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LAVILLE

Eugène Laville, né à Saverne en 1814, s'est acquis au temps du romantisme une certaine célébrité comme dessinateur. Il fut un des premiers collaborateurs du Magasin pittoresque et du Musée de Versailles, fit des illustrations pour Corinne, les Mille et une Nuits, le Décameron, etc. Étant allé à Rome, il s’éprit des ouvrages des grands maîtres et voulut faire de la grande peinture. 11 a décoré de ses peintures murales la chapelle du cimetière de Saverne, et plusieurs édifices religieux de la contrée.

Laville a fait aussi des tableaux de genre, comme la petite

Bergère du Musée de Mulhouse. Néanmoins cest principalement comme dessinateur qu’il s’est fait connaître et aussi comme proles-

Fig. 92. — La p.’tite bergère par Laville.

seur, car il a eu pendant longtemps un atelier très-suivi. Laville est mort en 1869.

Frédéric-Théodore Lix, natif de Strasbourg, fit ses premières études dans sa ville natale et vint ensuite à Paris se mettre sous la direction de Drolling.

Il fréquenta aussi les cours de l’École des Beaux-Arts et fit toutes les études qu’on demande à un peintre d’histoire. Mais, obligé de chercher des moyens d’existence, il fit de bonne heure des illustrations et prit bientôt place parmi nos dessinateurs en renom. Il est peu de publications illustrées dont Lix ne soit aujourd’hui collaborateur.

Le premier tableau de Lix, qui ait été remarqué au Salon, est

Y Idylle interrompue : sous ce titre, l’artiste avait représenté un troupier et une bonne d’enfant, se voyant obligés d’interrompre momentanément une conversation qui était assurément pleine de charme.

En 1872, Lix, s’inspirant des tristes événements qui ont arraché

F’g' 9b — Quand il y en a pour deux, il y en a pour trois.

l’Alsace à la France, envoya au Salon les Adieux à la patrie. En 1875, il a obtenu un véritable succès avec un charmant petit tableau intitulé : Quand il y en a pour deux, il y en a pour trois. Deux jeunes Alsaciennes, fraîches, roses et ne manquant pas d’embonpoint, cheminent dans la campagne en tenant un immense parapluie qui les met

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à l’abri de l’averse. Un chasseur est venu prendre sa part de l’abri et paye l’hospitalité du parapluie par des propos qui égayent fort les jeunes filles.

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