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CHAPITRE IV

Sculpture et peintureo

NOUS ariivons maintenant a ]a partie la plus difficile et, en meme temps, la plus interessante de notre täche. Les documents vont etre de plus en plus nombreux et nous permettront, peut-etre, de preciser plusieurs points qui ont du etre laisses jusqu'ä present dans l'incertitude. Une des difficultes les plus grandes qui se presentent a nous est, ici, d'etablir la ligne de demarcation entre les monuments prehistoriques et ceux des debuts de l'epoque historique egvptienne. II m'a semble preferable de n'y point attacher, pour le moment, une trop grande importance et de ne reserver, pour le chapitre consacre aux premiers monuments egyptiens, que ceux qui pourraient, gräce ä une inscription ou a un nom royal, etre classes avec precision. Ces documents sont des points d'appui certains, autour desquels nous pourrons grouper les quelques anivres qui s'y rattachent etroitement.

Occupons-nous, tout d'abord, des silex auxquels on a donne une Silex forme animale. äformes

Des 1890, un exemplaire etait connu ; il avait ete decouvert ä Kahun et representait un hippopotame. M. Petrie est tente de le dater de la XIP dynastie *; mais l'ensemble des decouvertes simi-

1 Peteie, Kahun, Gitrob and Hazcara. Londres, 1890, p. 30 et ])1. vui, 22 ; Ten Year's Digging in Egypt. 2° ed. Londres, 1893, p. 127: Prelustoiic Egypfiati Eigiircs, dans Man, 1892, n° 14, p. 17 et pl. k, 20.

animaics.

laires mc portc pliitot ä le considerer comme etant de la periode primitive.

Dans la collection Petrie, a l'University College de Londres, se troiivent plusieiirs specimens fort interessants : un serpent, provenant de Coptos, im chien (?), et surtoiit im oiseau represente au

FjG. 105. — SlLEX TAILLES EN FORME d'AnIMAUX.

vol ' (fig. 105). Le musee de Berlin possede trois pieces remarquables en forme de biibale, de bouqiietin et de mouflon ä manchettes, dont l'analogie avec les ligures d'animaiix graves sur les vases est frappante. M. Schweinfurth, qni vient de les pnblier, les rapproche egalement des graffiti dont il sera question plus loin ^ (fig. 106-108). Au British Museum se trouve une piece inedite en forme d'antilope (n° 3041 1), ainsi qu\me autre en forme de tete de taureau •' (n° 32124).

1 Petrie, Prchistoric Egyptian Figur CS, loc. eil., p. 17 et pl. b, 17, 18, 19.

2 Schweinfurth, G., ägyptische Tierbilder als Kieselartefakte, dans die Umschau, VII, 1903, pp. 804-806 ec fig. Traduit sous le titre : Figiircs d'animaux

fahriqucs en silcx et prox'C7iant d'Egvpte, dans la Revue de l'Ecole d'anthropologic de Paris, XI, 1903, pp. 395-399 et fig. 87-89.

'^ BuDGE, History of Egypt, I, fig. de la p. 84, n" 32124.

Quelques pieces ont seules ete trouvees iii situ au milieu d'autres documents de l'epoque primitive : ce sont des crocodiles et des hippopotames (?), decouverts dans la petite ville prehistorique entourant le temple d'Osiris ä Abvdos '. Ces pieces curieuses temoignent d'une

Fig. io6. — Sii.kx

taille kx formk dk

bubalp:.

Musees royaux de Berlin '•

remarquable habilete dans la taille du silex (fig. 105). Les seules pieces analogues que l'on connaisse dans d'autres pays ont ete decouvertes en Russie et en Anierique 3.

1 Petrie, Excavations at Ah\Jo<j dans Mau, 1902, n" 64, p. 89, n° 3 ; Ahydos, I, pl. XXVI, 292-294 et p. 12.

2 Reproduit d'apres die Uinscium. Übersicht über Fortschritte und Be\Yegungen auf dem Gesamtgebiet der Wissenschaft, Technick, Litteratur und Kunst. Francfurt a/Main, H. Bechhold, Verlag.

