‹ L'art En ÉgypteChapitre 8 sur 29 · EN TERRE · texte numérisé non relu

EN TERRE

University College de Londres.

1 Dans V Anihropologie , XI, 1900, p. 759.

2 Petrie, Naqada, p. 34, oü il cite \' Ajitliropologie, VI, 189S, 129-15 1. — Hcernes, Urgeschichte der bildetiden Kirnst, pl. II, flg. 9-10, 11-13. — Reinach, S., Statuette de feiuine niie dccoiiverte dans une des grottes de Alcntoiij dans V Anthropologie, IX, 1898, pp. 26-31 et pl. i et 11.

3 Mayr, die i<or geschichtlichen Denkmäler von Malta, dans les Abliandlungen der k. bayer. Akademie der Wiss., I. Cl., xxi Bd., iii Abth. München, 1901, pp. 699-703 et pl. X, 2, et XI, I et 2. — Compte rendu par Arthur J. Evaxs, dans Ma7i, 1902, n» 32, pp. 41-44, fig. 3, p. 43, reproduit la fig. 2 de la pl. xi de Mayr de fa^on plus distincte : on y remarque des tatouages.

^ Hcernes, Urgeschichte der bilde7ide7i Kunst, p. 192 et pl. in. La Statuette de Cucuteni (Roumanie), et celle de Pologne sont reproduites dans Reinach, S., la Sciilpture en Europe avant les injluences greco-roinaines, fig. 94 et 95 (tirage ä part, p. 39). Comparez surtout la figurinede Pologne avec Celles de notre fig. 11 3.

^ Perrot et Chipiez, Histoire de Part dans Fantiquitc, VI, la Grccc primitive, Part mycenien, fig. 325, p. 736, et fig. 333 et 334, p. 741.

^ Evans, Arthur J., the neolitliic Settlement at Knossos and its Place i7i the History of Early AigcaJi Citltiirc, dans Man, 1901. n'^ 146, pp. 184-186 et fig.

Mais, ä cöte de ces figiirines steatopyges se trouvent, en Egypte aussi bien qu'en France, des statuettes d'iin aiitre type^ caracteristiqiie d'une race plus elancee '. Le meilleur specimen que Ton en puisse citer est la Statuette ornee de peintures donnee plus haut

(fig- 5);

II existe des statuettes de ce type en terre, en ivoire et en plomb, oü les jambes sont sommairement indiquees, Le plus souvent, les bras sont representes ä peine par une pincee dans l'argile faisant saillir l'epaule ; parfois, les seins sont nettement accuses, parfois aussi, il n'y en a pas trace.

Notons d'abord un specimen curieux, de provenance inconnue, a rUniversity College de Londies, oü les bras reviennent sur le devant du corps comme pour cacher, avec les mains, les parties genitales (fig. 115).

Un autre exemplaire, tres ancien (date de succession 38), en päte vegetale moulee sur un support en roseau, est peint en rouge et noir. Le bas de la figure parait couvert d'un volle, tandis que, sur les hanches, se trouve une bände terminee en dessous par deux courbes qui, en se rejoignant, forment une pointe entre les deux jambes - (fig. 116, n° 11).

Un specimen analogue se trouve dans la collection Petrie a rUniversity College de Londres^ ainsi qu'un autre en plomb (fig. 116). Les fouilles de Diospolis en ont donne d'autres et, notamment, dans la tombe B 10 1 (date de succession 34), une figurine avec les bras soigneusement sculptes ^(fig. 116, D. B. loi).

Dans la meme necropole, dans la tombe B 83 (date de succession 33-48), les fouilles ont mis au jour une Statuette feminine, dejä plus detaillee, oü les jambes ainsi que la chevelure sont au moins indiquees. Les bras sont encore representes de la meme fagon rudimentaire que dans les figurines des iles egeennes "* (fig. 116, D.B. 83).

On les retrouve encore en Egypte ä la XVIII" dynastie. Voir Mac Iver and Mace, El Avirah and Abydos, pl. IV, D. 8 ; Garstang, El Arabali. Londres, 19OI, pl. XIX, E 178.

1 Petrie, Naqada, p. 34.

2 Petrie, Naqada, pl. Lix, 11 ; Diospolis, p. 26. Actuellement ä l'Ashmolean Museum, ä Oxford. Des Fragments identiques dans Diospolis, pl. v, H loi et

^ Petrie, Diospolis, pl. v et p. 33.

* Petrie, Diospolis, pl. vi, B 83 et p. 32.

Fig. ii6. — Statuettes de Femmes en terre^ ivoire^ plomb^ pate vegetale.

Le progres est enorme dans la serie de statuettes feminines en ivoire dont, malheureusement, aucun specimen n'a ete trouve au cours de fouilles scientifiques permettant d'en etablir Tage relatif. Les exemplaires qiie Ton peut citer presentent une grande variete dans la position des bras. Tantöt ils pendent le long du corps, tantot le bras droit seul pend, tandis que, du bras gauche, la femme

Fig. 117. — Statuettes de Femmes en ivoire. Colleclion Mac Gregor.

semble soutenir ses seins. Une Statuette a les deux mains jointes sur la poitrine, d'autres ont une des mains placee sur le ventre, la seconde cachant les parties genitales. La plupart ont la tete rasee ; quelques unes, cependant, portent la longue perruque dont deux meches pendent sur la poitrine, encadrant le visage. Sur certains specimens, les poils du pubis sont na'ivement indiques par une Serie de trous disposes en eventail. Les yeux sont parfois graves, parfois incrustes; dans ce cas, on a employe, pour les representer, des perles rondes en os ' (fig. 116 et 117).

