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DORÉ

LES ARTISTES ALSACIENS CONTEMPORAINS. i45

ans. Il a été collaborateur d’un grand nombre de journaux illustrés, notamment le Journal pour tous, le Musée anglo-français et plusieurs publications anglaises.

Doué d’une verve intarissable, Gustave Doré a fourni des dessins

pour une multitude d’ouvrages dont les plus connus sont : les Œuvres de Rabelais (1854); la Légende du Juif-Errant, les Contes drolatiques de Balzac ( 1 856) ; les Contes de Perrault, les Essais de Mon-

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taigne (1857); le Voyage aux Pyrénées de M. Taine (i85g); Y Enfer du Dante (1861); le Don Quichotte ( 1 863) ; les Fables de La Fontaine , la Mythologie du Rhin, le Capitaine Castagnette, le Baron de Miïnchausen et surtout la Bible, qui passe pour son œuvre capitale.

Comme peintre, Gustave Doré a fait de nombreux tableaux, dont quelques-uns d’une très-grande dimension. Ceux qui ont été le plus remarqués au Salon sont : la Bataille de l’Alma ( 1 85 5) ; la Bataille d’Inkermann (1857); plusieurs tableaux tirés de Y Enfer du Dante, et de nombreux paysages, presque toujours choisis dans des sites montagneux. 11 y a à Londres (New Bond Street), une galerie exclusivement consacrée aux ouvrages de cet artiste et qui porte le nom de « Doré-Gallery ».

Les tableaux de Gustave Doré ont été appréciés très-diversement, et, malgré l’importance que l’opinion publique lui accorde généralement, la critique a été quelquefois dure à son égard. Improvisateur fécond, il est doué d’une imagination inépuisable et s’astreint difficilement aux exigences rigides de la grande peinture. 11 apporte dans ses tableaux toutes les qualités qu’on trouve dans ses illustrations, mais il n’attache pas assez d’importance à celles qui constituent le peintre proprement dit. Gustave Doré, qui a fait des milliers de compositions charmantes, n’a jamais fait un portrait remarquable. Il est chevalier de la Légion d’honneur depuis 1861.

E H RM AN N

François-Émile Ehrmann1, né à Strasbourg en 1 833 , se destina d’abord à l’architecture. Après avoir fait ses premières études dans sa ville natale, il vint à Paris en 1 853 et entra dans l’atelier de M. Gilbert, puis dans celui de M. Questel. Il avait un goût assez prononcé pour la

i. Ses principaux ouvrages sont : 1863. Hercule entre le vice et la vertu. — 1864. Les Athéniens allant consulter l’oracle, arrivent en vue de Delphes. — 1865. La Pèche de la Sirène (ce tableau, qui avait été acquis par le Musée de Strasbourg , a été détruit par les Allemands en 1870). — 1866. Les Parques (Musée de Mulhouse). — 1867. Fronton de l'Exposition des Beaux-Arts , au Champ-de-Mars ; Plafond du Cercle du commerce, place

Fig. 78. — L’Histoire de l’Art, frise décorative par Erhmann.

partie artistique de son état, et les succès qu’il avait obtenus comme étudiant pouvaient lui faire présager un brillant avenir. Mais il s’épouvanta de la partie pratique inhérente à son état, et, pouvant difficilement se faire aux questions d’administration et de comptabilité qui tiennent une si grande place dans la vie d’un architecte, il crut trouver plus d’indépendance dans la peinture et entra, en 1 856, dans l’atelier de Gleyre.

Un artiste se ressent toujours de ses premières impressions : les habitudes de précision et d’exactitude mathématique étaient entrées dans l’esprit d’Ehrmann, et il s’aperçut bientôt que ses tableaux, à force d’ètre soulignés dans toutes leurs parties, avaient une sécheresse qui détruisait tout le charme de l’aspect. 11 fit tous ses efforts pour combattre ce défaut que lui-même avait contracté dans l’exercice de l’architecture. Mais, en même temps, la nécessité où il avait été de s’attacher aux proportions et aux relations des parties accessoires avec l’ensemble avait développé en lui un goût d’agencement décoratif qui est demeuré la première de ses qualités comme peintre.

Ehrmann a toujours eu le goût des sujets antiques : son premier tableau représentait Hercule et Omphale. Tout en suivant la direction vers laquelle il se sentait appelé, il comprit bientôt l’importance que le paysage pouvait avoir dans un tableau d’histoire, et le désir de peindre les flots bleus de la mer Méditerranée entra pour quelque chose dans la composition de ses Athéniens en vue de Vile sacrée de Délos.

En 1866, Erhmann nous a donné une interprétation gracieuse de l’antique fable des Parques. Malgré l’importance que, d’après les anciens, les Parques avaient dans les destinées humaines, l’art grec en a donné bien rarement des représentations plastiques. Sous la Renaissance, Michel-Ange a présenté les Parques sous la forme de trois vieilles femmes complètement vêtues qui tiennent la quenouille et le fuseau. Au contraire, quand Rubens veut montrer les trois Parques

du Château-d’Eau; Plafond d'un hôtel, rue Murillo. — 1868. Un Vainqueur (aux Gobelins); YÉtoile du matin (Musée de Colmar). — 1869. Vercingétorix appelle les Gaulois à la défense de la Patrie (Musée de Clermont-Ferrand). — 1871. La Suisse secourant Strasbourg (Musée de Neufchâtel). — 1872. Strasbourg pendant le siège (Musée du Havre). — 1873. La Fontaine de Jouvence; Thésée abandonnant Ariane (aquarelle, au Musée de Luxembourg). — 1874. Une Histoire de l’Art (frise décorative). — 1875. Passage de Vénus ; Persée et Andromède (aquarelle).

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