MATTH1S
Charles-Émile Matthis, né à la Walk, en 1 838, est élève de Lix et d’Eugène Froment. Cet artiste s’est fait connaître surtout par ses travaux comme dessinateur pour la librairie, et il n’a pas comme peintre une bien longue carrière, puisque sa première exposition à Paris date de 1868; son tableau avait pour titre Y Orpheline .
11 envoya au Salon de 1869 Y Étude et la Prière , plus une faïence intitulée Chacun pour tous, en 1870, un portrait de M. Hetzel, l’éditeur de la plupart de ses dessins. Mais en 1872, l’artiste avait été frappé dans son patriotisme, et son tableau de Strasbourg impressionna vivement les Alsaciens.
La malheureuse ville est symbolisée par une grande figure tristement assise au milieu des ruines et tenant de la main droite un glaive dont la pointe est baissée. Cette composition a valu à son auteur les honneurs d’une petite persécution de la part des Allemands. L’artiste l’avait envoyée à l’Exposition de la Société des Amis des Arts, de Strasbourg, mais au bout de quelques jours, elle avait disparu et était remplacée par la mention : retiré. Le plus curieux c’est que l’autorité allemande n’était, paraît-il, pour rien dans cette affaire, ce qui semble en effet assez probable, puisque la gravure, qui a été faite d’après le tableau, se voit aux vitrines de tous les marchands d'estampes en
Alsace. Mais les anciens membres de la Société des Amis des Arts ayant déserté en masse depuis la conquête, il est arrivé de nouvelles recrues d’Allemagne, et c’est cette majorité d’hier qui a cru devoir se
Fig. 96. — Au bord du chemin (souvenir de Frœschwiller), tableau de Matthis.
montrer plus intolérante que le gouvernement lui-même. Elle a manqué son but et cette petite manœuvre n’a profité qu’à l’artiste dont le nom est devenu, du jour au lendemain, très-populaire en Alsace.'
Au Salon de 1873, Émile Matthis a exposé : Au bord du chemin ,
souvenir de Frœschwiller . C’est un vieux paysan alsacien, contemplant tristement la tombe des hommes morts pour la patrie. Ce nouveau tableau fut encore un succès pour l’artiste qui est en progrès et ne s’en tiendra pas là.
NIEDERHAUSEN
Fritz Niederhausen -Kœchlin appartient à une famille de Liverdun, mais il est établi à Mulhouse depuis plusieurs années et c’est dans cette ville qu’il s’est fait connaître comme paysagiste. Plusieurs de ses tableaux ont été remarqués à nos Salons de Paris, entre autres : le Bois de Pomy , le Glacier de Stein , dans le canton de Berne, Solitude, le Bois de Lutterbach près Mulhouse, le Lac de Neufcliâtel. Outre ses tableaux Niederhausen a fait souvent des dessins au fusain très-remarquables.
PABST
amille- Alfred Pabst, né à Heiteren (Haut-Rhin), a commencé
v> par être avocat. En faisant de la peinture en amateur, il y prit goût, et, s’aidant des conseils de M. Comte, il a bientôt pris rang parmi les artistes les plus distingués de l’Alsace. Sa réputation toutefois est bien récente puisqu’il a été récompensé pour la première fois en 1874. La Mariée en Alsace comptait parmi les bons tableaux du Salon de 1875. C’est en effet une charmante toile, bien que la couleur manque un peu de consistance et de fermeté; mais la disposition est heureuse, et l’expression des figures parfaitement trouvée. La jeune mariée, en grande toilette et conduite par sa mère, occupe le milieu de la scène, qui se passe dans une chambre de paysan aisé. Une jeune fille tire le voile d’un grand coffret pour le remettre à la mariée, qui baisse