseuse, par Huquier. — Le Berger empressé, La Jardinière Fidèle, par Huquier. — La Grotte, Le Berceau, Le Théâtre, La Déesse, par Huquier. — L'Air, L'Eau, La Terre, Le Feu, par Huquier. — Le Printemps, L'Été, L'Automne, L'Hiver, par Boucher. — Les Oiseleurs, Le Repos des pellerins, LTnnocent Badinage, Les plaisirs de la jeunesse, par Huquier. — Apollon, Diane, par Huquier. — La Danse bachique, par Huquier. — La Voltigeuse, par Huquier. — Danse autour d'un mai, sans nom de graveur. — Le Dénicheup. de moineaux, par Boucher. — Les Singes de Mars, par Moyreau. — La Déesse, par Huquier. — L'Escarpolete, par Crépy tîls. — L'Empereur chinois. Divinité chinoise, par Huquier. — Le Galant, par Audran. — La Pèlerine ALTÉRÉE, par Huquier. — Le Temple de Neptune, Le Temple de Diane, par Huquier. — Le Printemps, L'Été, L'Automne, L'Hiver, quatre compositions dans des ovales, par Huquier. — Le Printemps, L'Esté, L'Automne, L'Hiver (les quatre feuilles du paravent de Blondel de Gagny), par Huquier. Un temps de pluye. Une Naissance de Vénus, par Huquier. — Les Enfants de Momus, La Cause badine, par Moyreau. — L'Hyver, L'Automne, par Huquier. — Le Rendez-vous, L'Amusement, par Huquier. — Le Chasseur content, Le Repos gra-
ciEux, par Huquier. — Le Duo champêtre, Le Repos champêtre, par Huquier. — Le Berger content. Le Marchand d'orviétan, par Crespy fils. — La Favorite de Flore, L'Heureux Moment, par Moyreau. — Les Jardins de Cythère, Les Jardins de Bacchus, par Huquier, — Colombine et Arlequin, par Moyreau. — Vénus et l'Amour, par Caylus, — Vénus BLESSÉE PAR l'Amour, par Caylus et Aveline. — Paravent a SIX feuilles, 1. Berger jouant de la flûte près de sa bergère; 2, Berger dansant au son de la flûte; 3, Musicienne pinçant de la guitare; 4, Pierrot debout sur un tapis; 5, Arlequin debout sur un tapis ; 6, Deux amants causant, six pièces par Crépy. — Dessus de clavecin, d'après le dessin original inventé par Watfeau, par Caylus. — L'Odorat, L'Ouïe, Le Goût, Le Toucher, La Veue, TAlliance, six écrans gravés par Huquier. — L'Hiver, Le Printemps, L'Esté, L'Automne, quatre écrans gravés par Huquier. — Le Printemps, L'Esté, deux écrans gravés par Huquier. — L'Ouïe, Le Goût, L'Odorat, La Vue, quatre arabesques sans nom de graveur et publiées en Allemagne. — Un cartouche, par Moyreau. — Les Canards, par Jeaurat. — La Coquette (éventail), par Boucher.
A ces estampes, gravées pour la plupart d'après les tableaux de Watteau, il faut joindre les nombreuses planches gravées d'après ses dessins, parmi lesquelles sont les 350 eaux-fortes des Figures de différents caractèPvES, sans compter les pièces inédites de l'exemplaire de l'Arsenal et du Cabinet des estampes. On a encore gravé d'après les dessins : Suite de figures inventées par Watteau, gravées PAR SON ami g*** (Caylus), 70 planches qui ne sont qu'un second tirage des Figures des différents CARACTÈRES. — FiGURES DE MODES dessiuées OU gravées par Watteau; Le porte-balle, par Jeaurat; La Pèlerine, par Jeaurat; Femme assise à gauche, par Thomassin fils; Homme assis sur un banc de pierre, par Déplace. — Figures françoises et comiques, Le promeneur tenant sa canne de la main droite, par Cochin; Poisson en habit de paysan, par Desplace ; Demoiselle de qualité coiffée en cheveux, par Thomassin fils; Dumirail en habit de paysan, par Desplace; Officier en surtout, par Desplace ; iMii<i Desmares jouant le rôle de Pèleri7ie, par Desplace ; Pèlerine de liste de Cythère, par Desplace. — Livre de différents CARACTÈRES DE TÊTES INVENTÉES PAP», WaTTEAUX ET GAR-
VBS d'après SES DEssiN's PAR FiLLCEUL, 30 estamj.es. — Livre
L'ART DU XVIll» SIÈCLE.
