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CHARLES YRIARTE

La carrière de M. Charles Yriarte, qui occupe aujourd’hui une si haute position dans la critique d’art, dans la littérature et dans l’Administration des Beaux-Arts de son pays, est une carrière mouvementée, et qui, malgré ses directions diverses, a toujours eu l’Art pour but.

M. C. Yriarte est né a Paris en i832; après ses éludes d’humanités, il a étudié l’architecture à l’École des Beaux-Arts, et professé l’architecture et la peinture pendant dix années; mais, attiré par le goût des aventures, il suivit l’expédition des Espagnols au Maroc comme correspondant du Monde illustré de Paris, attaché à l’état-major du maréchal O’Donnel.

A son retour il visita longuement l’Espagne, et là, épris du génie du peintre Don Francisco de Goya, alors inconnu au dehors, il réunit les éléments de son premier volume : Goya , sa vie, son œuvre.

Rentré à Paris en 1861, il mena de front l’art et la littérature, fut nommé architecte inspecteur du nouvel Opéra de Paris alors en construction, et publia successivement : la Société espagnole , Sous la tente , Récits de la guerre du Maroc, et un volume illustré d’après ses dessins : les Tableaux de la Guerre.

En 1864, sollicité de prendre la direction de la partie artistique du Monde illustré et la rédaction de la chronique de ce journal, il renonça à l’architecture pour s’y consacrer, et contribua puissamment aux succès de cette publication. C’est alors qu’il publia un volume curieux qui établit définitivement sa réputation : les Célébrités de la rue. Tout en dirigeant son journal, il commença sous le pseudonyme de « marquis de Villemer », au journal le Figaro (feuille alors purement littéraire et bi-hebdomadaire) , la série de chroniques et de portraits réunis plus tard en volumes,, sous le titre : Portraits parisiens et Portraits cosmopolites.

La guerre de 1870 fut pour lui une nouvelle occasion d'activité; secrétaire du général- Ain oy commandant en chef de la rive gauche et plus tard gouverneur de Paris, il prit part à la résistance, publia la Retraite de Mezières et les Prussiens à Paris et le 1 8 mars, journal de l’occupation écrit heure par heure d’après les dépêches du Gouvernement. En même temps, il rédigeait les dépêches militaires quotidiennes au Times , par l’intermédiaire de Laurence Oliphant. Quand Paris fut rendu a lui-même, il accueillit les propositions de sir Richard Wallace, qui venait d’hériter la fortune et les richesses d’art du marquis dTIertford, et dès lors il devint le collaborateur de son ami pour la formation des prodigieuses collections qui constituent aujourd’hui le musée privé d’Herlford- House, à Londres.

Pendant vingt ans, jusqu’à la mort de sir Richard, l’écrivain s’occupa d’enrichir ses admirables collections; mais il se partageait toujours entre l’art et la littérature. Ce fut l’époque féconde de la publication des grands ouvrages sur Venise , la ville. et la vie , la Vie d’un patricien de Venise au XV P siècle \ la lie d’un Condottiere au XVe siècle, œuvres auxquelles succédèrent bientôt Florence , sorte d’encyclopédie d’histoire, d’art, de littérature; les deux volumes curieux sur César Borgia, sa vie , sa captivité, sa mort ; l’Epée de César Borgia ; Autour du Concile , et les études d’art sur la sculpture italienne. Après des voyages dans les Balkans et un séjour en Bosnie, au moment du soulèvement des Raias, il publia la Bosnie et T Herzégovine pendant l’insurrection. Le Journal de Maso di Barlolomeo cli Masaccio est son œuvre la plus récente.

Aujourd’hui Inspecteur général des Beaux-Arts, notre collaborateur sera appelé à jouer un rôle important dans l’organisation de la section des Beaux-Arts à l’Exposition universelle de 1900. 11 partage son existence entre sa production littéraire et l’Administration des Beaux-Arts.

Le portrait de M. J.-J. Weerts représente l’écrivain dans son cabinet de travail; à côté de lui, sur sa table, un précieux buste de la Renaissance et une épée courte qui rappelle V « Épée dite de César Borgia » symbolisent ses études sur l’art et l’époque de la Renaissance.

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