LAURENT PELLETIER
Laurent Pelletier, quoique n’appartenant pas à la Lorraine par la naissance, se rattache à l’école de Metz ; c’est dans cette ville qu’il s’est fait connaître par ses belles aquarelles, et il a été pendant de longues années professeur de lavis à l’École d’application
Fis- 257. — Le Coup de vent, aquarelle de Pelletier.
de 1 artillerie et du génie. Les aquarelles de Pelletier lui ont valu, en 1841 et 1846, deux médailles aux Salons de Paris. C’est toujours dans le pays messin qu’il choisit ses motifs de paysage, empreints généralement d’un caractère sauvage et grandiose.
Tantôt c est une mare dont les bords sont couverts de roseaux et, au fond, des grands chênes qui se silhouettent sur un ciel vigoureux. Ou bien c est une lisière de bois par un effet d’automne, ou bien
encore ce sont des vieux arbres dépouillés et battus par le vent, qui a couché les grandes herbes tout autour d’eux.
Après la guerre, Pelletier, comme tout le groupe des artistes de Metz, a quitté la malheureuse ville annexée, où il avait obtenu ses succès et où il a laissé de nombreux ouvrages fort appréciés.
PÊTRE
Charles Pètre, statuaire distingué, natif de Metz, a commencé ses premiers essais sous la direction d’un amateur, M. Émile Bouchotte, ancien maire de Mea 11 vint ensuite dans l’atelier de Toussaint, et suivit assidûment les cours de l’École des Beaux-Arts. En 1 855 , il exécuta, en bronze, une statue du maréchal Ney, qui est maintenant à Metz, et en 1857, une statue de Jeanne d’Arc qui est à Neufchàteau, et en 1864, une fort belle statue de Dom Cal met, qui est à Commercy.
La réputation de Pètre s’est faite à Paris avec une charmante statue de la Source, qui a valu à son auteur une médaille de deuxième classe en 1872. On a remarqué aussi, en 1873, un buste très-remarquable d’après le maire de Metz. Charles Pètre dirigeait à Metz une école de dessin, mais après l’annexion, il quitta sa ville natale et vint se fixer à Nancy, où il se livra de nouveau à l’enseignement. Il a été chargé, à Nancy, de travaux très-importants pour la nouvelle église de Saint-Èvre, et s’en est tiré à son honneur.. Ce sont des bas-reliefs conçus dans un style archaïque et représentant la Sainte Trinité, l’ Apothéose de sainte Aprone et celle de saint Evre, au grand portail. Il a fait également, pour un des transsepts, la Naissance de Jésus- Christ, la Présentation au Temple et Jésus au milieu des docteurs, avec la Résurrection du Christ au-dessus ; et pour l’autre : Un Concile, Y Apparition de la Salette et Y Apparition de Lourdes, surmontés de Y Immaculée Conception.
PONSCARME
on sc arme est né en 1827, à Belmont-les-Montureux, départe-
1 ment des Vosges. Son père, qui était vigneron, l’envoya au séminaire de Senaid, et ensuite à Chatel. A dix-huit ans, il arriva à Paris et entra chez un graveur en typographie. Garde mobile en 1848, il se ht ensuite courtier en librairie, puis, après une grave maladie qui le conduisit à l’hôpital, il gagna dans un concours une pension de son département, et entra chez Oudiné, le graveur en médailles. En 1 85 5 , il a le second prix de Rome, et expose pour la première fois en 1857. L’année suivante, il entre chez le statuaire Dumont et se fait remarquer aux Salons de 1861 et i863. L’année suivante, il sort victorieux d’un concours pour une médaille commémorative des grands travaux exécutés dans Paris à cette époque. En 1867 il est décoré et en 1871 il est nommé professeur de gravure en médailles à l’École des Beaux- Arts. M. Ponscarme est auteur de la médaille des récompenses de l’Exposition universelle, d’un projet monétaire à l’effigie de la République, commandé pendant le siège de Paris, et d’un grand nombre de portraits de personnages marquants, tels que l’empereur Napoléon III, MM. Naudet, Dumont, Rameau, député et maire de Versailles; Jules Brame, député; le prince de Monaco, Charles Blanc, Beulé, Jules Simon, Schœlcher, Edgar Quinet, Alphonse Lavallée, Louis Blanc, le maréchal Forey, Duruy, Mlle Fouché de Careil, etc.