•* Mon collegue, le baron de Loe, conscrvateur des antiquites prehistoriques aux Musees royaux de Bruxelles, me communique aimablement ses notes ä ce sujet. Un silex, en forme de poisson, provient d'Arkhangelsk ; un autre, en forme d'oiseau, du gouvernement de Vladimir. Une piece de meme provenance pourrait representer une figurine humaine. « Plusieurs silex tailles du gisement de Volossovo, gouvernement de Vladimir, dit-il, presentent des formes exceptionnelles. Les uns offrent la Silhouette d'un bateau, les autres le profil d'animaux plus ou moins determines, parnii lesquels on distingue un oiseau... Volossovo etait un cenfre d'habitation ä l'epoque neolithique... » Dans le gouvernement

Fig. 107.

sli.ex taille en forme

Statuettes Les statuettes humaines sont tres

humaincs. nombreuses, surtout dans les premiers

temps de l'histoire egyptienne ; on les

trouve en niateriaux divers : en terre,

an pierre, en ivoire, en terre emaillee, en

plomb. Je rappellerai tont d'abord les

fignres d'hommes scnlptees sur les pei-

gnes, ainsi qne les pendeloqnes en forme

humaine qui ont ete reproduites plus haut

et auxquelles nons n'avons donc plus ä Hommes. nous arreter. Les statuettes d'hommes pro-

prement dites sont assez rares ; aucun spe-

cimen n'en a ete decouvert par Petrie

dans la vaste necropole de Xegadah. A

Diospolis, on en trouve quelques exem-

plaires assez grossiers, fabriques, vraisem-

blablement, aux dates de succession ^6 et pE Bouquetix.

33-55. Plusieurs fignres sont representees Musees royaux de Berlin '.

debout ; une antre semble assise. On re-

marqne sur la plupart l'indication exacte du fourreau cachant les parties genitales ; la barbe est soigneusement marquee ^. En general, on peut dire que ces figurines ne sont pas plus parfaites que les representations humaines examinees dans le chapitre relatif k l'art decoratif (fig. 109).

Fig. 108. — Silex taille

EN forme de MOUFLON A ,^ , ,

d Irkoutsk, on a decouvert un silex, encore en lorme manchettes. ,, . ' .. j . •, . -

, d oiseau. Ces pieces sont toutes d un travail extre-

Musees royaux de Berlin '. j^ement delicat, le contour etant retouche avec une finesse prodigieuse.

D'autres pieces analogues ont ete decouvertes dans les vallees de l'Ohio et du Mississipi : l'une represente un oiseau, une autre un serpent. Voir Wilson, Th., ClassiJicaiio7i des pointcs de flcchcs, des pointcs de la72ces et des couteaux de pierre, dans le Coinpte re7idtc du Con^rhs iiiternatiimal d'antliropologie et d'archeologie prchistoriqiies, XII^ Session, ä Paris, en 1900. Paris, 1903, p. 320-322 et fig. 14.

1-2 Reproduits d'apres a'/^ Umschau. Übersicht über Fortschritte und Bewegungen auf dem Gesamtgebiet der Wissenschaft, Technick, Litteratur und Kunst. Francfurt a/Main, H. Bechhold, Verlag.

3 Petrie, Diospolis, pl. v, u 96]; vi, B 119, et p. 36. Les deux statuettes u 96

Une autre Statuette, en terre ciiite jaunätre, decouverte dans la necropole de Gebel-el-Tarif, est plus interessante : eile nous

Fig. 109. — • FiGURES d'Hommes de i.'epoque primitive.

sont en terre peinte en rouge. Deux pieces analogues ont ete decouvertes par M. Garstang ä Alawanyeh. Voir Garstang, Mahäsna and Bei Khalldf. Londres, 1903, pl. iii. Voir aussi deux specimens en ivoire dans la collection Mac Gregor. Naville, Figurines, egyptie7i7ies de Fepoque archaique, II, dans le Recueil de iravaiix relatifs ä la philologie jt ä l'archeologie egyptiennes et assyriennes

XXII, 1900, pl. V.

montre iin personnage barbu, agenouille, les bras pendants le long du Corps. Ici dejä, la figure est mieux formee ; le nez, les oreilles sont bien indiques K

M. Evans a compare tres ingenieusement cette derniere figure avec une idole de marbre provenant d'Amorgos : « quoique differente, dit-il, des idoles primitives en marbre des iles egeennes, eile presente avec elles, par le flechissement des genoux et les bras pendants le long du corps, une remarquable ressemblance quant a son aspect general. La tete recourbee en arriere et dont le haut est aplati reproduit une des caracteristiques de ces idoles-» (fig. 109, M. R. iii).

