MARCH AL
Charles March al n’est pas Alsacien de naissance, mais dès qu’il eut quitté l’atelier de Drolling, où il avait fait ses études, il se prit de passion pour les contrées vosgiennes, s’installa à Boux-
Fig. 94. — Un cabaret à Bouxwiller, tableau de Marchai.
willer, village de la basse Alsace, y séjourna longtemps et en rapporta de charmants tableaux qui établirent promptement sa réputation, notamment le Cabaret de Bouxwiller . Il a conquis par son talent des droits de naturalisation et doit, à ce titre, occuper une petite place dans ce travail.
Le Choral de Luther et la Foire [aux servantes, sur lesquels est fondée la popularité attachée au nom de l’artiste, sont deux tableaux de même taille et destinés à se faire pendant. Le premier est un
Fig- 9 S- — La Foire aux servantes, tableau de Charles Marchai (Musée du Luxenbourg).
tableau un peu sentimental où des jeunes filles reviennent du village après le soleil couché et chantent des cantiques en se donnant le bras.
La Foire aux serrantes est, au contraire, un sujet qui est presque goguenard. Une douzaine de campagnardes, fraîches, bien portantes et assez jolies pour la plupart, sont rangées le long des maisons. Paysans et fermiers viennent faire leur choix parmi ces servantes, à qui les galants content fleurette en passant.
Charles Marchai a, depuis quelques années, abandonné l’Alsace qu’il aimait tant autrefois ; il continue néanmoins à passer pour un peintre alsacien parmi le public, et c’est, en effet, à l’Alsace qu’il doit ses meilleures inspirations.