‹ L'art en Alsace-LorraineChapitre 157 sur 179 · BOUCHER PINX · texte numérisé non relu

BOUCHER PINX

L'AURORE ET CÉPIIALE,

L'Art, en Alsa-ce-Lorraine,

Le Bain de Diane, tableau de François De Troy (musée de Nancy).

d’ailleurs assez abîmé. Le tableau de Diane au bain par De Troy est au contraire d’une admirable conservation et aussi frais de couleur que s’il était peint d’hier. La disposition est infiniment gracieuse, et il est fâcheux que les tètes principales, qui sont évidemment des portraits, ne soient pas plus jolies. De Troy aurait certainement pu trouver mieux, mais il était peut-être guidé par une galanterie intéressée. On a bien accusé Lemoyne, à propos de ce concours, de s’ètre marié au gré du duc d’Antin, dont il croyait la protection nécessaire. Quoi qu’il en soit, le prix fut partagé entre les deux artistes.

Nous devons signaler également deux jolis tableaux d’Octavien intitulés Promenade dans le parc. Le musée du Louvre possède un tableau d’Octavien, artiste peu connu, pour lequel le catalogue du musée nous donne seulement cette brève notice : « On n’a aucun renseignement biographique sur cet artiste, reçu à l’Académie royale de peinture, le 24 novembre 1725, comme peintre de genre sur le tableau que possède le musée. » Ce tableau, intitulé la Foire de Vesoul, nous montre des groupes de personnages couchés sur le gazon et d’autres qui dansent. La Promenade dans le parc du musée de Nancy ne manque pas d’élégance, et permet de ranger Octavien parmi les peintres des fêtes galantes, à la suite de Watteau, Lancret et Pater. Le musée possède une autre Promenade dans le parc, œuvre de Jean-Baptiste Le Prince, peintre lorrain dont nous avons déjà longuement parlé : décidément c'était un sujet à la mode.

En fait d’ouvrages lorrains, nous avons ici une Sainte Famille de Claude Charles, plusieurs tableaux de son élève Jean Girardet, et des paysages de Claudot. Voici comment M. Clément de Ris, dans son étude sur le musée de Nancy, apprécie ces deux artistes 1 : « En pénétrant dans le musée, on remarque, accrochées au mur de la salle obscure qui sert d’antichambre, plusieurs toiles représentant des sujets galants. Ces toiles appartiennent à un peintre de Nancy, du siècle dernier, à Girardet, dont le musée possède huit compositions. Elles sont traitées dans le goût de Boucher, d’un coloris moins brillant, mais dessinées plus correctement, et peuvent faire supposer que si Girardet eût été appelé à développer ses facultés devant un public plus difficile, il eût égalé Boucher. Girardet est aussi l’auteur des fresques du grand esca-

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