Dans ses fouilles de El Amrah, M. Mac Iver decouvrit egalement quelques figurines d'hommes du meme type^que les pieces trouvees ä Diospolis et toujours caracterisees par l'etui cachant les parties sexuelles^ (fig. 109). Citons encoreplusieurs statuettes au musee de Berlin ^ et une autre sans jambes,deprovenanceinconnue,qui setrouve dans la collection Petrie ä l'University College de Londres. Les figurines d'hommes sont plus frequentes dans la masse des ivoires

Fig. 1 10.

Statuettes d'Homjies en ivoire

decouvertes a hieraconpoi.is.

Les tetes n'appartiennent probablement pas aux corps. — Ashmolean Museum, ä Oxford.

^ DE Morgan, Rcchcrchcs sur les Origincs, I, p. 151, fig. 373 ; II, fig. iii, p. 54.

2 Evans, Fnrthcr Disccneries of Cretan aiid ^gean Script..., dans \q Jotirnal of He /knie Sfudies, XVII, 1897, p. 380, et fig. 33, p. 381.

3 Mac Iver and Mace, El Amrah ajid Ahydos, pl. ix, 1 1 ; xii, 7, et pp. 41-42. Schaefer, neue Altertümer der « nexv race ■» aus Negadah, dans la Zeitschrift

für ägyptische Sprache, XXXIV, 1896, p. 160- 161, fig. 8 et 1 1.

decoiiverts a Hieraconpolis, et, en meme temps, nous notons un

progres reel siir les pieces precedentes. Ces statuettes sont, mal-

heiireusement, en assez

maiivais etat et il faiit

un serieux effort pour

se les representer telles

qu'elles etaient avant

leiir mutilation. On

constate cependant qiie

les personnages etaient

debout, vetus d'un pa-

gne retenu par une cein-

ture ä laquelle est atta-

che le karonata. La

barbe, lorsqu'elle est

representee, est ensei-

ree dans le sac decrit

precedemment. Bref, il

semble que le type le

plus frequent ait ete

•celui dont la statiie de

Mac Gregor nous donne

le meilleur specimen

(flg. 20, HO, III et

M. Petrie conclut de l'examen du type ph)'sique de toutes ces statuettes qu'elles repre-

sentent des individus de la race primitive, anterieure aux Egyptiens, de ces Libyens que nous avons'dejk rencontres plusieurs fois, Une tete en ivoire est surtout caracteristique ^ (fig. iii).

' Quii5ELL, Hierako7ipolis, I, pl. vii, viii, x et jip. 6-7. — Naville, Figurincs igypticnnes de t'cpoqiie arcliaiquc, W, dans \& Recueil de travmix rilatijs ä la Philologie et ä l' arcliiologic egypticnyies et assyrie7ines, XXII, 1900, pl. v, deux figurines en ivoire de la collection Mac Gregor semblables aux specimens trouves ä Hieraconpolis.

^ QuiBELL, Hierakonpolis, I, pl. v, vi, 4 et 5, et p. 6. — Schwei.nflrth, die neuesten Gräberfniide tn Oberägypten und die Stellung der noch lebenden M'iisten-

FlG. III.

Testes en ivoire decouvertes A Hieraconpolis.

Ashmolean Museum h Oxford.

Siir iine autre tete, noiis voyons l'homme coiffe d'une sorte de casqiie allonge, rappelant la couronne blanche ^ (üg. iii et 119).

Fig. 112. — Statuette en ivoire decouvekte a Abydos.

