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LE BARON GROS, DESSIN DE HEJM

LE XVI I Ie SIÈCLE.

ciu Salon de 1824. Ce tableau a fait longtemps partie du musée du Luxembourg ainsi que le Massacre des Juifs; ils sont maintenant tous les deux au Louvre.

A cette époque, Heim fut chargé d'un important travail décoratif, dans le musée Charles X, où sont placés les vases étrusques. C’est un grand plafond qui représente Jupiter donnant au Vésuve le feu du

Fig. 53. — Portrait de Berton, dessin de Heim.

ciel. Les trois villes personnifiées d’Herculanum, Pompéi et Stabia implorent le roi des dieux, et Minerve, protectrice des arts, intercède pour elles, tandis qu’Éole tient les vents enchaînés et attend les ordres de Jupiter. Les voussures représentent des génies sauvant des œuvres d’art, et différents sujets de circonstance, comme la mort de Pline l’ancien, et Pline le jeune écrivant ses lettres. Les figures de cette décoration sont empreintes d’une certaine mollesse : néanmoins, ce

plafond est assurément un des meilleurs parmi ceux de la Galerie de Charles X au Louvre.

La cinquième salle du musée Campana est également décorée par Heim, mais les sujets, parfaitement appropriés quand les ouvrages de l’école française étaient disposés dans ces salles, ne le sont plus aujourd’hui qu’elles contiennent un musée archéologique. Le plafond central représente sous une forme allégorique la Renaissance des Arts en France et les petits sujets placés dans les voussures montrent le Pérugin faisant le portrait de Charles VIII, François Ier visitant Benvenuto Cellini, la Mort de Léonard de Vinci, etc.

Après la révolution de Juillet, Heim fut chargé de plusieurs tableaux pour le musée de Versailles, entre autres la Bataille de Rocroy, la Défense du château de Burgos, en 1812, la Chambre des députés présentant au duc d’Orléans l’acte qui l’appelle au trône, et divers portraits de personnages historiques.

Après cette époque Heim se fit un peu oublier, et son nom fut enveloppé dans l’anathème lancé contre tous les peintres qui avaient été acclamés par la génération précédente. Mais une réhabilitation complète eut lieu en 1 855 , et la critique applaudit des deux mains l’artiste qu’elle bafouait depuis quinze ans.

Voici comment Théophile Gautier apprécie Heim à cette occasion : « L’exposition universelle de 1 85 5 , en admettant parmi les œuvres actuelles les œuvres du passé, a permis à des gloires éclipsées, à des réputations tombées dans l’oubli, de représenter leurs titres et de faire reviser le jugement porté sur elles par une génération qui ne connaissait que leurs plus faibles ouvrages, dont les passions du moment ne leur laissaient pas la liberté d’apprécier le mérite; aux époques de lutte il est difficile d’être impartial, et tout système nouveau procède envers celui qu’il remplace d’une façon nécessairement irrévérente. Les jeunes romantiques ne furent certes pas plus cruels à l’endroit des vieux classiques que ne l’avait été David à l’école de Vien, de Boucher, de Vanloo, de Fragonard, et autres charmants peintres pour qui le jour de la réhabilitation est aussi venu. Dans la bouche de l’auteur ô\.v Serment des Horaces , le mot académique était synonyme de détestable et prenait la valeur d’une injure; jamais rapin échevelé de i83o n’y attacha une signification plus mortifiante. Ces violences aveugles semblent regrettables à la calme postérité, qui n’assistait pas à ces batailles dont elle

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