‹ L'art du XVIIIe siècleChapitre 7 sur 64 · Le Nccrologe de 1780. Éloge de Chardin · texte numérisé non relu

Le Nccrologe de 1780. Éloge de Chardin

les effets de la lumière, arrive; frappé de ces tableaux, il s'arrête à les considérer avant d'entrer dans la seconde salle de l'Académie, où était le candidat; en y entrant : « Vous avez là, dit-il, de très « beaux tableaux; ils sont assurément de quelque « bon peintre flamand, et c'est une excellente école « pour la couleur que celle de la Flandre ; à présent, « voyons vos ouvrages. — Monsieur, vous venez de « les voir. — Quoi! ce sont ces tableaux que...? — « Oui, monsieur. — Oh! dit M. Largillière, présen- « tez-vous, mon ami, présentez-vous. » M. Gazes, son ancien maître, trompé par cette même petite supercherie, accorda également un éloge des plus marqués , ne se doutant pas qu'ils fussent de son élève. On dit qu'il fut un peu blessé de ce tour, mais il lui pardonna aussitôt, l'encouragea et se chargea de sa présentation. Ainsi M. Chardin fut agréé avec un applaudissement général. Ce ne fut pas tout; comme M. Louis de Boullongne, directeur et peintre du Roi, entrait à l'assemblée, M. Chardin lui observa que les dix ou douze tableaux qu'il exposait étaient à lui, et qu'ainsi l'Académie pouvait disposer de ceux dont elle serait contente. « Il n'est pas encore « agréé, dit M. de Boullongne, et déjà il parle d'être « reçu. » Au reste, ajouta-t-il, tu as bien fait de « m'en parler. » (C'était une habitude qu'il avait de s'exprimer ainsi.) Il rapporta, en effet, la proposition, elle fut saisie avec plaisir; l'Académie prit deux de ces tableaux : l'un, un buffet chargé de fruits et a'argenterie ; l'autre, le beau tableau représentant

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