' British Museum, 32125, 32139, 32140, 32141, 32142- — Ruhge, History of Egypt, I, p. 52. — University College de Londres, voir notre fig. 116. — Collection Mac Gregor : Naville, Figurhies cgyptienne& de l'epoque archaiqtie, II, dans le Rcmeil de travaux relatif s ä la philologie et ä l'arclicologic cgyptienncs et assyrienncs, XXII, 1900, pl. iv, dont notre fig. 117 est la reproduction.

Parmi ces dernieres statuettes, qiielqiies-iines sont terminees par im tenon, ayant servi a les fixer dans iine base, et qui-est semblable a celui de quelques ivoires de Hieraconpolis dont nous nous occuperons.

Le British Museum (n° 32143) possede une Statuette represen-

tantune femme debout,vetue d'un grand manteau, a bord superieur effrange, laissant a decouvert le sein gauche, et portant sur 1 epaule un enfant dont le Corps est cache sous les plis du manteau' (fig. 118).

A Hieraconpolis, nous retrouvons les memes representations feminines et, gräce ä elles, nous pouvons considerer les figurines, decrites dans les lignes precedentes et sans provenance certaine, comme appartenant a une epoque anterieure de peu aux debuts de la P^ dynastie. II y a, en effet, progres d'un groupe a l'autre, et, si la pose et la coiffure sont identiques, on sent deja chez l'artiste le sentiment de l'individualite du type qui fait completement defaut dans les figurines plus anciennes. Bon nombre de ces statuettes ont, comme les precedentes, les yeux incrustes.

Je ne puis songer ä decrire toutes ces sculptures. Elles presentent, du reste, peu de variete. J'ai reuni, dans les figures 119 et 1 20, les meilleurs ivoires trouves a Hieraconpolis et conserves ä l'Ashmolean Museum, ä Oxford. J'attirerai cependant l'attention sur les figurines enveloppees dans un grand manteau et dont nous nous sommes occupes dejaprecedemment. A remarquer egalement deux petites statuettes posees sur des bases -, identiques, comme style, a une Statuette en ivoire decouverte, pendant l'hiver 1902-

^ BuDGE, History of Egypt, I, p. 53, n° 7.

2 Pour les ivoires de Hieraconpolis, voir Ouibkll, Hicrako7ipolis, I, pl. ix et X.

P'iG. 118. — Statuette de Femme

PORTANT UN ENFANT SUR l' EPAULE.

British Museum, ä Londres.

1903, a Abydos, et datant de la I'"'' dynastie egyptienne. Ce sont des figLirines d'enfants d'iin style excellent, qui n'a rien de conventionnel ^ (fig. 119, 11°^ 18 et 21 et fig. 120, 11° 2).

Les memes foiiilles d'Abydos ont donne quelques autres figurines d'enfants ayant un doigt ä la bouche, pose traditionnelle ^ qui nous etait dejä connue par une figurine en chrysocolle, decouverte ä Hieraconpolis ^ Egalement d'Abydos, deux statuettes de femmes en ivoire, dont l'une a de grandes affinites avec les figurines de Hieraconpolis '* (fig. ij6, Ab. 5), tandis que l'autre, de l'avis de M. Petrie, se rapproche davantage de l'art formaliste de l'Ancien Empire ^.

Quelques autres figurines sont sans importance, sauf quelques specimens en terre et en terre emaillee ^ et surtout la jolie Statuette en terre emaillee, reproduite ä propos de la coiffure (fig. 15).

Enfin, pour terminer cette revue des representations feminines, nous citerons une curieuse Statuette en lapis-lazuli decouverte a Hieraconpolis. La position des mains, le peu d'epaisseur du corps, le flechissement des jambes, tout rappeile etonnamment les figurines des lies grecques ^ (fig. 121).

J'ai, intentionnellement, omis de parier d'une categorie de figu- Nains. rines d'hommes et de femmes, parce qu'elles representent des deformations anatomiques qui fönt songer au rachitisme. Quelques specimens curieux ^ ont ete publies. Immediatement, on en a rapproche les representations de « Ptah embryon » de l'epoque historique ^. Deux exemplaires en ivoire se trouvent dans la collec-

1 Petrie, Abydos, II, pl. 11, i et p. 23.

' Petrie, Abydos, II, pl. 11, 7 et 8; pl. in, 18.

^ OuiBELL, HierakanpoHsj I, pl. xviii, 4.

* Petrie, Abydos, II, pl. 11, 5 et p. 24. II en est de meme pour les statuettes de femmes decouvertes dans les tombes royales ä Abydos. Petrie, Royal Tombs, II, pl. III a, 8, et p. 21. — Amelineau, les Noiivelles Fouilles d'Abydos, 1895-1896. Compte rendu in extenso. Paris, 1899, pl. xxxi.

^ Petrie, Abydos, II, pl. 11, 2, et pp. 23-24.

*^ Petrie, Abydos, II, pl. ix, 184 ; xi, 230.

~ QuiBELL, Hierakonpolis, I, pl. xviii, 3, et p. 7 ; II, p. 38.

^ Naville, Figures egyptiennes de l'epoque archaique, II, dans le Rectteil de travaux relatifs ä la philologie et ä l'archeologie egyptiennes et assyriennes, XXII, 1900, pl. V. — BuDGE, History of Egypt, p. 52, 2. — Quibell, Hierakonpolis, I, pl. XI et XVIII, 7 et 19, et p. 7 ; II, pp. 37-38. — Petrie, Abydos, II, pl. v, 44 et 48 ; X, 213 et pp. 25 et 27.

'■^ Voir ViRCHOW, die Phokoinelen und das Bärenweib, dans les Verhandlungen

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