LES VITRAUX
supérieures de la nef représentent les ancêtres de Jésus-Christ, avec les images des saints et des martyrs. Les scènes de l’histoire biblique, le Jugement dernier, la Jérusalem céleste, la Naissance de Jésus-Christ, les mages, les empereurs chrétiens, forment une splendide décoration en verre.
Un certain nombre de ces vitraux sont fort anciens : ce sont,
pour la plupart, des grandes figures en pied de saints (fîg. 33), de chevaliers martyrs et d’empereurs (fîg. 34), d un effet imposant et d une rare beauté d’exécution. De la même époque sont aussi les deux
grandes roses du croisillon méridional.
Les vitraux de Strasbourg avaient une célébnté européenne, et les habitants de la cité en parlaient avec un légitime oigueil. Dans la nuit du 25 au 26 août 1870, les Allemands, sans parvenir à les détruire
entièrement, en ont saccagé une grande partie. Ceux de la partie supérieure ont particulièrement souffert. Les bombes dirigées sur la cathédrale entraient par les vitraux du côté du nord et ressortaient par ceux de l’autre côté. L'incendie, dont les flammes sortaient du toit percé d’obus et s’élevaient à une hauteur énorme, a achevé de briser ce que les bombes n’avaient pas atteint. Les vitraux du bas ont moins souffert, étant en partie préservés par les constructions voisines.
Plusieurs autres églises de la contrée possèdent d’admirables vitraux dont la description nous entraînerait trop loin. Ces verreries gigantesques, destinées à l’instruction de la sainte plèbe de Dieu , comme disent d’anciennes inscriptions, forment une des plus grandes richesses artistiques de l’Alsace, et peu de provinces sont aussi magnifiquement dotées. Mais, comme dans tous les arts du moyen âge, les auteurs de ces chefs-d’œuvre nous sont généralement inconnus, et bien peu de noms parmi eux sont parvenus jusqu’à nous.
Jean de Kircheim est le plus ancien peintre verrier de l’Alsace qui ait acquis de la célébrité. On lui a quelquefois attribué l’ensemble des grandes verrières de la cathédrale de Strasbourg, erreur manifeste, puisqu’elles appartiennent à des époques différentes; mais la série des apôtres qui décore la chapelle Sainte-Catherine, dans cette église, parait être bien positivement son ouvrage. Il vivait au milieu du xive siècle.