LES ÉDITEURS
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Pour l’Humanité — Pour la Patrie
Cachée par les roseaux de la rive qui la protègent contre les regards indiscrets, au bord de son bateau dont les rames plongent dans l’eau, au milieu des nénuphars aux larges feuilles qui se reflètent dans la nappe sombre, la baigneuse, nue et chaste dans sa nudité, rêve dans le silence de la nature, par une belle journée d’été. Elle est là, au repos, laissant son beau corps se sécher au soleil ; rien ne vient troubler le calme de sa solitude.
Une impression de fraîcheur et de calme se dégage de cette scène paisible; si loin que les yeux se portent à l’horizon, la nappe des eaux s’étend, coupée par les larges feuilles piquées de blanches fleurs d’eau ; et la baigneuse ellemême est une fleur, la nymphe des eaux.
M"e Jeanne Rongier aborde assez régulièrement les Expositions des Champs-Elysées, elle envoie aussi ses œuvres à l’Exposition privée dite « des Femmes artistes ». C’est à celle-ci qu’est empruntée sa composition : Fleur d’eau. Elève de MM. Ilarpignies et Luminais, Mlle Rongier, qui est âgée de quarante ans, a déjà obtenu des succès dont on n’est point prodigue d’ordinaire pour les peintres de son sexe. Un de ses tableaux, intitulé : Une séance de portrait en 1806, a été acquis par l’État; elle cultive le portrait et y réussit. Ses œuvres, l’Entrée au couvent , la Mansarde et le Portrait de Martha Petroni , ont été placées dans des collections américaines.