12 estampes aravees par
ville, etc
Lorsqu'on entreprend de parler de l'art du xviii® siè cle, de toucher à la mémoire de ses artistes, il vous prend, au seuil de cette étude, un grand sentiment de tristesse, une sorte de mélancolique colère. Devant ce prodigieux exemple d'oubli, devant l'excès d'ingratitude et l'insolence de mépris d'une première postérité pour le grand siècle d'art de Louis XV, on se prend à douter des justices de la France. On se demande si la mode est tout notre goût, et si notre orgueil national lui-même ne relève pas de la mode avec la conscience de nos jugements. Quoi ! se dit-on, c'est la France, la France si jalouse de ses autres gloires, qui a négligé celles-là, sorties pourtant toutes vives de son tempérament, de son caractère, de ses entrailles, frappées à l'image de tous ses traits î C'est la France qui, pendant tout un demi-siècle, a refusé de reconnaître les artistes vraiment nés d'elle, ses Maîtres français, les vrais fils de son esprit et de son génie!
Et cela, pendant qu'autour ^3 nous, les nations voisines entouraient de leur admiration fervente, de leur culte pieux, leurs plus petites célébrités d'art; pendant qu'à l'étranger, la popularité, la publicité, l'éloge, la biographie, le bruit des ventes, l'argent du grand seigneur et du banquier descendaient aux moindres artistes, aux plus humbles décadents nationaux! Là, point de retour, point de changement, point de révolution de doctrine enterrant un genre ou un homme : nulle immortalité n'y vieillit; et le temps, en passant sur les œuvres et sur les noms, ne fait que leur apporter cette consécration du respect et de la tradition qui finit par repousser la critique comme une insulte et l'examen comme un blasphème.
Reportons-nous au commencement de ce siècle : le goût français fait amende honorable, désaveu public de tous les Maîtres du xviii^ siècle, petits ou grands. Leurs œuvres sont jetées à l'étalage des quais, moisissent au plein vent des murs et des bornes, ou passent à l'étranger et quittent cette France trop pauvre aujourd'hui pour les racheter. Personne ne s'en inquiète, personne n'en veut, personne ne les regarde. Les administrateurs du Musée laissent retirer à cinq cents livres le plus beau morceau du maître de Boucher, « l'Hercule etOmphale » de le Moyne, cette éclatante page, le digne frontispice de la peinture du xviii'' siècle. A peine s'il reste encore quelques amateurs assez osés pour se laisser tenter par le bon marché, pour acheter de l'art de
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Louis XV; encore achètent-ils à la dérobée, presque avec honte, cachant leur achat comme une folie, un caprice, un libertinage de curiosité, une débauche de collectionneur. Et l'histoire de ces Maîtres dont les œuvres semblent quelque chose de compromettant pour une galerie et de déshonorant pour un mur, qui songe à la sauver? Elle s'éteint peu à peu chaque jour, et on la laisse s'éteindre avec les contemporains qui s'en vont; les témoins meurent, les traditions s'effacent; point de papier qu'on veuille perdre à jeter des notes sur des artistes honnis et une école pourrie, dont nous enseignerons le mépris à l'étranger même.
Triste temps de goût correct! « L'Embarquement pour Gy thère » , ce chef-d'œuvre des chefs-d'œuvre de Watteau, cette toile enchantée où l'esprit court dans des personnages comme une flamme dans des fleurs, ce poème de lumière que l'on peut, dans n'importe quel musée, appprocher de n'importe quel tableau, TEmbarquement pour Gythère, savez-vous où il est enfoui, caché, jeté? Dans une salle d'étude de l'Académie, où il sert de point de mire aux risées et aux boulettes de mie de pain des rapins de David M
Nul n'échappe à l'abandon, aux dégoûts de l'époque, à ce parti pris d'injustice, à cette conspiration d'aveuglement. La Tour, ce grand peintre qui touche tous les yeux par la vie du dessin, ce peintre de la physionomie française, La Tour, que se vend-il? Les
1. Lettres d'un artiste sur l'état des arts en France, etc., par P.«N. Bergerel. Paris, 184S.
portraits de Crébillon et de M™° de Mondonville ont bien de la peine à s'élever à 20 et à 25 livres ; le Rousseau assis sur une chaise, répétition de celui que La Tour avait fait pour le duc de Luxembourg, est relire à 3 francs, prix qu'il ne parvient pas à dépasser. Et pour Chardin c'est une dérision pareille. A la vente Lemoyne, son « Dessinateur » et son « Ouvrière en Dentelles» se donnent pour 40 francs; à la vente Sylvestre, les deux pastels du Louvre, son portrait et celui de sa femme, combien les paye-t-on? 24 livres, et pas un sol de plus!
