‹ L'art en Alsace-LorraineChapitre 66 sur 179 · GRAND VASE DE KIRSTEIN · texte numérisé non relu

GRAND VASE DE KIRSTEIN

lui dit en riant : « On voit bien, monsieur Kirstein, que vous êtes Alsacien. — - Mais, sire, je m’en flatte, » répondit sans hésiter l’orfévre strasbourgeois.

Kirstein était fils de ses œuvres et s’était formé lui-même par le travail et l’observation. Jamais il n’avait eu l’occasion d’entreprendre des voyages dans le but d’étudier les chefs-d’œuvre de l’antiquité.

Fig. 92. — Coupe de Kirstein fils.

Souvent il a regretté cette lacune de son éducation artistique, et il s’était promis, dès qu’il aurait un fils et un successeur dans son art, de ne rien négliger pour développer son intelligence et son savoir. Cet enfant vint au monde, et Kirstein eut le bonheur de diriger lui-même son éducation.

Joachin-Frédéric Kirstein, fils aîné de Jacques-Frédéric Kirstein (i8o5-i86o), est élève de son père pour la ciselure. Comme statuaire, il a reçu les leçons d’Omacht et de David d’Angers. Après avoir suivi

les cours de l’École des Beaux-Arts à Paris, il visita, pour se perfectionner, l’Italie, la Belgique et l’Allemagne.

Quoiqu’il ait fait comme son père de la ciselure et de l’orfèvrerie, Kirstein fils fut surtout un statuaire et un graveur en médailles. La Société des Amis des Arts de Strasbourg lui avait commandé le portrait de son père pour l’offrir au Musée de la ville. Cette statue a été détruite par les Allemands en 1870, en même temps qu’un grand bas relief en marbre blanc, représentant Jésus qui appelle à lui ses petits enfants.

On doit à Kirstein fils un groupe de Laure et Pétrarque qui fut fort remarqué au Salon de 1834. C’est également lui qui a exécuté pour l’église de Saint-Nicolas le monument du prédicateur Haffner : c’est un bas-relief en grès. Le Génie de la Religion, à demi voilé en signe de deuil, est assis dans une attitude résignée auprès du médaillon de son éloquent interprète.

Parmi les bustes assez nombreux de Kirstein fils, on cite celui de Go\e, doyen de la Faculté de médecine; de Weyler, architecte, etc.

Enfin dans les médailles, genre où il s’est particulièrement distingué, les plus remarquables sont celles de J. F. Oberlin, Jean Sturm, Erwin de Steinbach et Jean Gutenberg.

KRE1DER

Alexis Ivreider *, né en 1 83q à Andlau (Bas-Rhin), est un de nos peintres de fleurs les plus distingués. 11 est élève de Laville et de Fuchs : ses tableaux sont remarquables par la franchise de la touche et l’éclat du coloris. Il a fait divers travaux décoratifs, notamment à Bruxelles, où il a peint un plafond qui n’a pas moins de six mètres. Quoiqu’il dispose quelquefois ses fleurs en bouquet, il préfère en général les montrer après l’arbuste qui les porte et les marier ainsi avec le ciel et le paysage.

1. Ses principaux ouvrages sont : 1863. Un Rosier blanc. — 1864. Fleurs et Fruits. — 1865. Offrande à Bacchus. — 1866. Fleurs. — 1867. Rosier en automne. — 1868. Raisins (Musée du Luxembourg). — 1869. Une Source. — 1870. Fleurs des champs . — 1872. Pommier enjleur. — 1 873 . Une Vigne ; Roses. — 187 5. Un bouquet de roses ; Lilas ; Raisins.

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