Ce logement fut accordé à La Tour en
LA TOUR
tenoy, auquel il fit avoir, selon une légende des biographes, sa pension de 200,000 livres sur les états d’Artois; Paulmy d’Argenson, Mondonville, Buffon, la Condamine, Duclos, Helvétius, Dupuis, d’Alembert, Diderot, tout le personnel de l’Encyclopédie , l’Académie des philosophes; Restout qu’il appelait « son maître », le sculpteur Lemoyne qui a fait son buste1, Pajou, au mariage duquel, il assistait comme témoin, Gravelot, qui lui dessinait l’encadrement de ses portraits gravés, Carie Yanloo, Pigalle, Vernet, Parrocel, Greuze. Il gagne tout l’argent qu’il veut. A sa table largement servie s’asseyent tous les jours des compatriotes, des amis, dont il promène l’aprèsdînée avec lui dans le jardin de l’Infante2. Au milieu de cette vie de large aisance , d’une simplicité opulente, frottée à toutes les gloires, à tous les grands talents du temps, un billet d’ami, de l’abbé Le Blanc3, nous montre l’artiste passant de son atelier dans les coulisses, allant perdre la fatigue de son travail dans des parties avec les comédiennes, gaies parties, fins soupers, soirées délicieuses, d’où devait sortir la passion qui remplira la vie du célibataire, et fera à l’octogénaire boire ses derniers verres de vin à la mémoire de sa maîtresse. Nommer la femme, la
1. C’est aux dîners de Lemoyne, où venaient Le Kain, l’avocat Gerbier, Grétry, que Mme Lebrun fit connaissance de La Tour. Voyez ses Mémoires.