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MICHEL

François-Émile Michel, né à Metz en 1828, a reçu au lycée de cette ville des leçons de M. Migette et plus tard des conseils de Maréchal, mais sans avoir jamais suivi aucun atelier. Il a pris part à tous les Salons de Paris depuis 1 853, et a obtenu une médaille au Salon de 1868, où figurait la Chasse sur la falaise qui est maintenant au musée de Metz. Un autre de ses tableaux, les Semailles d’automne, acquis par l’État au Salon de 1873, est accroché au musée du Luxembourg, mais hors de portée de la vue.

Quoique ayant toujours vécu loin de Paris, Michel apporte dans son interprétation de la nature toutes les qualités de vérité qui distinguent notre école moderne de paysagistes, mais sans tomber dans les excès où tant d’artistes se sont laissé entraîner par les courants de la mode. Un des privilèges de la vie de retraite est de pouvoir se concentrer dans ses propres observations, et de trouver dans le spec-

tacle de la nature, l’originalité que tant d’autres cherchent en vain dans les théories creuses de l’esthétique.

Le talent de Michel peut se résumer en deux mots : vérité et distinction. Les paysagistes, qui vivent sans cesse en face de la nature et qui trouvent la campagne presque à leur porte, ont en général dans leurs œuvres un cachet de sincérité. Mais il ne suffit pas de voir et de rendre ce qu’on a vu, il faut encore goûter le charme des solitudes agrestes, et savoir communiquer au spectateur les émotions qu’on a

Fig. 255. — Paysage par Emile Michel.

éprouvées. C’est cette note poétique qui fait le charme des paysages de Michel.

Michel s’était fait à Metz une position exceptionnelle : président de l’Académie de cette ville, il a fait souvent à ses collègues de remarquables rapports qui ont été imprimés. Après avoir été, pendant le blocus, administrateur des ambulances, il a quitté sa ville natale tombée au pouvoir des Allemands et est venu porter à Nancy son talent et son activité. Michel a été le principal organisateur de la belle Exposition rétrospective qui a eu lieu en cette ville en 1875.

Fig. 256. — Saint Jean l'Évangéliste, peinture décorative par Monchablon.

MONCHABLON

Monchablon, né en 1 835 à Avillers (Vosges), est fils d’un instituteur. A quinze ans, il dessinait au musée d’Épinal; comme il fallait apprendre un état, il alla dans les ateliers lithographiques de M. Humbert à Mirecourt, et, soutenu par son maître et par M. Malgrat, il obtint de son département une petite pension pour venir à Paris perfectionner ses études. Paul Delaroche venait de fermer son atelier, qui, pendant longtemps, avait été une pépinière d’artistes. Monchablon entra chez Cornu , et ensuite chez Gleyre . Après avoir obtenu, à l’Ecole des Beaux-Arts, tous les succès scolaires, il concourut pour le grand prix de Rome, qu’il obtint en 1863. Ce fut là qu’il fit le Châtiment , les Terreurs de Caïn et surtout la Mort de Moïse, envoi de dernière année qui fit sensation au Salon de 1869. La guerre de 1870, où il fut appelé au service de son pays, jeta une interruption fâcheuse dans sa réputation naissante. Mais une Sainte Famille faite pour l’église Saint -Nicolas-des-Champs en 1872, les Quatre Evangélistes exécutés pour le grand séminaire d’Angers, les peintures décoratives commandées par M. Chevreau, l'ancien ministre, le Christ exposé en 1875, témoignent de l’activité de l’artiste en même temps qu’elles accusent ses goûts pour la peinture monumentale. M. Monchablon a fait aussi plusieurs portraits, entre autres ceux de MM. de Cumont, Buffet, etc.

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