M. DEBAT-PONS AN
Le titre du tableau de M. Debat-Ponsan rappellera au lecteur la fable du plus populaire des écrivains français :
Deux coqs vivaient en paix : une poule survint,
Et voilà la guerre allumée!
Ces deux lignes sont le commentaire du tableau, et le tableau lui-même est le commentaire de la fable, très vraie et très cruellement humaine. L’artiste a transporté le sujet dans le domaine de la vie, et la scène se passe dans une humble chaumière de campagne. Après avoir bu ensemble, et probablement excités par la coquetterie de « la poule », les deux amis, les coqs, jaloux l’un de l’autre, en sont venus aux mains. La Belle Hélène objet de la dispute est partagée entre la crainte, l’espoir et l’amour; renversée contre la table et s’y appuyant avec force, elle assiste à une lutte qu’elle a peut-être provoquée. Dans un autre monde, un coup d’épée eût terminé le différend; ici, les deux robustes villageois ont leurs poings pour armes, et le plus fort lienl son ennemi cloué au sol. Il y a de l’énergie dans celle scène, el sous la vulgarité du costume de " la poule » qui sera le prix du combat, on devine un beau « brin de fille » robuste.
M. Debat-Ponsan, né à Toulouse en i8jo, est un élève d’Alexandre Cabanel. Il a fait beaucoup de portraits et y a réussi ; cependant il reste fidèle au genre et au genre historique. Son tableau Une porte du Louvre le malin de la Saint-Barthclemy , est resté dans la mémoire des amateurs. Médaillé par les jurys de l'Exposition des Champs-Elysées dès l’année 1 8 ~ éj , il a été nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1881. Ses portraits les plus remarqués sont ceux de M. Gonstans, Ministre de l’Intérieur, de M. Paul de Cassagnac, de JM. Pouvcr-Quertier et du général Boulanger.