DROLLING
Martin Drolling est né à Oberbergheim, près Colmar, en 1752.
Il apprit les premiers éléments du dessin avec un peintre inconnu de Schlestadt et sentit de bonne heure le besoin de venir à Paris. Il chercha d’abord à quel peintre il s’adresserait pour être son professeur; mais dès qu’il eut vu au Louvre des tableaux de l’école hollandaise, il résolut de ne suivre aucune école spéciale et se mit à faire des copies au musée.
Il vécut ainsi jusqu’à la vieillesse dans une position des plus modestes et sans avoir la moindre réputation. En 1817, il exposa une Cuisine , qui obtint un succès aussi énorme qu’inattendu. Tout le monde, à cette époque, faisait du grec et du romain, et la manière dont Drolling avait rendu le cuivre luisant des casseroles fit applaudir toutes les ménagères. Ce tableau fut acquis par l’administration et placé au musée.
Drolling a peu produit; son Intérieur de salle à manger , sa Maîtresse d’école de village, exposés, comme sa Cuisine, l’année même de sa mort, sont exactement peints de la même façon. Une exactitude minutieuse, une absence absolue d’interprétation et une certaine maigreur d’exécution se trouvent dans tous les traits de cet artiste, qui mourut en 1817, l’année même où il établit sa réputation.
Michel-Martin Drolling, fils du précédent, naquit en 1786 et fut élève de David. Il eut le prix de Rome en 1810 et prit rang parmi les peintres d’histoire les plus distingués de son temps. Son Orphée et Eurydice, qu’on vit longtemps au musée du Luxembourg, était un ouvrage remarquable. Drolling a fait des plafonds pour le musée du Louvre et décoré plusieurs églises, notamment celles de Saint-Sulpice et de Notre-Dame de Lorette, à Paris. Son Jésus-Christ discutant avec les docteurs, placé dans cette dernière église, est considéré comme son meilleur ouvrage.
Venu un des derniers dans l’école de David, Drolling fut un de ceux contre qui s acharnèrent les novateurs de romantisme. Il ouvrit pour-
LE XVIII» SIÈCLE