La meme coiffure se retrouve sur iine petite Statuette en ivoire, decouverte dans le temple d'Abydos, et qiii date des debuts de la periode historique. Cette piece est certainement le chef-d'oeuvre de la sculpture eburneenne a l'epoque primitive. Voici comment M. Petrie s'exprime ä son siijet, et Fon peiit se rallier completement ä son jugement : « II est figure portant la couronne de la haute Egypte, et vetu d'une robe a broderies serrees. D'apres la nature du modele et le galon raide, il semble que la robe soit couverte de broderies : on n'a jamais trouve semblable vetement ä une figure

Stämmen zu der altägyptischen Bevolkeru?ig, dans les Verhandinngen der berl.. a7ithropologische7i Gesellschaft, 1898, pp. (i8o)-(i86). — Petrie, the Races of early Egypt, dans le J^ojirnal of the anthropological Institute, XXXI, 1901, p» 250, et pl. XVIII, 6.

1 QuiBELL, Hicrakonpolis, I, pl. vii, 2, et viii, 6.

egyptienne. L'oeuvre appartient ä iine ecole ennemie du conventionnel, anterieure ä l'apparition de traditions fixes ; eile pourrait etre attribuee ä n'importe quelle epoque dans tous les pays oü l'art naturaliste fut en honneur. Elle temoigne d'une habilete ä saisir l'individualite qui la separe de toutes les oeuvres posterieures, par la fagon de representerlage et lafaiblesse d'une fagonaussi subtilement caracteristique. Elle appartient a la meme ecole d'art que les figu-

res , et celles-ci revelent un st3'le qu'on n'aurait jamais soup-

^onne^ precedant l'art formaliste de l'Ancien Empire» ^ (fig. 112).

Remarquons la position bizarre donnee aux oreilles qui sont placees perpendiculairement a la tete et semblent d'une grandeur anormale. On pourrait se demander si ce n'est point la trace d'une coutume de deformation intentionnelle de l'oreille, d'autant plus que l'on peut constater la meme anomalie, encore plus exageree, sur quelques tetes en ivoire decouvertes a Hieraconpolis et a Abydos - (fig. 119, n° 14).

Les statuettes de femmes sont beaucoup plus nombreuses et permettent de suivre de pres l'evolution du type. II faut, cependant, commencer par mettre completement ä part quelques figurines d'un aspect extraordinaire. Nous en avons dejä reproduit deux specimens a propos de la peinture corporelle (fig. 6).

Ces statuettes sont caracterisees par un developpement graisseux exagere, principalement des membres inferieurs, surtout des fesses (steatopygie). On sait que cette deformation est frequente chez les Hottentots. On y a compare la representation d'une reine africaine, la reine de Pount, dans le temple de Deir el Bahari \

1 Petrie, AhydoSj II, p. 24, pl. 11, 3, et xiii.

2 Petrie, AbyJos, II, pl. in, 17, 18 et 19 et p. 24, — Une statue mexicaine du musee ethnographique de Berlin reproduit une deformation analoguc. Voir WoERMAX, Geschichte der Kjitist aller Zeiten und Völker, I. Leipzig, 1900, fig. p. 88. — Pline, Histoire 7iaitirelle, IV, 27, 5 : « les iles des Fanesiens, dans lesquelles les habitants, qui sonl nus, se couvrent de leurs oreilles, d'une grandeur excessive ». — Male, E., V Art religieux du xiii^ siede C7i France. Paris, 1902, p. 77, portail de Vezelay : « les hommes aux oreilles larges comme des vans ». — Delafosse, M., sur des Traces probables de civilisation egyptienne et d' honwies de race blanche ä la Cöte d' Ivoire, dans V Anthropologie, XI, 1900, p. 679 : « Ces fils du Ciel avaient la peau blanche ; leurs oreilles etaient si grandes qu'ils s'en cachaient leur visage k la vue d'un homme de la terre»; p. 684 : « tousceux qui en ont vu ou en ont entendu parier disent que, pour ne pas etre reconnus, ils prenaient leurs oreilles avcc los mains et les ramenaicnt sur leur visage ». (Renseignements fournispar MM. Bayet, Macoir, M. Hebert et F. de Zeltner.)

3 Petrie, Naqada, p. 34. — Mariette, Voyage dans la Haute Egypte. Paris, Le

Ces statuettes curieuses sont de deux modeles : les iines deboiit^

les aiitres assises K Lesspecimens conserves a l'Ashmolean Museum, a Oxford, que je reproduis.

ici, sont en terre grisätie, avec couverte rouge brillante et portant encore des traces de peinture noire (fig. 113-114)-

Ici se pose un probleme important pour l'histoire des migrations des peuples äl'epoque primitive. Fautil voir dans ces statuettes egyptiennes une preuve de la presence de populations de race hottentote dans rEg5q3te prehistorique ?