Mais, après tout, qu'importent les prix? qu'importe la vogue? x\vant cent ans, Watteau sera universellement reconnu comme un maître de premier ordre; La Tour sera admiré comme un des plus savants dessinateurs qui aient existé, et il n'y aura plus de courage à dire ce que nous allons dire ici de Chardin, qu'il fut un grand peintre.
Les peintres de mœurs naissent vokntiers et comme naturellement à Paris. Jean-Baptistc-Siméon Chardin y naquit le 2 novembre 1699 ^ ^on père
1. L'obligeance de M. Désaugiers nous permet do donner ici, pour la première fois, d'après les Archives de l'état civil, tous les actes de la vie de Chardin. Voici son acte de naissance : « Paroisse de Saint Siill)ice, 1699. Ledit jour troisième novembre, a été baptisé Jean-biiinéon, né le jour précédent, fils de Jean Chardin, maître-menuisier, et de Jeanne-Françoise David, sa femme, demeurant rue Ce Seine, maison du
était un menuisier habile et renommé dans son métier, qui avait la spécialité de fournir au Roi ces billards monumentaux, dont une planche de Bonnart nous a gardé le dessin. Chargé de famille, il ne songeait qu'à mettre un gagne-pain aux mains de ses enfants. Il ne donna donc qu'une instruction tout ouvrière à Jean-Baptiste-Siméon, son aîné, qu'il destinait à sa profession, jusqu'au jour où la vocation de peinture du jeune homme commençant à éclater et à s'affirmer, il le laissait entrer, non sans résistance, à ce qu'on peut croire, dans l'atelier de Gazes, un peintre du Roi, alors fort en vogue.
Chez Gazes, rien n'apparaît du peintre que Ghardin devait être. L'enseignement, du reste, était peu fait pour dégager son tempérament ; on copiait des tableaux du maître, on dessinait le soir à l'Académie, et c'était tout. Rien n'y était donné à l'étude de la nature : l'exemple même du maître en détournait. Gazes, trop pauvre pour prendre modèle, peignait tout de pratique en s'aidant de quelques croquis de jeunesse. Ghardin sortit de là, à peu près comme il y était entré. Il était dans sa destinée de tout s'apprendre à lui-même, de se former seul, de ne rien devoir à l'éducation.
Un hasard décida son génie. Noël-Nicolas Goypel, l'ayant fait appeler comme aide, lui donna à peindre un fusil dans le portrait d'un chasseur, en lui re-
sieur jean Chardin; le parrain, Siméon Simonet, aussi menuisier, la marraine, Anne Bourgine, femme de J cques Le lâche, menuisier, laquelle a déclaré oe sçavoir signer. »
commandant de le représenter avec exactitude. L'élève de Gazes avait cru jusque-là qu'un peintre devait tout tirer de sa tête. Étonné du soin mis par Coypel à poser et à éclairer le fusil, il se mit à l'œuvre : c'était la première fois qu'il peignait d'après nature. La vérité, la lumière, la peinture, son art, le secret de voir et de peindre, tout cela lui apparut d'un coup, dans le rayon du jour, sur l'accessoire d'un tableau.
Espèce de manœuvre travaillant aux gages d'un peintre connu, un jour peignant un accessoire dans un portrait, un autre jour employé à cent sols par jour à la restauration d'une galerie de Fontainebleau entreprise par Vanloo , voilà tout ce qu'est Chardin jusqu'ici.
Une chance, une bonne fortune le faisait bientôt comiaître et commençait sa popularité dans la rue. Un chirurgien, ami de son père, l'ayant prié de lui faire une enseigne, un plafond ^ selon le terme du temps, pour sa boutique, Chardin, qui avait pu voir le tableau peint par Watteau pour l'enseigne de Gersaint, tentait une machine pareille, une scène animée et vivante du Paris de son temps, sur un panneau de quatorze pieds de largeur sur deux pieds trois pouces de hauteur. 11 peignait un chirurgien-barbier, portant secours à un homme blessé en duel, et déposé à la porte de la boutique ^ C'est une foule, un bruit,
1. Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de V Académie royale de peinture et de sculpticre, par MM. Dussieux, Soulié, Mantz, etc. Paris, Dumoulin, 1854, voL IL « Éloge de Chardin », par Haillet de Couronue.
