LE MOYEN AGE
oins bien dotée que l’Alsace sous le rapport de l’art au moyen âge, la Lorraine acquiert au contraire une importance beaucoup plus grande quand on arrive aux temps modernes. Pendant le xvne et le xvme siècle, son rôle a été tout à fait prépondérant dans l’école française et aucune province ne peut lui être comparée pour la sculpture et la gravure.
A l’origine, la marche des arts a été la même qu’en Alsace. Après les Romains la barbarie a couvert tout le pays et la pensée nouvelle a été élaborée dans les monastères, dans l’une comme dans l’autre province. Cependant le mouvement byzantin a été beaucoup moins accusé en Lorraine que dans les contrées rhénanes, et de Metz, le style oriental primitif a laissé peu de traces dans la contrée.
La chape dite de Charlemagne, conservée dans la cathédrale de
Metz, est une des rares pièces où le caractère byzantin soit franchement accusé. Mais il est difficile de savoir si elle a été fabriquée dans la contrée ou simplement importée.
Le tissu est en soie rouge avec des broderies de couleur jaune, bleue et verte. Les aigles, aux ailes déployées, dont les pattes sont mordues par des animaux fantastiques, sont conçus dans un mode archaïque très-prononcé. Dans le style byzantin , l’expression de la vérité et de la vie est remplacée par une certaine grandeur hiératique,
Fig. iso. — Le Calice de saint Goslin.
résultant des formes conventionnelles qui furent ensuite adoptées dans l’art héraldique.
Parmi les industries cultivées dans les monastères, une des plus importantes était l’orfèvrerie religieuse. Le trésor de l’église primatiale de Nancy renferme le calice et la patène de saint Goslin, évêque de Toul, de 922 à 962.
L’extérieur du calice est enrichi de ciselures et d’émaux verts et bleus. La patène est décorée à l’intérieur par une sorte de rosace, formée de cinq arcs de cercle garnis d’un ornement en filigrane ; des pierres précieuses sont enchâssées dans les angles formés par la réunion des arcs, ainsi que sur le cercle extérieur. Ces objets sont d’autant plus importants pour l’archéologie lorraine, qu’ils ont proba-