‹ L'art en Alsace-LorraineChapitre 34 sur 179 · HEIM · texte numérisé non relu

HEIM

François- J oseph He im, un des peintres d’histoire les plus distingués de l’époque dite impériale, est né à Belfort en 1787. A quinze ans, il remporta 4e prix de l’école de dessin de Strasbourg, et vint ensuite à Paris se placer sous la direction de Vincent. En 1806, il obtint un second prix de Rome avec le Retour de l’Enfant prodigue et en 1807 le premier prix avec Thésée vainqueur du minotaure. 11 avait alors vingt ans et se trouva ainsi libéré du service militaire.

Les ouvrages que Heim envoya de Rome firent sensation, et au Salon de 1812 il obtint une médaille d’or de première classe. En 1819, il eut un éclatant succès avec le Martyre de saint Cyr et de sainte Juliette, maintenant à l’église de Saint-Gervais. C’est un tableau de tous points remarquable, mais qu’il est malheureusement difficile de bien voir dans l’endroit où il est placé. Au même Salon, Heim exposait la Résurrection de Lazare, la Clémence de Titus, Vespasien distribuant des secours au peuple. La grande réputation de Heim date de cette exposition.

Le Martyre de saint Hippolyte, la Sainte Adélaïde, le Saint Hyacinthe, qui parurent successivement, furent d’autant plus remarqués que les peintres de cette époque faisaient des sujets mythologiques beaucoup plus volontiers que des sujets religieux.

Le Massacre des Juifs exposé en 1824 est un des épisodes de la destruction de Jérusalem par Titus. Croyant, sur la foi des faux prophètes, trouver un asile dans une des cours du temple, une foule de malheureux qui s’y étaient réfugiés furent impitoyablement massacrés. Le groupe de la femme renversée à terre avec son enfant qu’elle veut préserver des coups d’un cavalier romain est admirable de mise en scène dramatique. Cette peinture, qui fît à l’époque de son apparition une sensation énorme, valut à l’artiste d’ètre décoré de la propre main du roi devant son ouvrage même et lui fournit l’occasion de faire un tableau d’un tout autre caractère et qui est peut-être son chef-d’œuvre. C’est celui qui représente le Roi Charles X distribuant les récompenses

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