un émoi! Le porteur d'eau est là, ses seaux à terre. Des chiens aboient. Un traîneur de vinaujrette accourt; par la portière, une femme, celle peut-être pour laquelle on a dégainé, se penche effarée. Les fonds sont pleins d'un bourdonnement de badauds, d'une presse de curieux qui se poussent, cherchent à voir, à se dépasser de la tête. La garde croise paternellement le fusil contre l'indiscrétion de la curiosité. Le blessé, nu jusqu'à la ceinture, avec son coup d'épée dans le flanc, soutenu par une sœur de charité, est saigné par le chirurgien et son aide. Le commissaire, en grande perruque, marche avec la lenteur grave de la justice, suivi d'un clerc tout noir et tout maigre. Tout cela va, vient, remue dans une peinture de verve, heurtée et de premier coup, dans un tapage de gestes et de tons, dans le tumulte même et le hourvari de la scène réelle. Aussi quelle foule, quel attroupement et quel bel enthousiasme de peuple, lorsqu'un matin l'enseigne apparaît, hissée au fronton de la boutique, avant que personne ne soit levé dans la maison! Le chirurgien, que Chardin n'a pas prévenu, demande ce qu'il y a, et pourquoi tout ce monde : on l'amène devant l'enseigne. Il cherche ce qu'il avait commandé : des trépans, des bistouris , l'étalage de tous les outils de sa profession; il va se fâcher : l'admiration du public le désarme. De proche en proche, le succès du tableau gagna, et ce fut par cette enseigne que les académiciens firent connaissance avec le nom et le faire de Chardin. Combien d'années la laissa-t-on accrochée
100 t;art lu xviii» siècle.
au-dessus de la boutique? Combien de temps demeura-t-elle là où la place le « Journal des Arts* », au bas du pont Saint-Michel? La petite chronique des enseignes de Paris n'en dit rien. Mais on la retrouve passant aux enchères à la vente de Le Bas, en 1783, où elle est acquise pour 100 livres par Chardin , le sculpteur et le neveu du peintre, qui, selon une note manuscrite de notre catalogue, crut retrouver dans ce tableau tous les portraits des principaux membres de sa famille que son oncle avait pris pour modèles. Et ce serait la dernière trace de l'enseigne du Maître, si un fin et délicat connaisseur, un chercheur, M. Laperlier, n'avait eu le bonheur de mettre la main, non sur l'enseigne elle-...: iiie, mais sur une esquisse, une maquette du grand tableau, pochade franche , à toute volée : c'est l'esprit et le feu des derniers maîtres de Veniso; les personnages n'y sont que des taches, mais les taches y font penser à Guardi -.
La rue devait porter bonheur à Chardin. A une autre exposition en plein vent, l'exposition de la place Dauphine, le jour de la Fête-Dieu, il se faisait remarquer par un tableau représentant un bas-relief
1. N' IV, 25 pluviôse an VIII. — On pourrait se demander si elle n'était pas déjà décrochée et en possession de Le Bas, lorsque celui-ci) en 1746, dans une lettre publiée par M. de Chennevières {Archives de l'Art français, vol. III), charge son ami Rehn de prier M. le comte de Tessin « de parler de ce plafond de Chardin ».
2. De cette esquisse, achetée 400 francs, en 1867, à la vente Laperlier par le Musée de Thôtel Carnavabit, et qui a été détruite dans les incendies de la Commune, il ne reste qie la i/^tite eau-forte de mon frère.
en bronze où ses qualités apparaissaient déjù et se jouaient dans le trompe-l'œil. Jean-Baptiste Vanloo lui achetait ce tableau et le lui payait plus cher que Chardin n'osait l'estimer. Au milieu de cela, il restait modeste, et ne songeait guère à l'Académie. Plié aux idées de son père, bon bourgeois qui s'honorait fort d'être membre et syndic de sa communauté et qui ne désirait à son fils d'autre avenir que la maîtrise dans son état de peintre, il se laissait faire, avec l'argent du menuisier, maître de l'Académie de Saint-Luc. Ce fut la dernière réception dont la petite Académie put s'enorgueillir.
En 17!28, à une autre exposition de la place Dauphine, il exposait, avec quelques autres toiles, ce beau tableau de « la Raie» qu'on voit aujourd'hui au Louvre. Devant ce chef-d'œuvre et le peintre qu'il annonçait, les académiciens, amenés là par la curiosité, cédaient au premier mouvement d'admiration : ils allaient trouver Chardin et l'engageaient à se présenter à l'Académie ^ Laissons ici la parole aux « Mémoires inédits sur la vie des membres de l'Académie royale » :
(' Désirant pressentir les opinions des principaux officiers de ce corps, Chardin se permit un innocent artifice : il plaça dans une petite salle, comme au hasard, ses tableaux, et se tint dans la seconde. M. de Largillière, excellent peintre, l'un des meilleurs coloristes et des plus savants théoriciens sur