AYANT LA GRÈVE
M. DE MUNKACSY ( Salon des Cltamps-È lysées.)
Celle scène est un reflet des préoccupations du moment; aucun pays d’Europe 11’est resté étranger au mouvement de revendication des classes ouvrières, et les manifestations connues sous le nom de « grèves » ont été l’objet de la sollicitude de tous les gouvernements, qui s’efforcent de chercher les moyens d’atténuer les souffrances des ouvriers, de satisfaire à leurs exigences en ce qu’elles ont de légitime, et aussi de combattre l’influence de ceux qui spéculent sur une effervescence qu’il leur appartiendrait de calmer.
Le peintre a pris son sujet dans le grand-duché de Luxembourg, où il passe une partie de l’été; la scène, qu’il intitule A vant la Grève , se passe dans un cabaret ; un agitateur à la langue dorée, dans un discours enflammé, excite les ouvriers à la grève, et leur promet, comme 011 dit en France, « plus de beurre que de pain ». Les uns l’acclament, les autres ne sont pas encore convaincus, el se souviennent des souffrances endurées par leurs femmes et leurs enfants lors de la grève dernière ; ils se demandent si on ne les trompe point. L’intérieur est sombre; le vin, la fumée, les cris, l'atmosphère viciée qu’on respire, l’agitation sourde, des cris de colère, des menaces, des objurgations violentes, tout contribue à troubler la raison des plus sages. Au premier plan un bon père de famille, devenu soucieux, hésitait encore; sa femme entre, un enfant à la main et un autre sur le bras : celui-là continuera sa tâche.
Michel de Munkaesy, né en .843, à Munîmes en Hongrie, est un artiste qui il est f’" 1 ' , '
il ne relève de personne comme maître. Ü a eu son premier grand succès en 1 rance avec i nière heure d'un condamné. Depuis .870, il a peint des oeuvres de dimensions eons.derables de nues célèbres dans toute l’Europe et l’Amérique : le Christ datant Pilate , Millon ses filles Golgotlm, Arpad prend possession de la Hongrie (aujourd'hui au Parlement bongro.s E artiste désormais considéré comme un maître, est commandeur des ordres te sonqvns t o iciei Légion d’honneur.
MATERNITE
TONY ROBERT-FLEURY (Salon des Champs-Elysées)
Après avoir pendant trente ans de sa vie laborieuse abordé les sujets les plus dramatiques, peint l’histoire, le genre et le portrait, et laissé dans notre souvenir une première image des cruels épisodes de I insurrection polonaise de 1861 ( Varsovie en 1861), exposée par lui au Salon de 1867, M. Tony Robert-Fleury, fds du fameux peintre de Charles-Quint à Saint- Juste, de Jones Show et du Colloque de Poissy , s’est adonné au plus doux et au plus pacifique des sujets : la Maternité.
La jeune mère près du berceau de son fils, quelle a pris sur ses genoux, vient de lui tendre le sein. Le mouvement des petites mains de l’enfant, sa grosse tète blonde, l’air doux, maternel, de la jeune femme, la blanche coloration des chairs, des rideaux, des dentelles, l’attitude, l’élégance des mains qui jouent avec celles de l’enfant, tout est dans le sujet et donne l’idée des soins de la maternité heureuse, de la grâce chez la jeune mère, de la santé florissante de l’enfant qui est la joie d’un foyer béni.
M. Tony Robert-Fleury .est né à Paris en i838 ; il a triomphé delà situation dangereuse que fait à un peintre, fils de peintre, la célébrité qui s’est attachée au nom qu’il porte. Son père, en des tableaux classés aujourd’hui au Musée du Louvre, avait donné les preuves d’un talent qui compte dans l’histoire de la peinture française; le fils n’a pas redouté d’entrer dans la même voie, et il y a obtenu des succès qui lui ont fait une situation personnelle du vivant même de son père qui a eu la joie de le voir obtenir la Médaille d’honneur au Salon de 18G6. Chevalier de la Légion d’honneur en 1870, M. Tony Robert-Fleury a été nommé officier de l’Ordre en 1884.
M. Tony Robert-Fleury joue un rôle sérieux dans l'organisation et l’administration de la Société des Artistes français, qui dispose les expositions du Palais des Champs-Elysées. Il a été constamment auprès de M. Bonnat pendant la présidence de ce dernier, eL il avait accompagné aussi M. Bailly dans les mêmes fonctions.
Une particularité de la vie de M. Robert-Fleury, c’est que celui-ci a failli susciter un incident diplomatique, l’ambassadeur de S. M. l’Empereur de Russie ayant proteste, en 1867, contre l’exposition du tableau Varsovie 1861, qui représentait un peloton de soldats russes fusillant la population désarmée qui mourait en chantant des hymnes.
Fleur d’Eau
Les bulles de savon
mbarquement de bestiaux
Les deux Coqs
Avant la grève
^ La Maternité
TEXTE DES GRAVURES