I:ig. 273. — La Charité, tablrau de Philippe de Champagne
petites mains pour attraper la grenade. Ce tableau est signalé dans l’ ancien inventaire du Louvre comme ayant été autrefois placé dans l’églisç métropolitaine de Paris. Il a fait partie du premier envoi fait par le musée central aux musées provinciaux, conformément au décret de 1 an VIII. L’autre tableau de Philippe de Champagne provient de l’ancien hôtel de Penthièvre (aujourd’hui la Banque de France), et
Fig, 271 — Paysage par Ruysdaël
représente le Christ assis , couvert d’un manteau rouge et tenant un roseau à la main.
François Van der Meulen est représenté par un très-bon tableau gravé dans son œuvre. Il représente l'Année de Louis XIV devant Douai, et appartenait à l’impératrice Catherine II, qui en fit don à Falconnet. Il fait partie de la collection léguée en 1866 à la ville de Nancy par Mme la baronne de Jankowitz.
Un splendide tableau d’Hobbema occupe, depuis quelque temps, la place d'honneur dans le salon principal du musée de Nancy. C’est un don fait au moment de la guerre par M. Charles André de Pontà-Mousson et déposé dans le musée au moment même où l’armée ennemie envahissait la ville de Nancy. Le tableau, dont on ignorait l'auteur, était, par suite de couches accumulées de vernis, couvert de taches jaunes qui lui donnaient comme une maladie de la peau. Le conservateur du musée, M. Devilly, prit les plus grandes précautions pour les enlever, car il attachait la plus grande importance à ce tableau qu’il attribuait à Hobbema. Une belle signature en pleine pâte, découverte dans un coin du tableau pendant le nettoyage, vint changer en certitude ce qui ne paraissait qu’une probabilité. Ce paysage, qui n’a pas moins de 2 mètres de large sur 1 'n,q5 de hauteur, est le plus grand ouvrage connu du maître.
De grands arbres à feuillage sombre couvrent le premier plan où coule un ruisseau encaissé dans des roches. Un gentilhomme tenant un fusil est debout sur un pont rustique à côté de son domestique et de ses chiens. Dans le fond on aperçoit un village, et un ciel clair, fouetté de nuages blancs, illumine l’horizon. Les retouches maladroites qui alourdissaient la peinture sont aujourd’hui enlevées, et le musée se trouve avoir un tableau de maître d’un ton superbe et de la plus admirable conservation.
Les ouvrages d’Everdingen ne sont pas très-communs et le musée de Nancy en possède un tableau remarquable. C’est comme toujours un site sauvage pris dans le nord de l’Europe. Son ami, Jacques Ruysdaël, le paysagiste par excellence, a également deux paysages de petite dimension, mais d’une qualité charmante. Le premier, qui a été reproduit par la gravure, porte la date de 1649, et a fait partie de la collection du duc de Choiseul. Il représente l’entrée d’une forêt, avec des arbres au bord d’un étang. Un villageois, donnant la main à son
NANCY
petit garçon, traverse un chemin placé sur le premier plan. L’autre tableau montre le bord d’un ruisseau avec des cabanes environnées d’arbres et de broussailles.
Nous citerons, encore parmi les hollandais, Van Goyen représenté par une charmante petite toile, Van Asch et Van der Does qui ont deux paysages exquis, et enfin Jean Ravenstein auquel le livret attribue un admirable portrait de femme, portant la date de i63o.
Le musée de Nancy est extrêmement riche en école française. Et
Fig. 272. — L’Ivresse de Silène, tableau de Carie Vanloo.
cependant, quand on arrive on cherche naturellement Claude Lorrain, et on est un peu désappointé en voyant deux paysages, que le livret enregistre sous forme dubitative, et qui ne sont assurément pas des tableaux de premier ordre. Il en est de même pour Callot : rien ne démontre qu’il ait peint; mais s’il est l’auteur du Portement de croix qu’on voit au musée de Nancy, ce tableau n’a pu être pour lui qu’un passe-temps, et ne saurait être considéré comme une œuvre sérieuse qui puisse compter dans son œuvre.
Voici par exemple une Entrée de Jésus-Christ à Jérusalem par le Poussin, qui, bien qu’elle soit une œuvre de sa jeunesse, pourrait bien être authentique. Deux intérieurs de Philippe Meunier, peintre assez inconnu du xvn° siècle, méritent d’ètre signalés d’autant plus que les figures sont de Pater. Une Vierge de Lubin Baugin, une Assomption de Lafosse et un beau portrait de Bofïrand par Jean Restout vont nous amener au xviii'' siècle.
Le congrès qui s’est réuni à Lunéville en 1801 a été une bonne fortune pour le musée de Nancy. Pour décorer le salon où devaient se réunir les plénipotentiaires, le gouvernement consulaire avait envoyé des tableaux de l’ancienne école française, alors un peu démodée, et en fit volontiers l’abandon à la ville de Nancy, qui en fit la demande. Parmi eux il faut nommer d’abord X Ivresse de Silène , un des meilleurs tableaux de Carie Vanloo. Le père nourricier de Bacchus, chancelant et soutenu par deux satyres couronnés de vignes, tend sa coupe à une bacchante qui lui verse la liqueur enivrante. Un enfant soutient la jambe de Silène, et de l’autre côté un bouc est occupé à brouter' des feuilles de vigne. Cette peinture, que la gravure a popularisée, a une ampleur et une richesse de mise en scène qui fait songer à Rubens. Malheureusement la couleur en est un peu terne et n’a pas tout l’éclat qu’un pareil sujet comporte. V Ivresse de Silène , qui faisait partie de l’ancienne collection des rois de France, a été gravée par L. Lempereur.
C’est également au congrès de Lunéville que le musée doit une toile exquise de Boucher, Y Aurore et Céphale. Ils sont assis sur des nuages; les Amours arrêtent les coursiers du char, tandis que d’autres répandent des fleurs. De la même source proviennent également la Continence de Scipion de Lemoyne et la Diane au bain de de Troy. Ces deux tableaux ont été jugés les meilleurs dans un concours qui eut lieu en 1727 entre les membres de l’Académie royale. Le sujet était laissé au choix des concurrents, et le prix fut vivement disputé entre les deux artistes dont nous parlons et Noël Coypel et Cases, qui avaient fait l’un un Enlèvement d’Europe , et l’autre une Vénus suites eaux.
La Continence de Scipion , de Lemoyne, est un tableau terne et d’un aspect peu agréable, qui n’est assurément pas un des meilleurs ouvrages du brillant auteur du grand plafond de Versailles. Il est
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