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LA FONTAINE DE JOUVENCE

filant la destinée de Marie de Médicis, il en fait des jeunes femmes blondes, complètement nues et étalant avec complaisance ces formes dodues si habituelles dans ses tableaux. Erhmann, voulant peindre le fil de la destinée humaine, a repoussé l’interprétation morose du grand maître italien ; mais il n’a pas adopté non plus la santé par trop florissante dont le grand peintre flamand a affublé les déesses. Il en fait des jeunes filles gracieuses et sveltes.

L’élégance est d’ailleurs une qualité inhérente à Ehrmann, et on se rappelle le succès très-légitime qu’obtint en 1873 son gracieux tableau de la Fontaine de Jouvence. Cette année (1875), l’artiste a eu l’idée un peu bizarre de donner une forme plastique au Passage de Vénus, dont on a tant parlé dans le monde savant. La déesse passe, en traversant le ciel, devant l’image radieuse du soleil.

Ehrmann a quelquefois appliqué son talent aux industries d’art, et il compte parmi les collaborateurs habituels de Deck. Comme décorateur, on lui doit plusieurs ouvrages importants : il est l’auteur d’un plafond exécuté pour le cercle du commerce, et c’est lui qui fut chargé, en 1867, de décorer le fronton de l’Exposition des Beaux-Arts, au Champ-de-Mars. On lui doit aussi une belle frise décorative sur {'Histoire de l’Art, qui a figuré au Salon de 1874.

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