M. le docteur Fouquet ecrit, a la suite de l'examen des ossements decouverts dans les tombes : « A Negadah Sud, l'indice cephalique 72, 73 pour les hommes, 73, 13 pour les femmes incite a les comparer aux Hottentots, aux Boschimans (j2, 42), aux Cafres (72, 54). La trouvaille faite, a Negadah meme, de statuettes steatopyges par M. Flinders Petrie lui a suggere la meme idee, a laquelle il n'a pas paru s'arreter en derniere analyse. On sait, cependant,[ que cette race a penetre

Fig. 113.

Statuettes steatopyges en terre.

Ashmolean Museum, ä Oxford.

CairCj 1878, II, pl. 62 et pp. 72-73. — /es peuples de la terre, pp. 1 1 o- 1 1 1 .

1 Petrie, Naqada, pl. vi, 1-4 et p. 34.

Voir cependant Deniker. les Races et

jusqii'en France et a pa passer par rEg3-pte eii retrogradant » \ Cette impression semble, a premiere vue, extraordinaire ; mais nous nous häterons d'ajouter qu'elle est identiqiie chez tons ceiix qui ont examine ces pieces. M. de Villenoisy ecrit ^ : « Les fouilles de Brassempiiy ont fait decouvrir une serie de statuettes d'ivoire representant des femmes dont la coiffure n'a d'analogue qii'en Egypte, et dont les caracteres physiologiques se retrouvent seiilement en Afrique chez les plus anciens occupants du sol : habitants

Fig. 114. — Statuettes steatopyges, en terre. Ashmolean Museum, ä Oxford.

du pays de Poun (Somal actuel) au temps de la reine egvptienne Hatasou (XVIIP dynastie), Abyssins, Bolofs qui devaient alors etre voisins de I'Egypte, Boschimans et Hottentots. L'insistance avec laquelle M. Plette signalait, sur des statuettes paleolithiques P3Teneennes, des particularites qui ne se retrouvent que chez les femmes de races contemporaines exclusivement africaines ne reussit pas, au debut, a fixer Fattention ; on n'y voyait que des faits accidentels ou l'inhabilete du sculpteur. Un grand pas fut fait lorsque, a la seance de l'Academie des Inscriptions du 2^ novem-

^ FOUQUET, Rcc]ierchcs sur les crdnes de l'epoque de la l>ier}e taillee cJi Ei^ypte, dans DE Morgan, Recherches sur les Origincs, II, p. 378.

^ DE ViLLEN'OiSY, l' Fliatus prclüslorique et le^ dicotcx'ertef^ de M. Ed. Pietle. dans le Btilletiti de la Societe de spcleologie, avril-juin et juillet-septenibre 1896, pp. 97-98.

bre 1894, M. Maspero reconnut latres grande analogie des rines sans jambes de Brassempuy et de Celles deposees dans les tombes egyptiennes. II les croit inspirees par la meme coiiception religieuse »,

M. Boule^ dans V Anthropologie ^ s'exprime de meme a propos des statuettes d'Hieraconpolis : « Bien que ce rapprochement soit probablement peu fonde, je n'ai pu m'empecher de troiiver ime certaine ressemblance entre certaines de ces reproductions et Celles des sculptiires troiivees par M. Piette au Mas d'Azil, et j'avais eii cette meme Impression en examinant les figmines de femmes steatopyges troiivees par MM. Flinders Petrie et Oiiibell ä Negadah et ä Dallas ».

Malgre les doutes de Boule, il semble bien que cette ressemblance soit fondee. Nous retrouvons, en effet, des figurines analogues dans les cavernes fran^aises ^, ä Malte '\ dans les regions de la Thrace et de rill5aie, ä Butmir, Cucuteni, Sereth, en Pologne ^, en Grece ^ et dans les iles de la mer Egee, notamment en Crete ^.

figu-

FiG. 115.

Statuette de Femme

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